Bouddhisme et violence : sortir du déni

Pourquoi Face au mur, oui, pourquoi ?

C’est parce qu’au départ, un cri.

Quand on naît, pour pouvoir respirer, on crie. Alors voilà, un cri pour libérer ses poumons, pour pouvoir les remplir d’air nouveau.

Dans le zen, on nous apprend d’être des gens biens, qui se comportement bien, qui soient attentifs à son environnement.

Je me suis mis à traîner sur la netosphère, blogs et forums bouddhistes, quand je me suis retrouvé seul. Raconter tout cela n’a pas d’intérêt, sauf à éclairer mon cheminement jusqu’à ce moment où je vous écris maintenant, sur ce clavier.

Quand je dis seul, c’est à dire qu’avant, avec ma compagne, nous pratiquions dans un groupe de pratique, comme beaucoup d’autre comme nous, comme vous peut-être.

 

Jusqu’au jour où nous avons vécu l’exclusion de ce groupe.

Bien sûr, chaque partie aura toujours raison dans sa façon de présenter la situation, et au final, savoir qui a raison ou tort n’est pas important. Par contre, je suis tombé de très haut concernant l’éthique dans le bouddhisme, et ce fût pour moi le début d’un nouveau regard sur la présence de la violence au sein du bouddhisme.

Je la vois aussi se manifester dans des discussions de forums, d’une façon que je trouve parfois vraiment douloureuse quand ce sont des discours prononcés au nom du bouddhisme et de sa défense avec ostracisme et intolérance.

Bien sûr, on peut toujours dire que je suis trop sensible, ou quoi que ce soit : j’assume le fait de trouver insupportable d’utiliser une pratique que je pense puissante, porteuse de bienfaits, pour en faire un outil au service de son ego, et au passage éliminer tous les obstacles, humains ou pas, qui se mettent en travers de cela.

Peut-être je suis trop puriste, mais si on ne cesse de parler d’intégrité de la pratique et de sa transmission, de conserver la pureté de cela, cela ne doit pas être que des mots, mais une réalité. Une réalisation.

Sinon, cela veut dire qu’on dit des choses, très belles, et qu’à côté on en fait de très laides. C’est à dire qu’on perpétue son dualisme et qu’on l’aggrave.

Après, on peut plaider au réalisme de l’existence humaine, dire que l’ombre de l’humain fait partie de lui. Mais peut-on cautionner, même passivement, qu’on laisse l’ombre, la violence, prendre le pas sur l’esprit de la pratique, si on prétend préserver sa pureté et sa transmission authentique ?

Bien sûr, tout groupe humain suppose son lot de frictions d’egos. Mais si nous pratiquons authentiquement, cela ne signifie-t-il pas qu’on souhaite dépasser ce genre de fonctionnement et proposer d’autres réponses ?

Je n’accepte pas de me dire avoir été naïf parce que je n’accepte pas que les choses soient ainsi.

Oui, elles ont été ainsi, mais je suppose que cela aurait pu se régler autrement. Mais je dois accepter que tout le monde ne le souhaite pas.

Nous nous sommes entendus dire que nous n’étions pas bienvenus dans le groupe que nous fréquentions. Nous avons entendus dire textuellement : « ici c’est une propriété privée, et j’y accueille qui je veux ». Pas mal pour un moine zen qui est censé avoir abandonné les attachements à la demeure.

Mais bon, quand le référent du groupe est lui-même propriétaire des locaux de son lieu de pratique, cela fausse les rapports. Et la propriété privée a pris le dessus sur le dharma. Est-ce bien éthique ?

Oui, cela est violent.

Quand le facteur m’a amené le courrier en recommandé avec accusé de réception, que j’ai signé pour avoir le droit de lire ces deux mots : « exclusion définitive », oui, ça fait mal.

Quand sur ce même courrier est invoquée une concertation avec les instances dirigeantes, alors que personne ne nous a écoutés puisque nous n’avons été conviés à aucune concertation, oui, ça fait mal.

Déjà, nous avions pu voir, quelques jours avant, le jour de notre exclusion verbale, un de nos voisins proches, nous tourner le dos physiquement. Nous avons appris par la suite que tout le groupe avait été préparé à notre exclusion. Ça se sentait, ça se voyait, à leur façon de n’avoir rien dit, de nous regarder…ils étaient prèts à voir en nous des éléments à exclure.

Nous avons peu après, fait appel à celui qui fut notre maître alors. Il nous donna un mail qui avait été envoyé à un de ses collègues, le grand référent du groupe en question. Il nous décrivait sous notre jour le pire, avec moults mensonges calomnieux, pour finir par la phrase suivante : « …je ne me vois pas les accueillir plus longtemps……j’attends de tes nouvelles pour savoir la marche à suivre. »

Ce référent, je lui ai écrit. Il ne m’a jamais répondu. Ça aussi c’est violent, l’indifférence.

J’ai aussi, puisqu’une méta-association regroupe l’association en question, ainsi que bien d’autres, écrit à son siège. Je ne demandais même pas réparation, mais décrivait la situation pour dire que nous pratiquions isolément et pourquoi, et demandais d’être référencés comme correspondants. Je n’ai jamais eu de réponse….hormis le rappel de cotisation plusieurs années de suite. Ça c’est violent, quand ne nous répond pas…sauf quand on veut nous demander de l’argent.

Toujours est-il que si on ne nous a pas répondu, en amont de notre exclusion, toute possibilité d’assumer le conflit en pouvant s’expliquer a été esquivée par le responsable. Ce qui est contraire au droit associatif qui stipule un droit de réponse en amont de toute décision d’exclusion. Ce qui veut dire savoir les motifs de celle-ci.

Le seul motif qu’on ait eu d’énoncé, est, le dernier jour où nous sommes venus, que nous n’avions pas été « corrects »…ce qui est fort vague et imprécis. Puis, sur le courrier quelques jours plus tard, il était stipulé que nous étions virés en raison de notre « comportement ». Là aussi on voit qu’il n’y a guère souci de justification et d’explication….autrement dit, pas de souci d’assumer une relation.

Autrement dit, tout cela est très violent. Arbitraire. Autoritaire…et refuse toute confrontation et tout dialogue, pour penser à notre place, parler à notre place.

J’ai eu d’autres témoignages allant dans le sens de ce genre de comportements d’intrigues, avec pour enjeu le pouvoir de la gestion d’un centre.

Chez nous, l’enjeu était clair : nous avions suffisamment d’expérience pour voir que parfois le responsable était fort attaché dans un lien très propriétaire à sa fonction. Le dojo étant chez lui, cela biaise forcément les rapports. Et forcément notre regard pouvait déranger, car nous n’étions pas dans une gourouisation de sa personne.

Pour nous c’était d’égal à égal, tout comme nous ne considérons pas ceux qui portent un titre de maître comme des gens au-dessus de nous : nous respectons leur expérience, mais nous n’alimentons pas une relation verticale : notre dimension dans la relation, c’est l’horizontalité.

