Grand Mystère

Les yeux tournés vers l’infini

Le souffle va et vient, inlassablement

Incapable de dire si c’est mon souffle, ou celui de l’univers

Je reste émerveillé par ce Grand Mystère.

L’esprit un avec l’Infini

Je ne peux trouver les mots pour exprimer Cela.

Humblement, les mains jointes, mon corps et mon esprit s’inclinent

Face à ce Mystère insondable.

Confusion

Cherchant à percer le Grand Mystère

Où est la frontière entre le clair et l’obscur?

Ne cherchant même pas à lutter contre la confusion

Le soleil s’élève dans le ciel du matin

Un oiseau chante.

le vrai bouddhisme, encore…

Bonjour.
J’ai lu aujourd’hui la dernière réponse de cette file :

http://www.shobogenzo.eu/archives/2013/03/27/26750504.html#c67913133

Du coup cette dernière réaction m’a interpellé, et m’a suscité la réflexion suivante.

Tout d’abord c’est très intéressant, cette question de la construction mentale. On dirait que c’est une exclusivité occidentale, et que les bouddhistes théravadins vivent dans la seule réalité qui soit viable, connaissent le seul modèle valable de bouddhisme, la seule vérité vraie du vrai dharma, et que tout le reste puisse être balayé d’un revers de manche au nom de l’hérétique construction mentale (après tout, pourquoi pas, c’est tellement mieux de refuser le risque de penser une pratique que de tenter de la comprendre).
Bon, le zen utilise le même genre de réponse pour couper court au débat, je suppose chez les tibétains ça existe aussi.
Cela dit, autre question pour moi : si ce modèle est si universel, comment se fait-il qu’il est si peu adopté et soulève tant de questions voire de résistances?
Ce qui me frappe dans l’histoire racontée du bouddhisme, et du Bouddha, c’est que l’intéressé n’a laissé aucun écrit. Mais que toutes les traditions ont toujours un argument qui vient du fondateur lui-même. C’est assez génial comme procédé rhétorique!
Alors malgré vingt ans dans le zen et qu’on nous ait seriné que la vérité est au-delà des écritures, une lecture historique des choses ne me paraît pas indécente, ni d’assumer ma culture pleinement influencée de partout par un conditionnement judéo-chrétien (qu’on ignore tellement et que connaître fait partie pour moi d’une réelle investigation du dharma au sens pratique bouddhiste du terme).
Et donc je ne vois aucune preuves écrites de la création d’un ordre monastique proprement dit par le Bouddha, avec des codes aussi rigides. On en parle surtout de fait, dans les sutras.  Il y a eu de 200 à plutôt 400 ans avant la production des premiers écrits, récupérer l’histoire et la raconter comme ça arrange, me semble plus plausible.

On a bien fait de Jésus le boss d’une entreprise patriarcale appelée Eglise, alors qu’il était ouvert à la présence des femmes et à plus d’égalité sociale, je subodore fortement que la mise au ban d’Ananda en discréditant son image (oui, celui qui a fait entrer les femmes dans la communauté), pour mettre en avant Mahakasyapa l’austère, satisfaisait plus une bonne rebrahmanisation du bouddhisme en bonne et dûe forme, avec un bon système patriarcal masculin, et plein de règles pour le contrôle. J’ai assisté au même type de phénomène dans le zen en France, on a vu ce que ça donne en vingt ans.
Et toutes les lignées bouddhistes, que ce soit tibétain, zen, theravadin, me semblent éminemment patriarcales, hormis certains laïcs et yogis qui sont là la marge du système (et à mon sens c’est plus sain!). Lire le témoignage de Vickie Mc Kenzie sur sa retraite au Tibet, où elle raconte la mysoginie des monastiques, et au contraire la tolérance et l’ouverture des ermites yogis.
Donc il ne s’agit nullement d’adapter une pratique aux occidentaux  : si elle est universelle, elle doit marcher. Si ça ne fonctionne pas si bien chez nous, c’est qu’il y a un problème réel. Et identifier le bouddhisme à un modèle monastique où une frange de la population vit en dépendance de dons, où l’on doit avoir quand même des laïcs qui vivent dans le non renoncement afin de procréer et travailler pour faire naître de futurs moines et nonnes et leur donner à manger, me semble relever d’un équilibre social qui à mes yeux pose sacrément question sur le modèle dont il s’agit. Notamment sur le caractère universel de ce modèle, et son « adaptabilité ».
Et 2500 de reproduction d’un modèle qui a quoi qu’il en soit subi des transformations dès qu’il a quitté sa zone géographique d’influence, donné lieu à de grandes diversités et aussi pratiques laïques (peu connues car souvent squeezées par les gros système monastiques qui sont, il faut le dire, de gros business financiers), c’est à dire en gros tout sauf un modèle unique, cela signifie que ce qu’on appelle bouddhisme n’a rien d’une réalité univoque, mais est très hétérogène. Ce qui veut dire que l’expérience dont parle un pratiquant du théravada est souvent une autre langue que celle dont parle un pratiquant du vajrayana ou encore du zen, sans parler d’un bouddhisme chinois de la terre pure, ou d’autres encore.
Alors forcément, quand ça heurte de plein fouet un autre contexte socio-culturel, ça pose une question, forcément : les orientaux sauraient-ils quelque chose mieux que nous?
Pour ma part, il n’y aura aucune réponse sans un vrai dialogue, une vraie mise en perspective de ces cultures différentes, ces modèles différents. Et sans concessions de part et d’autre. Comme dans toute expérience de la vie réelle (travail, couple, famille), qu’étonnamment le modèle monastique tend à vouloir considérer comme un obstacle à l’éveil, quand on le lit littéralement…..alors qu’à mes yeux c’est là que l’essentiel du boulot est à faire.
Comme l’écrit Guillaume, la distinction moine-laïc devrait être abolie (j’ai reçu l’ordination de moine et je n’en parle plus, c’est à mes yeux quelque chose d’intime, qui n’a pas lieu d’être affiché car ça suscite trop d’idéalisations fausses). Tout comme la notion de maître, dévoyée et sujette à trop de projections qui aboutissent à des abus.
Bref 2500 ans, c’est temps de faire le point et le ménage. Après tout, le Christ comme le Bouddha, se sont permis ce genre de remise en cause du système en place. Et je ne suis pas certain que le fixer était leur intention de base.
Mais cet avis ne regarde que moi.

