Face au mur.

Bonjour.

Ce blog est la suite d’un blog précédent que j’avais tenu, sous le même nom, ici :http://faceaumur.over-blog.com/

Pourquoi un blog? Après l’avoir cloturé, j’ai ressenti l’envie toujours , de m’exprimer au sujet de thèmes qui me touchent. Je l’avais cloturé car je sentais que j’écrivais en étant trop sensible à l’effet que ça allait produire chez le lecteur, car je me sentais trop « calculer » en fonction du regard posé sur moi. Eh bien, je ferai avec! Sinon je n’écrirai plus rien!

Les thèmes qui me sont chers, sont simplement larges comme la vie peut l’être.

C’est aussi une forme d’isolement, qui m’a poussé sur le net, et du coup j’ai envie d’utiliser ce média, car j’y ai fait des connaissances fertiles, et je souhaite que ça continue.

J’ai pratiqué ainsi que ma compagne, pendant plus de dix ans, au sein de groupes de méditation zen. C’est cette pratique qui nous a réuni, et qui est quelque chose d’assez important dans ma vie pour être un thème récurrent de ce blog. D’où son nom. Face au mur, comme ce qu’on pratique, en s’asseyant en silence, face à un mur. Face à rien de spécial. Face à soi-même.

Ce blog est aussi le lieu où je me permettrai de réfléchir tout haut à ce qui me pose question.

Après tout, j’ai assez entendu que je pense trop, que je me prends trop la tête, que je suis trop compliqué : là au moins, je pourrai y aller à coeur joie, et ceux que me lire emmerde, ont toute la liberté de ne pas rester : comme ça tout le monde est content, notre sacro-sainte liberté individuelle signe des démocraties en bonne santé (et aussi la cause de leurs pires maladies!) sera respectée, cool!

Car, il faut le dire, j’ai fait tout le cursus que d’autres ont fait, pratiquer souvent, aller en sesshin, se faire ordonner et donc prendre les préceptes, re-se faire ordonner et re-préceptes, partir de chez moi pour suivre un maître, en bref, le truc classique.

Puis sentir quelque malaise au sein du milieu, des questionnements sourds non résolus, la sensation de souffrances ne pouvant trouver leur point de résolution….pour après quelques pérégrination, et années, on va le dire sans le cacher, se faire virer d’un groupe avec perte et fracas, et ce sans grande expression de compassion bouddhiste ni de justice humaine : « vous êtes ici chez moi propriété privée, et j’accueille qui je veux ».

Donc la chute de haut, la désillusion, aussi l’abandon de tous les responsables plus haut placés : bref, constater que la politique est plus importante que la pratique.

Etant donc dans une zone assez reculée de la France, rurale, nous avons été confrontés à l’isolement…et le sommes toujours.

C’est cela qui m’a mené sur certains forums sur le net. J’ai pu constater une certaine activité de certaines personnes solitaires, mais néanmoins investies dans une pratique, bouddhiste ou autre, méditative ou sous d’autres formes, mais avec un réel souci d’assumer leur vie spirituelle.

J’ai pu constater aussi, que beaucoup de controverses divisantes et clivantes avaient lieu au nom du bouddhisme, et c’est cela qui me questionne et me chagrine le plus.

Il est clair pour moi qu’en un monde en pleine mutation, il y a un choc entre tradition et modernité.

Et que mon expérience, est que le retour à la tradition tel que je l’ai vu se faire depuis plus de dix ans, dans le monde du zen, est loin de produire des résultats heureux.

Et que le seul résultat d’avoir fini viré d’un groupe, a été, au lieu de tout rejeter, de me mettre à penser ce que je n’avais jamais pu penser : remettre en cause le cadre, le fonctionnement. C’est quand on sort d’un milieu qu’on peut en voir les contours. C’est donc ce qui m’est arrivé : ma pensée a eu besoin de formuler du sens.

Or je pense que souvent, dans le monde du zen, on ne s’autorise pas à penser, au nom d’une prétendue pureté de l’esprit.

Je constate aussi dans la fréquentation des forums bouddhistes, et dans les questions et échanges que je puisse avoir avec certaines personnes, qu’il y a beaucoup de malentendus non dissipés, dans la façon d’enseigner la pratique, et aussi beaucoup de dépendances entretenues, selon moi contraires à l’intention de liberté que Shakyamuni et bien d’autres après lui ont voulu transmettre.

Je pense aussi que le bouddhisme est prisonnier d’un système patriarcal, où la dimension verticale prend parfois trop le pas sur la dimension horizontale, en tous cas en Occident…d’ailleurs, j’ai le sentiment qu’en Occident, en particulier en France, on a une faculté à cloisonner mentalement les choses et à créer des esprits de chapelle, et mécomprendre ce qui vient d’Orient en l’absorbant dans notre culture et système de pensée, sans prendre conscience des conditionnements mentaux qui teintent notre interprétation de la tradition et de pratiques venues d’Asie. Et qu’il est temps de se poser la question de ce qu’on veut vivre comme pratique chez nous, en France, en Europe, en Occident.