J’ai pu voir, notamment dans certaines réactions publiées dans certains forums quand je racontais notre histoire, que certains qui ne me connaissaient pas, cautionnaient d’avance une décision dont il ne connaissaient pas les tenants et aboutissants en détail. Autrement dit, considéraient que toute autorité bouddhique, avait raison a priori.

Si cette histoire m’a fait perdre le peu d’idéalisation que je pouvais avoir-parce que je n’ai pas trop fondé ma pratique sur des rèves, mais sur du vécu-, je peux constater la force de conditionnements que peuvent avoir des préjugés positifs allant dans le sens d’une non-violence absolue du bouddhisme. Et allant vers une soumission aveugle à l’autorité sans questionner le sens de ses décisions. Je pense que s’il faut une structure et ne pas la bousculer à tout bout de champ, se soumettre aveuglément et sans limite à une autorité, est potentiellement dangereux : tous les totalitarismes sont faits de ces empèchements de penser, et il me semble que le message du Bouddha était d’aller vers le discernement et la conscience.

Pour ma part, je pense que ces clichés sur le bouddhisme, contribuent à créer une violence très profonde et perverse. Tout d’abord, en créant une répression de l’expression des affects, de la colère…et donc son refoulement, rendant l’agressivité de plus en plus inconsciente et non maitrisée. Il y a aussi le fait qu’un responsable, est censé montrer un contrôle de lui-même. Donc il tentera de masquer tout agacement, tout trouble émotionnel, et à force de se contrôler à outrance, l’on aboutit à un masque sur ses vrais ressentis….qui nous rattrapent un jour et ressortent encore plus fort, comme un ressort qui se détend après avoir été comprimé longtemps.

Le bouddhisme étant censé véhiculer une image de paix profonde, beaucoup de gens, en plus, trouvent une justification à des attitudes qui sont violentes simplement : c’est pour notre bien, pour nous éveiller, c’est un moyen habile, c’est un enseignement profond, tellement qu’on ne comprend pas. Que ce soit un moyen habile, soit, mais en ce cas, dès le départ un mode d’éducation de ce genre est consenti explicitement par les deux parties, d’égal à égal. Autrefois, dans les monastères chan, ont se mettait des baffes, ok. Mais les disciples savaient que l’on faisait ainsi…et les maîtres se prenaient aussi des baffes par les disciples, et n’avaient pas peur de s’exposer à cela…et dans les faits, les deux étaient d’accord pour se mettre sur ce mode de relation.

Donc faut se réveiller : avant que d’ éduquer la méthode forte, on peut épuiser avant d’autres moyens, le dialogue en étant un privilégié.

Face au mur, combien de fois ai-je été confronté à ma profonde colère ? Faut pas se raconter d’histoire : nous sommes cet être qui peut avoir la rage, et vouloir détruire tout ce qui bouge….mais nous pouvons aussi être éveillé, être un Bouddha.

Nous pouvons être un Bouddha parce que nous prenons conscience de notre énergie, notre agressivité, et ne faisons pas semblant d’être un être angélique qui serait au-delà de tout affect, inaltérable, toujours impassible.

Nous pouvons être conscients que nous sommes simplement humains, imparfaits, et que notre perfection réside dans notre capacité d’être conscients, tels que nous sommes.

Et quand on veut se faire croire qu’on est autre chose que ce qu’on est, qu’on tente de jouer au Bouddha sans d’abord assumer ce qu’on est déjà simplement, quand on veut trop se contrôler, on finit par se nier soi-même, on se divise….et là on finit par vouloir contrôler ceux qui ne sont pas comme nous, les plier dans le moule dans lequel on se met…et là ce qui pourrait être une pratique de paix, devient un carcan, une répression, une violence.

Et là, on ne transmet pas le dharma de paix et de bonheur, on transmet la frustration, la haine de soi, et la violence.

Et ce serait bien qu’on prenne garde à ne pas alimenter cela.

C’est parce que je trouve que l’on perd bien trop de vue cette chose si simple, la paix et l’amitié, dans certaines communautés de pratique, que j’ai envie d’en parler afin qu’on n’oublie pas que cela devrait rester notre valeur centrale.

Le dharma n’est pas là pour exclure, servir à avoir raison plus qu’un autre. Ce n’est pas un concours universitaire.

Le dharma est là pour qu’on s’en serve pour sauver cette planète et ses habitants de leurs souffrances. En commençant par celles que nous nous infligeons nous-mêmes.

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34 réflexions sur “Bouddhisme et violence : sortir du déni

  1. Bonjour,

    Au début, je ne voulais pas croire, je me trouvais toujours un reproche, une raison. Mais j’avais toujours cette impression amère de faire les frais de quelque chose qui me dépassait, d’incontrôlable. Une machine folle s’était emballée avec moi dedans. On se dit, non, c’est pas ma vie spirituelle ça, je n’ai rien à faire là. Je sentais que ça me broyait. Et c’est difficile de faire une analyse de ce qui se passe, quand on est dedans. J’ai frôlé la dépression. Je m’éloignais de tout ça, puis une fois mieux revenait, mais au bout d’une semaine ou deux, déprime, angoisses, mal-être. Pas possible d’être moi-même, toujours une pression.
    Ces problèmes de violence dans le bouddhisme sont aussi parfois invisibles, c’est comme un masque doré de douceur. Mais même cette bienveillance s’exprime par trop d’emprise, d’influences, de pression sur la vie spirituelle de l’autre. On demande à l’autre de faire un beau bouddha, un beau lotus bien propret, comme dans un joli vase, coupé de ses racines dans la boue, faire démonstration de prouesses, de belle évolution, alors qu’il est un tout débutant sur le sentier et se débat avec sa souffrance. C’est très perturbant. Il faut que ce soit parfait et réussit. Et il y a une politique de faire taire les émotions pour donner une figure aimable, une bonne image, ne pas déranger. Si on fait un reproche, on ressort des prétextes sur la vie personnelle, la fragilité, les problèmes, dans l’autre sens, en face, la remise en cause est toujours difficile ou superficielle.La liberté d’expression que dans un sens. On utilise l’enseignement pour justifier. Mais justement c’est encore plus dangereux pour les plus vulnérables. C’est toujours ceux qui tombent en premier, puis quelques forts dans ces situations.
    Et puis une sorte « d’obligation » d’être serein, « zen » de « fausse ouverture » aux autres qui vient de nos modes d’une spiritualité détournée pour le profit et le paraître, dans le monde de l’image mondaine.
    Mais tout ça ressemble beaucoup à notre société, église, chapelle, centre, entreprise, parti, famille, couple, club, nom, marque… On est sur la sellette. On cache toute la souffrance, on est tenu au silence par tout le bruit assourdissant, écraser sous le poids. Communication, liberté, place aux extravertis, aux parades, aux durs et aux impitoyables, les plus « forts » en haut de « la montagne de la folie des grandeurs ». Les introvertis, les hypersensibles, les fragiles, les lents, les blessés de la vie encombrent. Passons c’est trop compliqué, et on fait passer la « boite » avant.
    Le bouddhisme semble bien contaminé par la marche de ce monde, comme toutes les autres « religions ». On peut être pris dans ce jeu à une place ou à une autre insidieusement comme des pions, des éléments d’un mécanisme destructeur et dénaturant. Piégé.
    Je crois que je mettrais du temps avec le recul pour analyser tout ça, pour l’instant j’en sors meurtrie, comme si j’avais sauté d’une voiture en marche, dans sa folle course.
    Tout ça n’est pas un petit fait isolé, ces problèmes ne concernent pas qu’un seul petit Dojo, qu’une petite communauté internet, cela touche le bouddhisme en France, lié aux crises de ce monde.