Shiho or not shiho?

Bonsoir.

L’autre jour, un copain me disait : « tu écris bien »…merci beaucoup!…un retour positif, ça fait toujours du bien. Bon, on m’a toujours dit à l’école, tu es meilleur à l’écrit qu’à l’oral (parce que j’étais timide et que je parlais peu, forcément ça aide pas)…et je suis toujours un brin timide, même si j’ai appris à causer, ce qui vient du fond, sort plus facilement dans l’intime extime de l’écriture, ou personne ne me coupe la chique.
Bon, c’est dit, passons à la suite.
Alors le copain il me dit : « pourquoi tu n’écris pas un truc sur le shiho? C’est vrai, ça, ici, en France, dans l’…..(bip censure de l’organisme concerné), ils disent tous qu’ici on a le vrai shiho, mais en même temps ils vont tous le chercher au Japon, qu’est-ce que ça veut dire ce truc? »

Bon, j’ai bien réfléchi. J’ai écrit sur l’ordi il y plusieurs semaines, j’ai écrit sur papier pendant les petites heures de la nuit pendant les vacances italiennes….j’ai même découvert récemment des trucs sur ce machin appelé shiho, que je ne savais pas, sur la transmission de trucs secrets….puis à la fin, vous savez quoi?
Bah en fait faut le dire : tout ça me prend la tête, me gave, bref, tout ça ça me fait chier, car en fait, tout ça, c’est tout, sauf le dharma de paix et de bonheur du zen comme le disait Dogen.

En fait, je cherche le sens que peut avoir le fait de courir après un petit bout de papier qui va stipuler que tu fais partie de la famille du vrai zen de Dogen depuis x générations, et que tu as tout fait comme il faut pour pouvoir être reconnu comme maître zen.
Une amie qui suivait une maîtresse zen shihotée, me racontait comment sa relation s’est finie à coup de poings sur la figure, quand elle lui a dit qu’elle ne maîtrisait pas ses émotions et qu’elle ne pouvait pas la reconnaître comme maîtresse véritable (bon, elle lui avait demandé des tas de trucs, genre s’occuper de l’autel alors qu’elle n’avait pas de voiture, dormir dans la même chambre, bref, la relation de vraie soumission basique où tu ne t’appartiens pas).
Un autre copain me racontait un autre pratiquant, qui un jour a branché un maître contemporain, en lui disant « bon, moi je continue avec toi, mais si tu me donnes le shiho, sinon je vais chez y ». Il lui a dit ok, mais d’attendre un peu. Il l’a eu, mais ça lui a couté beaucoup de fric, et il est revenu sans trop de moyens, se demandant pourquoi un maître est accueilli comme ça.
Bon, je ne sais pas tout, et peut-être tout ça est très déformé, mais je raconte comme j’ai entendu, et j’assume ma subjectivité.
Tout ça pour dire que ça ne respire pas vraiment, même si c’est des conneries ces histoires, la paix et le bonheur.
Une autre, qu’on m’a dite : une responsable de dojo devait le recevoir de Me Y…Me Z l’a su, étant responsable de pas mal de groupes de son secteur, et il lui a envoyé un mail pour l’inviter à ne pas recevoir le papier si enivrant.
Et une autre encore, dans le même secteur. Quelqu’un qui suivait un enseignant, déçu par son comportement relationnel lors de sa venue pour une sesshin, avec le groupe, s’est mis en relation avec le maître de son maître. Qui a fini par lui proposer le shiho après un bon temps de relation suivie. Le premier l’ayant appris, il a tout fait par envoi de mails et autres trucs, pour dégrader la remise de shiho en simple remise de préceptes.