Et il me semble que tant que ces questions ne sont pas posées, ni pensées, et exclues du champ de la conscience au nom de la préservation du calme et du vrai bouddhisme, l’on s’expose à des attitudes d’exclusion, de violences ouvertes et surtout larvées (ce qui existe très fort dans bien des groupes de méditation), et en tout cas à ne pas trouver d’issue à ce qui cherche la lumière.

Après, au jour d’aujourd’hui, je ne me sens pas intéressé par le fait de revendiquer et de défendre une identité « bouddhiste » : si l’on en arrive à cela, c’est qu’on n’est pas en sécurité vraiment quand à ce qu’on incarne, et qu’on cherche encore une sorte de validation extérieure. Le bouddhisme, le zen que j’ai appris, n’avaient pas à se cacher derrière leur nom : il s’agissait juste de pratiquer, de s’asseoir en silence, de s’observer…tout le reste découlait de l’expérience, les mots pour en parler, comme « zen » ou « bouddhisme », n’étant que des accessoires relatifs de communication, pas une fin en soi.

Après, les mots sont là, ils ont leur rôle à jouer : pour moi, ils doivent être instruments de lien et de guérison, pas de division ni de querelle. On peut interroger les formes, leurs sens, on peut même jouer de façon très compliquée avec les mots….mais rappelons-nous que c’est simplement un jeu, et que nous devons garder le respect d’autrui et l’ouverture présents en nous.

Je ne me donne aucun objectif : j’assume le côté subjectif de ce blog, je l’ai ouvert, et j’en fais ce que je veux!…si j’ai envie de dire des conneries ou de parler de trucs nases, c’est mon droit!…mais s’octroyer ce droit, ça permet aussi de se détendre…et parfois quand on est détendu, on est plus sérieux et profond…..mais ne nous prenons pas au sérieux : la planète a besoin de nous, mais avec le sourire.

Mais ce blog sera aussi le fruit de vos réfléxions, de ce que vous y mettrez. C’est un lieu de relation.

Les amérindiens disent « mitakuye oyasin », à toutes mes relations….pour eux, nous sommes tous une grande famille. Ca a toujours été un peu la vision de la sangha que j’ai eue….aujourd’hui, à l’ère de la mondialisation, nous sommes tous co-citoyens de ce monde : nous tous sommes une grande famille sur cette Terre, et c’est dans cet esprit que j’ouvre ce blog.

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4 réflexions sur “Face au mur.

  1. J’ajoute simplement que quand j’écoute TNH, ou quand j’ai l’écho d’anciens maîtres du zen, ça va, mais j’ai vu les choses se dégrader sur le net et l’impact néfaste que ça pouvait avoir sur ma propre vie spirituelle. Le bouddhisme est parfois méconnaissable sur les forums.Beaucoup de confusion et malentendus, je pense aussi, loin du message de Shakyamuni. Au nom du bouddhisme on peut faire bien des dégâts. C’est triste.
    De simples pratiquants un peu éclairés, semblant perdus, pris dans un jeu d’incompréhension, une aliénation, prisonniers d’un système de hiérarchie, de relation d’intérêts, et l’aveuglement. Dommage, car tout ce qui peut porter sa lumière, les bonnes choses dans les échanges sont souvent abîmés, gâchés comme ça.
    L’enseignement, la pratique sont revivifiés dans le simple quotidien de la vraie vie, avec l’élan vitale et la joie qui ouvre, heureusement. Observer la vraie joie, rien que ça, ce qui la maintient ou la fait disparaitre, la cultiver est un facteur d’éveil.
    Et tout ce qu’on peut réaliser un jour, faut l’entretenir comme le Bouddha l’a fait pour que la lumière continue à porter loin.
    Bref, sur le chemin…

  2. coucou 🙂

    Regardez mes frères, le printemps est venu, la terre a reçu les baisers du soleil, et nous verrons bientôt les fruits de cet amour.
    (Sitting bull, sioux Lakota)

    avec metta
    gigi

  3. « Bouddha marchant parmi les fleurs » d’Odilon Redon…
    est habillé de particules fines de pastels, d’huile et de pigment. Son habit coloré en patchwork, son visage et son corps lui-même fait de cette matière. Il semble sortir de l’arbre et se font dans le paysage de fleurs sur une toile faite de fibres végétales…
    Le signe de la main ( Mudra ) du Bouddha _comme le « Ugh », salut amical, des indiens d’Amérique_est celui de la bienveillance, de l’absence de crainte, de l’apaisement et de la protection.
    Le pastel sec est un bâton de grain et de poussière si fine qu’un dessin peut s’effacer de la main ou les traits d’un souffle, comme un mandala de sable tibétain.
    Une autre peinture semblable du même artiste est le fond de mon écran d’ordinateur.

    Ugh

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