    PS: dans les commentaires récents, la page de connexion à l’un de mes blogs apparaît, j’ai du faire une erreur en postant, merci de supprimer.

  2. Permettre ce cri, cette respiration pour libérer le coeur même si ce n’est pas entendu. Je suis d’un naturel assez pudique, et d’un autre côté, je ne crois pas aux apparences de transparence, habitudes de notre société, mais je pense que c’est ce cri qu’il faut libérer…
    Hier, sortie prendre l’air dans la campagne, assise sur la colline, je regardais une buse seule dans ciel, j’attendais quelque chose…
    je t’offre ce haïku :

    La buse très haut
    en spirale invisible
    immense ciel bleu

    Puis aujourd’hui, j’ai vu ton post.
    Merci Laurent pour cette respiration…

  3. Si j’avais connu ta situation, Laurent, j’aurais fais pareil que toi, le même choix. Si je rencontrais « mon amour » dans un dojo zen..La vie nous offre simplement parfois des choix et nous devons savoir être prêt, accueillir ce qui est. La réaction de rejet du groupe que tu as vécu n’est pas le vrai bouddhisme pour moi. C’est une situation qui peut arriver à plein de gens de nos jours. Nous ne sommes pas, il y a 2600 ans et nous sommes en occident. On abandonne pas « la femme de sa vie » et son enfant. Au risque de faire un « mauvais moine. » Être un bon humain c’est l’essentiel. Chacun a sa propre histoire qui n’est pas celle de Shakiamuni. Il y a des confusions avec le modèle historique, un moule imposé.
    Cela n’empêche pas d’être des pratiquants, dans la communauté, et vous auriez pu être accueillis et gardés comme laïcs au sein de votre groupe, vous êtes à la fois époux ordinaires et époux spirituels.L’esprit du zen est en vous, dans cette union et cet enfant. Moi, je ne suis pas choquée que moines et moniales soient mariés au Japon ou au Tibet ( dans la lignée Kagyu notamment.) Shunryu Suzuki vivait en famille aux états-unis me semple-t-il.
    C’est dommage de faire de tels rejets, tant d’incompréhension, le motif léger ou grossi comme prétexte…
    Dans les groupes sur internet, on ressent tous ses problèmes d’autant plus fortement que c’est trompeur par le moyen de communication même.Ecrire, parler en face n’est évidemment pas pareil.On lit beaucoup mais entre la compréhension, la pratique, l’application et la réalisation… Et si c’est faussé dans la communication… Les plus anciens imposent leur vue, les uns, les autres, parfois blasés, aigris, pessimistes, agressif, hautains. On écrit beaucoup, beaucoup, on se commente, on teste, polémique, spécule, cite, on brasse à y passer beaucoup de temps et d’énergie.Querelles de chapelle et dénigrement, humiliation de l’autre, le décourageant insidieusement dans sa voie.
    C’est ce que j’ai vu en cinq ans. Dans ces conditions et avec les haines et violences, la vie spirituelle, la pratique s’appauvrissent, l’authenticité s’étiole et c’est jouer au Bouddha, quand on ne perd pas l’humanité dans la froideur. Cela existe dans le bouddhisme, même chez des gens d’abord charmants, ou d’autres qui croient bien faire et ceux qui suivent à côté d’autres très humains.S’éloigner, protéger sa force vitale, sa joie de vie spirituelle évite de glisser dans la déprime et de préserver au moins sa propre paix, car évidemment on est pas parfait et les émotions, ressentiments nous traversent, ce mal non exprimé devient un cri intérieur…

    Le Dharma est pour le bien de tous les êtres…

    Nous sommes ce que l’on est. Moi j’ai accepté « mon tricot » comme celui que décrit Boris Cirulnik :

    « La métaphore du tricot de la résilience permet de donner une image du processus de la reconstruction de soi. Mais il faut être clair : il n’y a pas de réversibilité possible après un trauma, il y a une contrainte de la métamorphose. Une blessure précoce ou un grave choc émotionnel laissent une trace cérébrale et affective qui demeure enfouie sous la reprise du développement. Le tricot sera porteur d’une lacune ou d’un maillage particulier qui dévie la suite du maillot. Il peut redevenir beau et chaud, mais il sera différent. Le trouble est réparable, parfois même avantageusement, mais il n’est pas réversible. »

    J’ai déjà mis des années à réparer les dommages de l’enfance, j’ai traversé des tempêtes, avant de connaître le bouddhisme et bien souvent seule, sans groupe ou me cognant au déni de l’entourage proche. Je suis un peu rapiécée, j’ai mes affects. C’est pas joli,mais je travaille à partir de là. On est mal dans un groupe quand on ne peut pas être ce qu’on est, sous la répression, le contrôle, le moule imposé.Les méthodes durs de toutes parts, les moyens habiles à mon insu, c’est pas pour moi. Une lassitude profonde, un mot de trop.
    Un équilibre harmonieux est important dans une sangha, pour la croissance spirituelle de chacun mais cela n’est possible que dans la vérité avec le respect de l’autre dans son intimité, et une authentique ouverture du coeur. Chacun peut y travailler même si c’est difficile. Quand cela se produit c’est merveilleux, des synchronismes, des beaux partages et échanges mais trop rare. Sinon je préfère ma solitude. Et la vie spirituelle est avant tout intérieure et solitaire.
    Mais maintenant reprendre de l’air neuf…

  4. Bonsoir,

    La dernière chose que je peux dire _ j’espère ne pas pas trop prendre de place, excuse-moi, besoin d’en parler…_ c’est que je pense que des histoires semblables à la tienne doivent se produire dans le centre de TNH, mais c’est quelqu’un qui semble savoir à la fois préserver la sangha tout en étant ouvert et dans le dialogue, la compréhension, la vérité, en trouvant la bonne issu à mon avis. Pas le déni, la violence… Mais bon, je ne connais pas le Village des Pruniers.
    Sur la Sangha, la nécessité, l’autonomie… etc voici ce qu’il dit :
    http://perso.numericable.fr/sanghadelille/articles.html
    http://www.buddhaline.net/La-Sangha