Voilà, tout ça pour dire qu’il y a dans tout ça, outrancièrement d’enjeux politiques et de pouvoir, par contre je ne vois pas où se trouve la réalisation spirituelle…elle a l’air d’avoir bien disparu.

Ma question, que la lecture d’un article aujourd’hui a fait resurgir (en fait c’est pas tant une question qu’une sensation), est de savoir s’il atteste d’une réalisation spirituelle, ou s’il ne verrouille pas plutôt l’appartenance à une lignée. Donc à une nouvelle famille identitaire, renforçant le processus qu’on rencontre lors des différentes ordinations.
Cela est-il libérateur, ou propose-t-il une aliénation plus subtile?
Je vous invite à lire le point de vue exprimé ici

http://www.eyeofchan.org/all-articles/articles-by-author/articles-by-chuan-zhi/909-institutionalized-zen.html
C’est en anglais, malheureusement pour les non-anglophones. Mais très intéressant.
Il fait des rapprochements avec les processus utilisés lors des bizutages pour renforcer la cohésion d’un groupe, et aussi, un point qui m’a frappé, c’est la cérémonie d’entrée dans l’âge adulte où en fait l’on quitte sa famille pour entrer au monastère, la famille bouddhiste remplaçant quelque part la famille d’origine, avec tout ce que ça consiste de déprogrammation-reprogrammation par divers moyens de mise à l’épreuve du corps et de l’esprit.
Je ne savais pas ce point, et me demande si en fin de compte, on n’a pas importé un pur produit d’une culture à travers l’ordination dans le zen (où l’on nous dit textuellement qu’on quitte sa famille et que la pratique passe avant).

Il existe deux autres points qui m’ont interpellés :
« La seule authenticité de la transmission d’un Maître ne réside ni dans un cursus, ni dans la validation par des institutions, mais dans la seule transmission sincère et intime de la part d’un maître qui lui même est inscrit par le Shiho dans la lignée des Bouddhas. » Ecrivait quelqu’un qui l’a reçu.
Ainsi que le fait que lors de sa remise, des trucs secrets de Dogen sont remis à l’impétrant. Des enseignements. En fait, ça me laisse penser que le zen soto a succombé à une forme d’ésotérisme de la transmission, à créer du mystère par-dessus le Mystère.

Le fait de déclarer que l’authenticité d’un maitre ne dépend que du fait que quelqu’un qui ait le shiho le remette à un autre (excusez, peut-être préjugé-je, mais c’est ce que je lis dans cette phrase de façon assez claire, à la limite l’expérience ne compte pas autant que le lignage certifié physiquement par un papier), ne me semble rien d’autre qu’un processus de lignée arbitraire.
Bref, tu es validé par l’ancètre. Si c’est un fils bâtard de la famille, qui ne porte pas le nom, tu ne fais pas partie du clan.
Donc pour moi le zen est quand même hautement habité de tout un tas de trucs liés à la filiation, à l’appartenance, à quelque chose presque plus clanique que dharmique.
Est-ce libre ou est-ce la plus pure reproductions de tous nos conditionnements psychologiques les plus archaïques?

Bref, pour revenir aux histoires ci-dessus, quand je vois les enjeux et la violence de ce que ça peut engendrer (je suppose qu’il y a plein d’autres histoires savoureuses du même tonneau), on peut se demander alors, pourquoi tant de haine, pourquoi tant de stress, alors qu’au Japon, tous les moines sont shihotés après trois quatre ans de cursus.
Pourquoi donc, pour en revenir à la question de base, nous n’aurions pas, nous pratiquants occidentaux, un équivalent après trois ans de pratique dans un temple, dix ans de pratique laïque? Hein?
Alors pourquoi faire entendre que le shiho ici est plus authentique que là-bas (au Japon)?

Bref, tout ça en fait me trouble et ne me remplis pas de bonheur. Tout ça sent trop l’embrouille, tout ça sent trop l’église. Tout ça sent trop ce qui corrompt le coeur et l’âme, l’attachement aux objets phalliques du pouvoir, avec bien sûr la prétention de ne pas l’être!
C’est plus facile de ne pas être attaché à avoir le shiho quand on l’a, tout comme de ne pas se faire de souci pour l’argent quand on en a!
Il y a plusieurs années, certains avaient contesté certains shihos et leur légitimité.

Mais mon questionnement reste le suivant : le shiho représente-t-il vraiment une certification de réalisation spirituelle de quelqu’un? Et si ce n’est pas le cas, est-il utile qu’il continue d’être utilisé comme il l’est maintenant? Autrement dit vaut-il quelque chose ou n’est-il qu’une décoration?
La forme exprime-t-elle le fond, ou n’est-ce que du décorum et du folklore, qu’on utilise pour mener ceux qui y croient (car faut y croire, et moi j’ai choisi la personne que j’ai suivie parce que je croyais dans le fait que son shiho certifiait la réalité d’une expérience, et elle me semblait alors valide).
Mais cette expérience, est-elle irréversible ou corruptible?