    C’est difficile d’avancer dans tout ça, dans notre découverte du bouddhisme avec ces heurts et chocs, tout ce qu’il faut voir en face, nos peurs, nos aspirations, ce qui arrive aux autres, qui peut nous arriver. Alors qu’on vient déjà au bouddhisme pour guérir nos souffrances.
    Même pour la méditation cela a des conséquences, c’est difficile pour moi la méditation assise, je me suis perdue, difficultés, la peur, et la pression parce qu’on sait pas comment faire vraiment, et par période trop de stress… perdue, découragement, déprime… etc Sans trouver réponse à ce qui cloche. Je me reportais sur la pleine-conscience dans les activités quotidiennes, et méditer en marchant, parfois des « méditations assises sans méditer » c’était mieux… Mais comment approfondir ? être prête, quand ?… Et sans le minimum de paix, de guide d’un groupe, dojo ou autres ? Distance, méfiance en même temps… nature solitaire, mais lassitude de tout parfois… parce qu’on veut juste guérir, être ce qu’on est. Mais cet air neuf, c’est l’instant et la vie reprend.
    Depuis quelques jours, je lis « Frappe le ciel, écoutes-le bruit » de F.Midal, et enfin je respire,en me disant « ben,oui, c’est bien ça »… Je commence à comprendre au moins ce qui ne va pas. Besoin d’espace comme ermitage…
    Le goût de méditer assise revient peu à peu, tout en retrouvant son temps, et la nature ensoleillée, vivifiante, les arbres, les oiseaux, les enfants…
    Ce cri est pour amener la vie.

  5. Aucun lien n’apparaît, si j’ai bien vérifié. Je ne suis pas étonné que ces choses concernent d’autres communautés, je pense que c’est lié aux structures patriarcales, et quoi de plus favorable à cela que la figure d’un maître?
    Je viens de rentrer, et je vais poster un article où j’ai recueilli le témoignage d’une amie qui n’a pas été rien non plus, c’est allé jusqu’à la violence physique car elle a osé la remettre en cause dans sa compétence d’enseignante-c’est une femme.
    On justifie trop de choses au nom d’etre au-delà des formes. Et comme tu le décris bien, l’on endosse la culpabilité, et aucune remise en question n’est pensable. Cela est absolument malsain, car ça devient de plus en plus structurel, et l’évolution risque d’aller vers la formalisation de structures rigides patriarcales, fonctionnant sur domination-soumission…Et d’un autre coté, des « dissidents », plus ouverts, qui vont etre ouvrir le changement. Mais ils seront critiqués, on essaiera de les récupérer ou les décrédibiliser. Il faut tenir bon.
    Mais les grandes structures, souvent sont source de dilution de la personnalité. Il faut des structures légères qui permettent que l’individu reste au centre du processus, et qu’on ne nie pas la volonté de guérison derrière le prétexte que la spiritualité est au-delà de tout ça.
    Swami Prajnanpad disait à A.Desjardins : vous ne pouvez pas sauter directement de l’anormal au supranormal.
    Et donc, il manque, notamment dans le zen, un niveau qui envisage un aspect thérapeutique de la pratique.
    Prajnanpad assumait cette dimension par le Lying, qui consistait à laisser s’exprimer ce qui a été réprimé.
    On ne devient pas un Bouddha en réprimant son corps, son esprit, dans l’hypercontrole. Cela ne peut se faire que si l’on guérit vraiment de ce qui nous fait souffrir.
    Il est donc parfois bien plus salutaire de renoncer à la méditation assise, qui peut amplifier des phénomènes de dissociation et de déconnexion d’avec la réalité quotidienne, et se centrer sur vivre le quotidien, marcher dans la nature, avoir des relations avec les autres, assumer ses besoin de base….parfois, il vaut mieux avoir un cadre thérapeutique et travailler sur des souffrances précises, ça n’empèche pas de revenir à la méditation en temps et heure. D’ailleurs, j’ai lu récemment que certains retraitants, avaient pour préparation, trois ans où ils ne faisaient aucune méditation assise, la seule consigne était la pleine conscience dans toute leur journée. Donc ce n’était pas pour rien : on préparait le terrain pour ensuite aller plus au fond. Donc pas de culpabilité, parfois ne pas pratiquer « formellement », c’est aussi pratiquer. C’est d’ailleurs ce qu’enseigne Peter Fenner, ce qui est expliqué dans son livre « l’esprit lumineux ». De pratiquer en abandonnant toute intention formelle de pratiquer quelque chose, et juste etre présent à ce qui est. Essaie, on y voit combien on est reconditionné par le bouddhisme et la pratique formelle. Il faut se libérer de ça…et apprendre la détente, cesser la performance. C’est plus difficile qu’on ne pense, car on a appris à faire comme ça dans notre civilisation.

  6. Très intéressant l’image du tricot. Tu en es là, mais comme me disait un ami qui a quitté le zen, mais pas la Voie, nos peurs nous préviennent d’un danger, et il faut les entendre. On ne se dépasse pas par la force, et tout ceci n’est en rien un moyen habile. Le problème, c’est qu’on se retrouve à douter fondamentalement de ses choix, car on a souvent cru en la validité du système.
    Alors si on se retrouve avec une nouvelle couche de traumatisme, et si en plus la dynamique ressemble aux traumas de l’enfance, on se retrouve avec une immense sensation de trahison, on perd toute foi, et on assume une Voie seul-e, et cela semble à la fois injuste, et en meme temps la seule issue praticable.
    Une chose est certaine : on ne peut utiliser de « moyens habiles », si la personne n’est pas prète à les supporter et si elle n’adhère pas profondément à ce type d’éducation. Sinon, ce n’est rien qu’une domination sur autrui qui se déguise en spiritualité.
    Les affects, ce n’est ni joli ni pas joli : on est ce qu’on est, et faut-il accepter que quand on a eu mal, ça ne donne pas envie de bien présenter, mais plutot de crier très fort et d’envoyer balader tout le monde. Ce n’est pas moins bouddhiste qu’autre chose, le bouddhisme qui réprime la souffrance ne reconnait pas la première vérité de la souffrance. Alors qu’elle est à voir, ressentir, pas seulement à penser.
    En tout cas, tu observes, nommes, décryptes tous ces phénomènes. Ce n’est pas rien. Beaucoup ne le font pas. Ce travail n’est pas inutile, car je pense, pour l’expérimenter sur certains forums, il permet à certaines personnes, de voir que ce qu’elles sentent et s’apprètent à nier dans leur cadre de pratique, est en fait une part d’elles-memes qu’elles doivent écouter, quand elles voient qu’elles ne sont pas seules à l’éprouver.
    Je crois aussi que ça participe à tout un travail d’analyse de comment fonctionne, et peut évoluer la pratique du bouddhisme par chez nous, pour moi c’est un travail d’observation au sens meme de ce qu’a pu enseigner Shakyamuni, et tous les instructeurs compétents après lui.

  7. Comme je répondais plus haut, il faut parfois du temps, on ne guérit pas plus vite que la musique.
    Un ami thérapeute, me conseillait dans ce genre de cas, de s’adresser à un thérapeute. Il me disait, pour lui-meme, avoir été faire du rebirth. Il me disait de laisser à la porte préjugés et jugements de toute sorte : il avait été voir quelqu’un qu’il pensait bien moins évoluée spirituellement que lui, mais au final, il en a retiré grand bénéfice. Je dois dire que je suis dans le meme genre de position actuellement, et parfois, l’on développe de grandes résistances dans notre façon de mener notre pratique.
    Comme il me disait, et j’ai trouvé cette phrase vraiment sage, quand on a un espace où pouvoir exprimer sa souffrance, on a bien moins besoin de résister au besoin qu’elle s’exprime dans notre quotidien. Pour ma part, je sais que je dois investir un tel espace.

  8. Pour moi, il m’est impossible de contourner la vérité de la souffrance, ou de ne pas écouter une partie de moi-même. Impossible dans une authentique pratique du bouddhisme et dans sa dimension psychologique, car mon coeur, mon corps parlent… mes émotions, mon esprit… tout s’expriment. Je ne peux pas avoir cette forme d’inhumanité envers moi-même d’être sourde à ces cris, de ne pas avoir cette bienveillance de les reconnaître, ne serait-ce qu’en pleurant dans un coin ou dans le silence soudain. Je ne peux pas participer au déni, alors que j’ai ouvert les yeux depuis longtemps, déjà pour ma vie. Je peux être dans l’illusion parfois, mais le mensonge ne tient pas en moi. Les choses les plus profondes de la vie, je ne peux les vivre que dans la vérité éclatante.Toutes souffrance cachées ou déni me hérissent instinctivement. Je ne peux pas faire autrement que vivre dans la liberté de conscience et dans la vérité aussi dure soit-elle. C’est ce qui m’a fait tout abandonner le mal d’avant et chercher une voie spirituelle. C’est ce qui me fait rechercher les relations vraies.
    Alors pas question de tomber dans des centres ou dojo « aliénants », « violents », « anxiogène », « pollué ».
    Peu de gens seraient capables de supporter le désert affectif que je connais depuis des années.
    Je tiens compte dans ma vie spirituelle de l’importance de l’aspect psychologique, à cause des trauma d’enfance bien-sûr, mais j’ai épuisé, il y a fort longtemps mon fardeau de ressassement chez les psy, c’est davantage le quotidien, aujourd’hui, l’être tel qui l’est maintenant, qui a besoin de soin, besoin de calme, de joie, d’un entourage bienveillant, très humain, qui s’intéresse à mon présent plus qu’à mon passé, à ma vie réelle et présente qui peut sembler morne et insignifiante, mais qui ne l’est pas pour quelqu’un qui voit. J’ai surtout besoin plus que tout autre de l’instant présent. C’est le seul baume efficace sur les blessures… le seul. Mais le meilleur espace pour moi est une page blanche comme neige… la poésie… c’est dans l’instant…
    C’est une solitude heureuse, une solitude d’amour, pleine de lumière.

    Le Bouddha, Gandhi le disaient, il n’y a que par la non-violence, par l’amour que l’on met fin à la violence.

  9. Tu as raison d’investir un espace pour exprimer la souffrance. Il y a des êtres qui sont de nature à parler, tant que l’espace est ouvert, sans jugement, comme ça, il y a plus d’espace pour l’instant présent… comme une feuille blanche recueille les petites gouttes d’encre… J’aime bien les psy comme Boris Cirulnik, Viktor Frankl pour ce qu’ils ont apporté… Sinon, pour l’écoute, y a l’oreille douce de mon chat. Merci pour P.Fenner, au-delà de mon a-priori, il y a quelques bonnes choses à prendre sans doute… De F. Midal, bon livre aussi. »Frappe le ciel , écoutes-le bruit ».

  10. Il existe des approches thérapeutiques qui se centrent sur le ressenti. Le ressassement, c’est un truc qui est enfermant, mais c’est un héritage de la culture psychanalytique, qui, il faut le dire, est un truc de mecs au départ.
    En ce moment je lis « guarire i traumi », de Marco Massignan. c’est dommage que ce soit seulement en italien pour l’instant, mais il parle d’un style de travail où l’on bosse sur le ressenti, corporel. Si c’est mental c’est pas la vraie guérison. Ce type est très intéressant, il a sorti un livre en français que je recommande : « constellations rituelles ».
    Il s’est formé selon un truc qui s’appelle « somatic healing », je crois. développé par un certain Peter Levine. Des approches modernes intéressantes. C’est vers là que je pense aller voir pour moi.

  11. Dommage que je ne lis pas l’italien, ni l’anglais…
    Intéressant cette « approche thérapeutique centrée sur le ressenti, le corps »… le corps, ( c’est bien la seule chose dont je n’ai jamais pu parler à mes psy… même un, qui était une femme… peu ouverts… question d’être à l’aise et ma peur surtout ) mais depuis le temps, avec les années, la méditation assise ou marché, la relation à la nature, je me sens bien mieux avec mon corps. J’ai appris des belles choses sur les chakras. Et pour l’instant je suis en contact et à l’écoute de mon corps à travers le Qi-gong ( des vidéos d’Y. Réquenna très sympas ), je répare les blessures, les dégâts avec les moyens du bord, je n’ai pas autre chose et l’accès aux nouvelles thérapies n’est pas simples. Mais ce qui m’a interpellé là, c’est que ça m’a fait penser à F.Midal qui parle dans le chapitre 12 Se sentir aimé, du livre Frappe le ciel…et de Frans Veldman, d’une séance intense où il posa ses mains sur son ventre, dont je comprends le bien car c’est naturel. Une thérapie, pour porter ses fruits, c’est au long cours qu’on s’engage, un peu comme une relation humaine, si on commence on va jusqu’au bout.
    C’est important, de considérer l’être dans sa totalité, l’esprit et le corps et selon le besoin de chacun, ce qui peut aider à ouvrir l’esprit, le coeur et simplement aider à vivre dans la plénitude.