Pour ma part, j’aurais tendance à penser qu’il ne faut reposer sur rien.
En tous cas, voilà ce que j’avais à en dire, et mon sentiment est que nous devrons réfléchir et modifier le rapport qu’on a à ces aspects formels de la pratique, si on ne veut pas qu’elle devienne formaliste. Il en est de même à mon avis avec ce qui concerne l’ordination (j’ai un jour entendu quelqu’un dire qui voulait devenir nonne « mais on est obligé de choisir un maître »….j’avais envie de lui dire « fais semblant » puis part avec qui tu veux, on n’est pas obligé d’appartenir à quelqu’un pour se faire ordonner, et une relation se construit dans le temps, et surtout sans contrainte!).

Sur ce, ne vous prenez pas trop la tête avec tout ça : une chose à ne pas oublier, le zen dont parlait Dogen n’est même pas l’apprentissage de la méditation assise, mais le parfait dharma de paix et de bonheur…qu’est-ce qu’un bout de papier viendrait nous pourrir la ventripotente extase du sourire du Bouddha jusqu’aux deux oreilles?

Bisous la compagnie.
J’espère que vous finissez bien les vacances, et préparez bien la rentrée.

A bientôt.

Tarif réduit pour t’éveiller

:Bonjour à tous.

Aujourd’hui, ouvrant mes mails, je vois qu’il y a un commentaire à modérer sur face au mur.
Joie insigne, sentiment de reconnaissance, quelqu’un a posté!
Chouette.
En général, c’est sympa, et une rencontre humaine à la clé.

et là, je lis ceci :

Bonjour
Ce petit mot pour vous signaler qu’il ne reste que quelques jours, jusqu’au 38 Avrembre, pour bénéficier du tarif réduit pour la journée de Biiiiiiiiiiip! à Paris, le XX Aoûtembre 2015.
Les renseignements sont sur : http://http://www.trucmuchemachinchose.com

 Je vous remercie de partager l’information à votre réseau, sur votre blog, …..
Cordialement
M….
Bon.
On sollicite Face au mur pour promouvoir quelque chose, donc je vais répondre :

Vous m’excusez de ne pas donner suite à votre « proposition » sous la forme que vous me demandez.

Ici, on parle de choses qu’on ne monnaye pas comme vous le faites.
Déjà, vous auriez pu me proposer de faire la promo de mon blog et notre asso en échange.
Là, vous me demandez de faire tout le boulot de promo, gratos, en échange de rien. Au moins une place à 85 euros, votre tarif réduit pour la journée, aurait été quelque chose.
Face au mur est un espace d’échange où la gratuité n’est pas une question. Même pas une conséquence.
Elle est là car elle ne se justifie pas.
On ne vend pas l’éveil.
Et vos prix sont trop chers pour nous. On ne croit pas à ce modèle. L’éveil n’appartient pas à une personne, faire payer 85 euros la journée, c’est trop cher à nos yeux. Surtout en tarif réduit.
Si vous pensez que nos pensées ne nous appartiennent pas, nous non plus ne vous appartenons pas.
Aussi vous  comprendrez si dans cet espace que vous contactez par l’intermédiaire de ce blog, toutes les caractéristiques spatiales, temporelles, et identitaires, que vous avez tenté d’introduire et faire se connaître, se soient dissoutes!
Cela doit indiquer toute l’efficacité de votre pratique.

Avec mes salutations et mes meilleurs souhaits de bonne continuation.

Le bouddhisme du Bouddha 2

J’assiste récuremment à des controverses sur le net, qui répètent les ancestrales querelles entre Mahayana, Theravada, etc etc….
Déjà, cela ne me paraît aucunement intéressant. N’est-ce pas un vrai luxe bourgeois que de s’approprier des controverses qui viennent de très loin et de très longtemps, plutôt que de chercher quelle est la racine de cet enseignement, qui fonctionnerait quelles que soient les conditions de temps, de lieu ? Bref, ce qui permet d’aller au-delà des conditions.
S’arrèter, faire silence, pourrait nous réunir. Mais non, il y en a qui soulèvent ce qui différencie au lieu de ce qui réunit.
Mais il s’avère que ces débats (ou parfois le débat est fort absent, mais qui s’apparente à un écharpage en règle pour montrer qui est le plus fort en gueule), se répètent.
Je me demande donc, quelle est la quète qui est derrière le fait de s’approprier ces histoires anciennes qui ne sont pas nôtres ?
Alors une réponse évidente a priori, c’est la recherche de continuité à travers les âges, et l’assurance d’une cohérence de cet enseignement.
Je crois qu’en fait, il y a un fossé culturel immense entre nous occidentaux, et les orientaux concernant le vécu d’une pratique spirituelle, et que nous avons justement besoin de repères.
Et aussi une immense ignorance et d’énormissimes projections faites sur ce bouddhisme qui nous interpelle tant.