  12. En fait, toutes ces approches sont archétypales. C’est l’occident qui a fait du verbe le seul moyen de traiter l’esprit. On peut meme dévitaliser les pratiques orientales en les vidant de leur corporéité. M’est avis que si l’on pratiquait les voies orientales d’origine, et le bouddhisme en particulier, sur un mode plus corporel, on n’aurait pas tous les mésusages ultra mentalisants qui dérivent d’une adhésion excessive à des concepts plus qu’à du ressenti.
    Sinon, une vidéo traine sur le net de Marco Massignan, en italien sous titré. Une belle rencontre entre pratique liées au chamanisme amérindien, aussi un esprit de rencontre entre Occident et autres cultures, c’est là l’avenir de la spiritualité. Et qui envisage un aspect thérapeutique de la spiritualité, aspect qui disparait souvent au nom du fait que la spiritualité est une dimension « au-delà » de tout…ce qui est la porte ouverte à combien de pètages de plombs, comportements de fermeture sectaire, rigidité, rigorisme, délires divers, négation des souffrances du monde « normal »….
    Il a sorti un livre en français : « constellations rituelles »…vraiment très intéressant, avec des réelles mises en sens de notre fond culturel d’origine. Ce n’est pas du chamanisme de pacotille, c’est vraiment posé sur de la recherche profonde.
    Sinon, les approches centrées sur le ressenti, c’est en fait le « somatic experience », de Peter Levine. C’est inspiré du Focusing de Gendling-il y a des stages en divers endroits, dont Karma Ling.
    Veldman est le fondateur de l’haptonomie, tout un travail sur le toucher qu’on expérimente notamment pendant la grossesse-on avait fait ça. Pour les grossesses, il a été reconnu que ça prévenait beaucoup de maltraitances.
    La souffrance psychique ne se vit pas ailleurs que dans ce corps.
    Prétendre soigner l’un sans l’autre, est illusoire.
    Et certains le vivent mieux en passant par le corporel d’abord.

  13. Excellent ! j’ai regardé, écouter sur les vidéos. Exactement, exactement ça… comme il dit « des noeuds ancestraux… trauma depuis des siècles qui pèsent sur la psyché… »… Etc

    La psychothérapeute Alice Miller, qui était peintre notamment, a soulevé aussi autrement ces problèmes… TNH vient d’écrire un livre « Prendre soin de l’enfant intérieur » que je n’ai pas encore lu… Notre civilisation actuelle a été faite de beaucoup de violences… mais des personnes ont trouvé la lumière qui les sort de la spirale et transmettent beaucoup d’amour, de paix, par leur guérison.

    Pour la danse, j’ai entendu parler récemment de la biodanza :


    Peut-être que j’essaierai un jour, voir ce qu ça vaut…

    J’aime beaucoup le rapport avec la danse, la musique, les instruments, les rituels chamaniques dont parle Marco Massignan… La danse est pour moi un antidote, j’ai mes musiques, hier, c’était « Cloud in the sky d’Archive », d’autres fois c’est plus joyeux… une façon de d’exprimer les noeuds, « chasser » les négativités, d’ouvrir le flux des positives, d’exprimer toutes les couleurs des émotions, une manière de revenir à la vie, au présent.
    Quand tu vois dans la nature, tout danse, même les atomes disait Rumi.
    J’ai besoin des deux, des moments de méditation assise et du mouvement du corps.
    Je pense que bien des soins sont dans ces richesses ancestrales perdues et que nous tentons de retrouver. C’est une façon active, directe et concrète d’éteindre la haine et la violence par l’amour.
    Peut-être puis-je dire, que prendre soin de la plus petite étoile c’est prendre soin de tout l’univers.

    Merci beaucoup à toi, Laurent pour ce partage.

  14. A propos de la maltraitance, une vidéo d’Alice Miller :

    Et la deuxième de Marco Massignan, avec le son pur du tambour et parce que je le trouve excellent dans ses propos :

    Merci de m’avoir fait connaître.

  15. Bonjour

    Quelque temps déjà que je n’étais pas venu sur ce blog et j’ai lu attentivement vos échanges, instructifs et émouvants sur la sensibilité des êtres et tout ce que nous pouvons investir du plus profond de nous-mêmes afin entre autres de ressentir une harmonie avec tout ce qui nous entoure, bref nous sentir vivants !

    Nous sommes nombreux à être allés chercher une belle source différente dans l’essence du zen, à la ressentir et essayer de la faire sienne dans notre quotidien et puis nous nous sommes heurtés à un mur, sans mauvais jeu de mot en pratiquant des des dojos ou temples, mur de rigorisme ,de froideur et de supériorité, une mini-société ultra-patriarcale et dogmatique, comment s’y retrouver?
    Beaucoup font le dos rond en essayant d’éponger ce que l’on nous « vend » comme moyens habiles afin d’atteindre l’état d’éveil, plus ou moins longtemps cela dépend des natures, certains s’y laissent enfermer à vie en refoulant tout et ne percevant pas leur propre enfermement, et puis d’autres ouvrent leurs « grandes gueules » et là en principe cela se passe mal, déconsidération de la personne, mise en quarantaine, mouton noir banni à tout jamais, oh honte surgie, cachez ce visage que je ne saurai voir!!
    Bon, il se trouve que si l’on fouille un tant soit peu dans l’historique de tout mouvement spirituel ou pas, ce sont ces personnes là qui font avancer les choses et qui permettent que l’on créditent quelque peu l’humain d’être intelligent et doué de raison!!
    Nous sommes en 2014, en occident où l’on a pas mal réfléchi depuis quelques siècles à ce que constitue l’essence d’un individu et la vie en société et savoir dans quel sens monter sur un tan pour zazen n’en fait pas partie que je sache!!

    Bref, il y a autant de similitude entre l’expérience de Shakyamuni et le rigorisme de la Soto Shu qu’entre une prédication de Jésus et l’intégrité des marchands du temple s’alliant avec les romains pour l’éliminer à tout jamais…sauf pour ceux qui croient à sa résurrection…sic.
    Pour ma part, j’ai eu la chance de ne pas être aveuglée trop longtemps par le carcan zen donc il n’a pas eu le temps de faire trop de dégâts, j’ai eu la chance d’échanger avec Laurent qui a su me donner les informations nécessaires qui restaient à mes questionnements et ma participation ici est aussi pour le remercier et pour témoigner pour les personnes qui sont entre culpabilité et envie de dire m….au responsable du dojo car ils sentent l’abus de pouvoir déguisé en besoin nécessaire.

    On a tous des blessures, des traumas d’enfance, on a tous un chemin à parcourir pour faire un bon déblayage au préalable et ensuite savoir où se situer et ce qui nous constitue vraiment.
    Il y a des moyens thérapeutiques, tu en cites quelques uns Laurent, il y a aussi des rencontres qui nous éclairent.
    Ce qui est certain c’est que nous savons en nous implicitement ce qui est bon et juste et ce qui ne l’est pas et si nous devons faire taire la petite voix en nous en nous imposant un chemin, une voie spirituelle ou autre, c’est que nous sommes dans l’erreur.
    Je crois beaucoup à ce discernement instinctif, je te sens en prise de conscience constructive,Kathelle, tu as raison, tout ne se passe pas sur un zafu et c’est tant mieux!