Je voulais donc partager avec vous un extrait d’un livre sorti récemment, que je vous recommande chaudement.
Il s’agit d’ « initiation au bouddhisme », de Guillaume Ducoeur, aux éditions Ellipses.
C’est déjà pointu comme initiation.
Par contre, il donne tout plein d’éléments éclairant le contexte de naissance du bouddhisme, et son développement dans les siècles qui suivirent, et démythifie énormément de points sur lesquelles nous vivons sur des préjugés culturels anciens, et des images toutes faites depuis très longtemps.
Images souvent très actives dans nos façons de percevoir cet ensemble sommes toutes complexe et multiforme, donc je trouve œuvre utile, même si c’est un peu intello comme démarche, que de faire au maximum pour démonter les préjugés qu’on peut avoir.
Et se rendre compte que les choses sont bien moins binaires et monolithiques qu’on croit, mais tellement plus nuancées, et cela car il y a eu des raisons à cela qu’on ne connaissait pas.
Et que, si l’on peut, c’est bien de connaître, pour cesser de se fabriquer des chimères.

« Les fondements de la doctrine bouddhique »

Les sutras et les vinaya ne renferment pas d’exposé systématique de la doctrine bouddhique car ces textes sont le résultat d’un long travail d’agencement d’éléments doctrinaux, parfois fort disparates et contradictoires, que des bhikku érudits entreprirent au cours des siècles. Dire que le Bouddha avait pour « pédagogie » de dispenser un enseignement graduel en fonction des auditeurs auxquels il s’adressait, c’était avant tout pour ces savants pallier au foisonnement de paroles attribuées au Bouddha qu’il leur fallait mieux prendre en considération, trier, classer et agencer au mieux. Les différents épisodes biographiques du Bouddha, qui pour la plupart, sinon tous, sont des restitutions ou des constructions après-coup de sa vie afin d’illustrer sa doctrine, révèlent plusieurs strates d’agencements. De ce qu’enseigna le Bouddha, nous ne le savons guère avec exactitude. Il est certain que les mots qu’il employa pour parler de sa découverte sont perdus à jamais. Ce qu’il en reste aujourd’hui est l’aboutissement de plusieurs générations de disciples qui ont transmis l’essence de la doctrine du fondateur selon leur propre compréhension et expérience qu’ils en ont eu. Il ne faut pas oublier, en outre, que nombreux parmi les convertis au dharma venaient de milieux confessionnels différents et qu’ils se faisaient donc une certaine conception de la doctrine bouddhique en surimpression à leur ancienne croyance.
Si l’on s’en tient au récit dit abrégé de l’Eveil tel qu’il est conservé dans les sutra des Theravadin et des Sarvastivadin sous deux recensions légèrement différentes, il en ressort que la finalité première de la doctrine du Bouddha visait à l’Extinction (nirvana) de l’existence à la délivrance de la naissance, de la vieillesse et de la mort et que toute notion de loi de rétribution des actes n’entrait pas directement en ligne de compte. L’acquisition de cette Extinction absolue devait avoir lieu au moment de l’Eveil (bodhi). Par ailleurs, aucune méthode n’est mentionnée ou même préconisée dans ce récit. C’est probablement à partir d’une telle tradition ancienne que des savants bhikku auraient composé une version glosée afin de préciser les fondements de la doctrine et la méthode d’obtention du nirvana. Cette version longue de l’Eveil est celle que nous trouvons habituellement dans les différentes biographies du Bouddha des écoles du sthavirayana et du mahayana. Bien sûr, nous pourrions toujours supposer que ce récit ancien n’avait pas besoin d’être explicite puisqu’une grande partie de la transmission se faisait oralement de maître à disciple. Mais là encore, il convient de se demander pourquoi toutes les écoles anciennes ont ressenti le besoin de préciser, à un moment donné de leur histoire, les fondements de la doctrine, les pratiques méditatives et les préceptes éthiques s’y rattachant. Tout porte à penser, à la lecture des textes de ces anciennes écoles bouddhiques, que la délivrance du samsara, des renaissances et des re-morts, relevait d’une prise de conscience subite, d’un éveil à la réalité, celle découverte par Siddharta Gautama. La doctrine bouddhique primitive devait certainement être une gnose, à l’égal des doctrines sotériologiques conservées dans les plus anciennes Upanishad, mais à tendance matérialistes. Qu’il fait fallu par la suite au Bouddha mettre en place une discipline et une méthode pratique pour tous ceux qui n’avaient pas la même détermination et le même passé gnostique et ascétique que lui, cela se conçoit aisément. Plus les convertis étaient extérieurs au monde de la gnose et de l’ascétisme, plus le chemin pour atteindre l’Extinction se devait d’être détaillé et recouvrir aussi bien le domaine de la concentration mentale que celui de la morale. En fonction des capacités de chaque individu, le chemin devait être plus ou moins long à parcourir.
Au vu des combinaisons possibles entre les canons des différentes écoles du sthavirayana, il semble que celles-ci aient puisé à un fonds doctrinal commun. Mais en l’état, ce dernier ne peut remonter guère plus haut que le 2e siècle av. J-C. Ce qui leur est commun repose, pour l’essentiel, sur les quatre nobles Vérités, le chemin à huit membres et la théorie de production conditionnée énoncés lors de la mise en mouvement de la roue de la doctrine à Varanasi. Tout le travail des érudits fut de concilier cet trois théories, qui ne reposent pas sur les mêmes substrats, afin d’élaborer une doctrine qui se tienne et qui soit la moins contestable possible. Toute faille dans l’exposition de la doctrine était autant d’occasions pour les membres du sangha de douter et de nourrir des désaccords mais aussi et surtout, pour les maîtres d’autres écoles sramaniques et pour les brahmanes, de la réfuter. Les traités et les commentaires philosophiques et métaphysiques rédigés tout au long des siècles par d’éminents savants bouddhistes montrent combien le dharma était demeuré vulnérable et réfutable notamment au sujet du refus d’admettre un principe personnel (atman) ou vital (jiva).
Initiation au bouddhisme, G. Ducoeur, Ed Ellipses P.207-209