    Ce blog est donc bien ce pourquoi il a été crée, un laboratoire d’échanges et un beau terrain fertile à investir..
    Ah de l’air neuf, cela tombe bien, le printemps est là….
    A bientôt

  16. Seulement quelques mots, que j’ai eu du mal à dire, parce qu’il me tient à coeur, devant l’ampleur des problèmes, malgré mon peu de pouvoir et de force, de prendre dans ma propre voix, les voix d’autres qui souffrent.
    J’ai vu une nette tendance comme dans toute la société, dans toutes religions, à éviter le sujet, ne pas vouloir parler de la violence faite au femmes dans le bouddhisme, dans ces diverses structures, à ne pas en reconnaître au moins l’existence, l’erreur. Et même dans ce qui semble valoriser le sexe féminin, n’est en fait parfois qu’une utilisation cynique au service d’une domination. Juste en parler sans porter rumeurs ou accusations, ouvrir les dialogues pour comprendre et faire avancer, l’harmonie homme-femme, l’amour et la paix en ce monde. Si on accueille pas les choses, la vérité, si on ouvre pas le coeur, la spiritualité, le bouddhisme, le monde en seront mutilés.
    Alors je voudrais dire juste que l’essentiel est d’aimer l’être humain « pas les femmes », l’humain. Car c’est cela aimer véritablement les femmes, d’humain à humain, d’égal à égal.
    Et rien qu’aimer une seule femme déjà… un autre être humain…

  17. Le monde est mutilé et en réponse à ceci, bien des femmes se sont dressées avec un courage débordant, oui la condition féminine est en souffrance et dire ceci dans nos pays occidentaux protégés sous mille lois est déjà violent pour beaucoup.
    L’homme a peur( entre autre) du pouvoir des femmes qui donnent la vie, et pour imposer leur domination, ils vont parfois à une telle barbarie qui consiste à les exciser…
    Nous sommes donc souvent pour le mieux raillée, ou bien exploitée , dénigrée mais bien debout, fière de privilégier souvent des solutions de dialogue, de compréhension et d’entraide face à la brutalité.
    Le bouddhisme n’échappe pas à la règle de la violence,larvée ou plus directe.
    Les nonnes ressemblent souvent à un être hybride!! La féminité est mise au placard, cela serait-il déstabilisant pour la concentration des pratiquants masculins??
    Ou alors, est-ce une façon pour les nonnes de prouver qu’elles sont bien dans le non-soi et de renier jusqu’à leur propre corps?
    Tant de refoulement de toutes sortes qui conduisent à tant de frustrations que l’on essaye vainement d’anéantir sur le coussin!! aaaahh c’est dur!!
    Alors évidemment quand les « vivantes » arrivent, ouf ça fait mal….et ça balance!!
    Bon, une petite prise de conscience parmi d’autres… tu vois cela fait du bien…
    A bientôt

  18. En fait, j’ai vu au bout d’un certain temps d’abord pratiquante dans le Vajrayana ( vers le Dzogchen ), que la volonté de devenir nonne était à la fois la répression d’une féminité en souffrance, un perfectionnisme d’idéal, de la mortification, et une fuite de la réalité de moi-même, du masculin aussi, et de ma vie tel qu’elle est. J’ai vu comme cela me conduisait dans la mauvaise voie, une impasse, un mensonge à moi-même, et peut-être une forme d’auto-protection. Je conçois que cela se passe autrement et « bien » pour d’autres et que cela puisse être un choix heureux un temps… Mais ce n’était tout simplement pas être ce que je suis. Et tout ce que je voulais réaliser en tant que nonne, je pouvais bien le faire en étant laïque, différemment, plus proche des autres et à mon idée, tout en conservant ma féminité. Féminité intérieure comme extérieure qui avait grand besoin de s’épanouir, comme tout l’être, tant elle avait été meurtrie plutôt que s’effacer.
    L’éveil, la « guérison », dans la vie laïque me paraissaient bien plus en adéquation avec ce que je voulais offrir d’aide aux autres êtres souffrants.
    Donc, mon choix, ma décision a été de rester laïque, au coeur de la vie moderne, d’accepter ces conditions, ma situation, et puis d’aller vers le zen où je me sentais bien mieux. Cela aurait pu être le Sôtô, il s’en ait fallut de peu, car j’aime autant que le zen vietnamien ainsi que des maîtres comme Shunryu Suziki, Taisen Deshimaru autant que TNH. Mais j’avoue que la structure, le patriarcat, le bâton, la réalité d’aujourd’hui, m’ont fait fuir. Et avec mes antécédents il ne m’en fallait pas plus pour prendre la poudre d’escampette. Mais j’aurai pu tout aussi bien pu passer par un autre processus, si j’avais eu les conditions et devenir nonne très vite, me jeter dedans à corps perdu un temps et puis finalement revenir à la vie laïque.
    Qu’importe la façon et par quels méandres, tout en remerciant les conditions et les erreurs qui font évoluer, l’essentiel c’est le chemin et d’être au plus près de ce qu’on est vraiment, d’écouter cette intuition, cette aspiration.
    Car ce chemin, on le trace bel et bien par ses propres pas et chacun ainsi, petit bonhomme de chemin, fait le sien. On peut voir d’ailleurs rien que dans toute une vie humaine, nos costumes et nos statuts changent, tour à tour, seul, famille, couple, solitaire, et de même moine/nonne ou laics(ques) mariés, pas mariés, en retraite solitaire ou en collectivité, puis en retour à la vie quotidienne… etc etc Il n’y a pas de modèle fixe et bien des possibles tout le temps dans une vie spirituelle qui est avant tout intérieure et n’est autre que la vie même. C’est vivant, nous sommes vivants et vivantes…
    Cela me rappelle cette histoire que Jack Kornfield raconte dans son livre, « Bouddha mode d’emploi » à propos d’une statue de Bouddha recouverte d’argile et qui semblait probablement pas très belle et sans intérêt et qui en fait était une statue de Bouddha en or à l’intérieur de la gangue d’argile, pour la protéger durant des conflits dans le pays ( Thaïlande. ) Encore un drôle de costume n’est-ce pas ? Oui… ce bouddha en nous… nu… C’est ce que j’entrevoyais dans mes livres, ma période de lecture et qui m’avait tant donné de joies, de surprise, d’enthousiasme et m’avait mise en marche…
    On passe par des acceptations et ce que les autres voient comme une déchéance n’en est rien, car il ne voient pas en fait que l’on passe par des confrontations, des chaos, des transformations, des dépouillements qui nous révèlent.
    Les femmes sont doublement dans ce tracé de chemin par leurs propres pas.
    Aaah… les cheveux en disent long sur la féminité. Et d’où c’est venu ? à quel moment shakyamuni s’est taillé les tifs, sais plus ?… car il est souvent représentée en chignon ( puisqu’il faut toujours des représentations ) et il faisait plutôt féminin ce garçon. Mais qu’importe hein, boule à Z ou pas, les garçons aux cheveux longs, les filles aux cheveux courts à notre ère… Hair… Dans le milieu artistique, j’étais habituée… et maintenant j’ai adopté le chignon, na !… Entrez dans le soleil… Bref, on s’en fout, tous des bébés bouddhas et des Jésus… ( je plaisante ) La différence et la complémentarité à la fois c’est dans la beauté, la richesse de la vie.
    Le féminin semble reconnue dans le Vajrayana. Je n’ai rien contre le tantrisme qui par ailleurs doit apporter une grande richesse intérieure, un épanouissement à des couples qui s’aiment vraiment. Mais être partenaire au sens « yoguique », je ne souhaitais pas en faire ma voie. C’est mon droit, choix perso qui me convient et préférant d’autres approches concernant les énergies tout aussi harmonieuses et naturelles. Mais solo, j’apprécie la vision claire de TNH sur l’amour véritable.
    Oui… l’homme a peur de son autre… de son féminin…
    Et puis il joue à se rassurer en regardant un amas d’os et de cendres, une tête bien rasée, un corps recouvert ou se créer des poupées idéales et formatées qui peuvent entrer dans son monde et sa société. La misogynie est subtile parfois. La peur de l’autre est source de guerre, de racisme, discrimination… Mais la femme a peur de l’homme aussi, les femmes, celles qui ont été affaiblies, humiliées, bafouées, par la violence à travers les siècles. Fragiles, démolies, mal acceptées parce que guère valorisant pour un égo masculin et dérangeant. Les deux ont peur.Tout cela demande beaucoup de compréhension et patience dans un monde qui va vite, avec ces normes stéréotypés… Le féminin morcelé, d’un côté les saintes de l’autre les sorcières et des bouts de déesses, de mère sacrée par-ci, par-là, tel l’établi d’un chirurgien esthétique qui s’y retrouve plus. Mais la femme n’est que vivante, à la fois humaine, elle est vie et l’homme vrai, vivant, humain, vie, tous deux dans leur vraie nature. Cette peur de la femme est très ancienne, comme le disait Françoise Gange une philosophe sympa dans cette vidéo un peu vieillotte :