On peut donc voir que la réalité est plus complexe et fine que ça en a l’air, et qu’il y a eu en fait bien des montages et remontages pour créer une cohérence doctrinale à ce qu’on appelle bouddhisme. La revendication au canon pali étant l’aboutissement ultime.
Le mahayana a lui aussi participé, en faisant dire au Bouddha des choses qui ont en fait été fabriquées de toutes pièces.
Mais ce que j’en conclus, c’est qu’en fait, le vrai dharma, la vraie réalisation, c’est une investigation intime et personnelle, et que la relation directe de personne à personne a son rôle à jouer. Et tout le reste est littérature.

Donc je finirai par recommander, de toujours lire avec distance : la pratique, c’est de donner son attention à ses perceptions, et sensations. Lire avec ses tripes, avant que de lire avec sa tète.
Et surtout, ne pas oublier que la réalité se vit avant tout avec tout son être, pas avec ses yeux, ses pensées, son mental.

Je me demande quel bouquin le Bouddha avait avec lui pendant ses six ans d’ascèse !

Le Bouddhisme du Bouddha

Ces derniers temps, je me suis égaré dans la faune internet, dans les filets d’une file de discussion s’appelant « le bouddhisme du Bouddha ».
Ce que j’y ai rencontré (et ceux que j’y ai rencontré), m’a interpellé sur la nature de ce qu’on veut dénommer par « bouddhisme », et surtout ce qu’on veut en faire à ce jour.
Une amie me disait tout récemment son désenchantement concernant le zen tel que les représentants officiels veulent nous le proposer sous sa forme actuelle…mais voulant savoir à quel moment nous méditons pour le faire à distance avec nous. Sentiment de déconnexion, mais désir d’être reliée à une communauté de pratiquants au-delà de la distance physique.
A ce titre, allez voir Nicolas sur shidengsangha.be/zentv.html , le dimanche soir à 20h30 il propose une méditation en ligne dans cet esprit de se retrouver ensemble malgré la distance.
Donc je me suis retrouvé sur ce groupe, qui veut causer du bouddhisme du Bouddha. Quelqu’un posait une question sur la relation de maître à disciple, avec un lien avec une vidéo d’une pratiquante du zen que j’ai connue, parlant de son maître que j’ai aussi connu. Une apologie en bonne et due forme.
Je n’ai pas su résister au désir de dire ce que j’en pensais, quant à mon sentiment d’une excessive idéalisation, une vision totalement romantique du truc. D’ailleurs, et je suis mauvaise langue, pour moi c’est de la promotion publicitaire pour cet homme, avec tout mon respect. Mais je pense qu’on est rentré dans une dynamique de marchands du temple…quoiqu’il s’agit plus de temples de marchands. Oui, je suis dur, mais je vois l’évolution depuis vingt ans, et faut pas me raconter d’histoires, l’esprit a bien changé. Et les médias sont une super vitrine, surtout que le bouddhisme bénéficie d’une image positive auprès du grand public. Ce qui est exploité par certains.
Concernant la relation maître-disciple, je pense qu’on vit en plein mythe depuis bien longtemps, et que notre défi d’aujourd’hui est justement de créer les formes pour la transmission du cœur de la réalisation de cet esprit auquel on aspire, adaptées aux contours du monde qui est le nôtre.
L’accueil que j’ai eu sur la file de discussion dont je parlais m’a battu froid : j’ai été ramené dans mes pénates de zenistes, à savoir ici on parle vrai bouddhiste, c’est-à-dire theravada, et tous les autres sont déviants quant à la compréhension du vrai dharma originel. Mange ça, et fais pas trop de vague.
Mais qu’est-ce que le dharma originel ?
Le Bouddha a-t-il prétendu détenir une vérité qui supplanterait celle des autres ?
Le bouddhisme a-t-il besoin d’être protégé de quelque chose, et si c’est le cas, contre quel danger de périssabilité, contre quoi qui le corromprait de quoi ? Contre la menace de quelle identité ?
Si le bouddhisme réalisé, c’est cesser de s’identifier à ce qui croit en la substance solide du moi, en la solidité de murs égotiques, donc susceptibles d’être détruits, envahis, abimés, agressés, alors qu’est-ce qui peut encore être menacé ?
Autant dire que j’ai trouvé l’accueil plutôt froid, et encore suis-je capable de composer avec l’humain, ses fluctuations, et comprendre qu’on puisse me trouver chiant, car je peux l’être.
Mais autant je m’interroge sur ce qui fait que quelqu’un, quelques uns, s’investissent d’un rôle de protection de ce quelque chose appelé la Doctrine, l’Enseignement, avec plein de majuscules partout. Mais quels sont les critères qui permettent à qui que ce soit de s’investir de la légitimité, déjà de parler du bouddhisme du Bouddha, et a fortiori de juger quelqu’un d’ignare sur la question ?
Autrement dit, d’où vient l’autorité spirituelle à cet égard, et quelles sont ses limites dans la relation à autrui ? Et surtout, l’expression de cette autorité ne sert-il pas surtout bien souvent à masquer un immense doute sur la validité de ce qu’on transmet quand on parle de bouddhisme, de Doctrine ? Et cela ne sert-il pas à éviter d’affronter le fait qu’on a encore utilisé un enseignement pour la ramener dans sa boîte à générer du concept, avec ce truc encore plus pervers qu’on croit avoir compris comment être libre de l’esprit conceptuel….sauf qu’il nous manipule de façon encore plus subtile : il s’est déguisé en pratiquant du Dharma, le gros malin ! Et il veut virer tous les petits mickeys qui n’ont pas « «compris », maniant les citations de la Bible bouddhique, canon pali ou autres, comme des sabres tranchants l’ignorance.
Mais les mots peuvent tuer, même l’enseignement peut-être utilisé pour tuer. Enoncer une citation, livre un extrait de livre, même si ce qu’on en sort est vrai, si ça ne regarde pas la réalité de l’Autre avec qui l’on parle, si l’on n’écoute pas sa réalité, son illusion, et ce qu’il cherche à rencontrer, et si on n’écoute pas le silence en soi qui permet d’ouvrir l’espace de la rencontre, alors on notre robe de moine, notre connaissance, même notre pratique, sont une mascarade pour dorer notre blason égotique. Et l’on rate l’essentiel de la transmission.
De ce que j’ai lu et compris, il me semble que le Bouddha n’avait pas un prêt à penser à lancer à la tronche du premier venu pour lui faire comprendre qui c’est le boss, qui c’est celui qui connaît la réalité ultime, et qui est capable de te la formuler et de t’en mettre plein le cigare de l’expression de la réalisation.
Au contraire, il me semblait qu’il avait plutôt le champ large, assez pour prendre chacun où il en était, comme il était, et à partir de cette matière, la modeler, la pétrir, pour lui transmettre le truc qu’il a compris et qui a changé sa façon de voir le monde. Et si on pétrit trop, ça perd sa forme. Pétrir, faut y aller doucement, avec sensibilité.
Lors d’un échange où je n’ai pas résisté à exprimer ce que je pensais de multiples saillies anti-mahayanistes, où il m’était évident qu’elles étaient faites surtout à partir de grandes méconnaissances de la diversité qui y existe (je trouve qu’il vaut alors mieux s’abstenir, et qu’on ne valorise pas le courant duquel on se réclame en dénigrant les autres, mais en puisant dans son fond pour montrer là où il a de la valeur), je me suis fait rétorquer que concernant l’enseignement (pardon, l’Enseignement), le Bouddha était plutôt « sec » dans sa façon de répondre avec ceux qui étaient un peu à côté de la plaque.
Donc, comme je fais souvent quand je vois une telle conviction s’exprimer, alors que ce que je sens n’est pas du tout en accord, je prends un bon vieux bouquin de référence. J’ai donc sorti « la philosophie du Bouddha », de M. Wijayaratna…autrement une bonne référence, valable pour toutes les traditions.
Et qu’y vois-je ? Un sutra relatant une entrevue du Bouddha avec quelques brahmanes, étant venus lui demander son avis. On n’y voit à aucun moment le Bouddha leur dire « eh les gars, vous êtes des tanches, mieux vaut vous barrer d’ici, vous n’êtes pas capables de comprendre vu ce que vous pratiquez, parce que moi j’ai trouvé bien mieux… »…non. Par contre, il les écoute, il ne critique à aucun moment leur cadre de pensée…et, il se livre, comme fréquemment, à une subtile maÏeutique : il les emmène à partager son mode de pensée, il les invite à voir ce qu’il voit, mais en comprenant par leur propre analyse logiqe.
J e n’y ai vu à aucun moment du jugement, ni qu’il considérait qu’il y avait un corpus d’enseignement qui serait comme le programme universitaire à connaître et recracher par cœur. Surtout que les brahmanes, ils devraient en brasser, de la discussion doctrinale et philosophique. Mais je vois surtout un homme qui ramène d’autres hommes à leur expérience subjective de la réalité, à confronter des façons conceptuelles de voir le monde, à une façon expérimentale, expérimentée, de percevoir le monde. Autrement dit, il ne dit pas que ce que les autres pensent est erroné au sens d’un jugement de valeur, par contre il amène à voir la validité de ce qu’il énonce, par l’expérience…et là, soit le mode de pensée précédent reste valide, soit il n’a plus d’utilité…et donc on l’abandonne sans regret, voire même sans y penser. Mais il n’y a pas d’exclusion.
Donc j’en ai conclu, que l’on voyait vraiment ce qu’on voulait voir, en revisitant l’enseignement du Bouddha. Mais alors, cela veut-il dire que ce que pense l’autre est faux ?
Je crois que le problème n’est pas là. Il est dans le fait que le bouddhisme parle d’une expérience, totalement subjective, et tous les mots posés dessus, y compris le canon Pali, ne font que tenter de circonscrire une expérience intime, subjective, donc inobjectivable. On peut en parler, mais les mots ne font que désigner les objets de quelque chose qui n’a plus de lien de subordination avec un objet.
Et que cela est une expérience subjective, personnelle, et que la comparer à celle d’un autre est en fait vain et sans aucune utilité.
On pourra dire que les références telles que le Canon Pali sont une compilation de critères qui donnent des repères pour pouvoir avoir des références dans son expérience propre, mais je soupçonne quand même qu’après la mort du Bouddha, la récupération de son enseignement original et singulier, l’a été dans un cadre très hiérarchisé et monastique. Autrement dit que ce qu’il critiquait du brahmanisme, à savoir ne pas donner une autonomie spirituelle à chacun, pour qu’il soit dépendant d’autorités, a rattrapé le bouddhisme.
Car on ne me dira pas que le système monastique, dans de nombreuses traditions, n’est pas marqué par une forte charge de patriarcat et de hiérarchie. Et qu’il faut voir ce karma-là à l’œuvre. Car je crois que c’est une question cruciale aujourd’hui que le bouddhisme est entré dans nos sociétés occidentales : veut-on encore un nouveau système féodal qui pense pour nous, ou veut-on vraiment de l’émancipation ?
Il faut vraiment se poser la question. Et trop souvent je trouve que tout est fait pour que surtout ces questions ne puissent pas se poser.
Pour en revenir à ce que je disais sur le fait qu’à mes yeux le bouddhisme est avant tout une expérience subjective, vivre, c’est vivre, mais le dire permet-il de sentir de quelle expérience il est question ?
Le Bouddhisme du Bouddha, ce n’est pas protéger de vieux bouquins poussiéreux avec des souvenirs de guerre d’il y a 2500 ans. Rien de plus pour créer une nouvelle orthodoxie conservatrice : notre monde a-t-il besoin de cela ?…Non, il s’agit de vivre dans la réalité de ce monde l’expérience dont parle Shakyamuni, et savoir la reformuler avec nos mots d’aujourd’hui, et surtout des mots à la portée de tous. Cela n’est pas vulgariser les choses, ni renier la tradition, mais savoir la questionner, et en montrer l’universalité.
Surtout dans un temps où l’on se raccroche aux formes extérieures pour échapper à l’angoisse de la perte, et à la confusion que nous pouvons éprouver dans ce monde mouvant, mais qui est là, à assumer.
Au vu de tout cela, je me rappelais Dogen, qui, quand on le questionnait, disait au gens : « venez, et prenez le thé ».
C’est ça, je crois, le bouddhisme du Bouddha : un truc bien plus simple que ce qu’on veut bien croire, où on s’assied, et on discute paisiblement, même de ce qui fait mal. Comme perdre, mourir, faillir….la vie réelle, quoi !
Le bouddhisme du Bouddha n’appartient à personne, pas même à ceux qui l’enseignent. Ceux qui l’ont compris, ont l’humilité de servir le thé à ceux qui viennent les voir, et de les aider sans les dénigrer…et les aident à voir où leur lumière est allumée, au lieu de les effrayer en leur montrant là où ils sont obscurs.
Et d’autres croient qu’il y a un quelque chose à comprendre qu’on pourrait saisir et dénommer « bouddhisme du Bouddha », et qu’on pourrait enseigner à d’autres, ou qui pourrait servir de référence pour décider de qui a compris ou pas…sans voir qu’ils projettent leurs propres ombres.
Et nous tous, moi, vous, pouvons tomber dans ce piège de la prétention spirituelle.
A la fin, le bouddhisme du Bouddha, tout le monde peut en parler, car il n’appartient à personne.
Comme quelqu’un l’avait écrit (et elle avait une chance sur moi, celle de ne pas être une hérétique du zen-bien que je ne me considère pas comme ayant une identité « zen »), le Bouddha n’était pas bouddhiste, pas plus que theravada…pas plus que zen ou bouddhiste tibétain ou autre chose.
Donc qu’est-ce que le bouddhisme du Bouddha, et qui a la légitimité d’en parler ?
Je ne sais pas.