    On a beau critiquer le christianisme ( bon, légitimement sur certains aspects, c’est clair ) n’empêche que l’Evangile a le courage d’aller dans les bidonvilles et ne craint pas les HLM. Le vrai christianisme on est passé à côté… Bref.
    Mais plus de domination de l’un ou de l’autre…
    Nous ne sommes encore qu’aux prémisses de cette quête d’harmonie homme-femme, féminin-masculin qui est encore une mutation, transformation, un dépouillement dans la lumière nue de l’aube, telle une fleur d’amour.

  19. Il y a eu les rois, les reines, les princes et les princesses, la noblesse et les guerriers et le peuples aussi chez nous comme en Inde du temps du Bouddha et au Japon. Aujourd’hui, presque partout dans le monde ce sont les politiques, les chefs militaires, et les stars. Un monde de richesse de luxe, de beauté…etc pas toujours, aussi de la souffrance. Mais cela n’a pas beaucoup changé, dans le très-bas, et avec la technologie presque pour tous, le peuple regardent les médias, internet et tv yeux écarquillés et en décalage de tout ça.

    La violence faite aux femmes et aux enfants existent depuis bien longtemps dans le déni, c’était les maisons de corrections, les bagnes pour enfants et jusque dans les institutions religieuses. Cela se transmet par nos ancêtres… Elle existe en tant de paix et en tant de guerre, à un coin de rue…
    Il suffit de voir l’actualité et des articles qui décrivent les horreurs qu’il y a eu au Congo ou en Bosnie ou dans une rue de France.

    Mais des icônes, des stars, il y en a de bien moins égarées que d’autres, sensibles, et l’une d’elle que je veux saluer aujourd’hui, parce qu ça me touche, car elle enclenche très certainement le pas qu’il va falloir pour reconnaître toutes ces souffrances sans exception et y remédier vraiment. Ce sera long et rude mais ce combat a commencé.

    Si on est pas là pour plus d’amour et apaiser la souffrance, à quoi on sert…

    Et ça le bouddhisme s’il est clair avec la violence ne peut pas passer à côté et surtout dans sa forme « engagé » ne peut pas passer à côté.

    Juste merci Madame Joly.

    http://www.aufeminin.com/news-people/angelina-jolie-les-larmes-de-son-nouveau-combat-s359210.html

    Sur ce, j’ai moins de temps à moi, alors bises, je vous lirai au passage avec bonheur, bon courage sur le chemin.

  20. Il est un temps lointain dans diverses mythologies où les déesses régnaient aussi sur le monde, déesse de la fécondité, de la nature, de l’eau, des arts etc…chez les grecs, l’oracle, la Pythie est bien une femme et son pouvoir surnaturel est sans partage.
    Après le néolithique et l’impérieuse nécessité de batailler afin de préserver et d’agrandir son territoire, le » pouvoir de la force musculaire » devient prédominant, les sociétés patriarcales deviennent celles qui agrandissent les propriétés terriennes puis étatiques.
    On a donc construit des civilisations plutôt sur ce modèle là et cantonné les femmes à un second rôle capital certes – la progéniture passant par elle!- mais que l’on pourrait dominer et administrer.
    Cependant, il existe encore sur la planète des sociétés matriarcales qui sont également dans la domination des biens et attribue les rôles impartis à chacun!
    chacun connait des exemples de femmes arrivées au pouvoir qui se sont avérées reprendre l’habit masculin pourtant exécré par le fait d’un syndrome bien connu..

    Ce sont 2-3 exemples pour dire que personne n’est à bannir ou à encenser, des hommes au siècle des lumières se sont révélés majestueux de grandeur d’âme. Et j’ai envie de citer Gandhi et notamment son acharnement à abolir les castes.
    Seule l’intelligence de notre magnifique complémentarité et divergence est source de véritable progrès pour l’humanité.
    j’aime à penser qu’avant tout j’ai un être humain devant moi à persuader du bien fondé de ses actions pour le devenir de ses enfants et leurs descendances et voilà bien ce qui nous unit , intrinsèquement, viscéralement homme et femme, perpétuer notre espèce et ceci même avant que nous soyons sapiens sapiens…

    A très bientôt

  21. Bonjour Béa,
    Oui, cela doit remonter à ça, ce besoin profond de s’exprimer dans les arts, de retourner à ce lien vivant et fort de la nature. Quand je suis dans une forêt cette sensation de me retrouver vraiment, la vie y danse, l’énergie de vie.
    Peut-être oserais-je même dire que quand le vent balaie les feuilles, le vent fait samu.

    Le problème c’est qu’on a demandé à Terre-mère son rendement, comme pour la maternité.
    Maintenant les hommes pouponnent, font la vaisselle et cuisine très bien. Quand c’est fait avec attention, c’est bon et respectueux. Il y avaient les amérindiens qui chassaient pour toute la tribu et respectaient la nature, les cycles, les saisons. Si tu regardes dans la nature, c’est le moment ! (rire)…( d’ailleurs on s’demande ce qu’on fiche toute seule sur la colline ( rire). ) Il y a des espèces où c’est le mâle qui s’occupent des petits. Et puis c’est pas fixe non plus les rôles s’échangent.

    Je sais qu’autrement ce que j’évoque et exprime est lourd et pas drôle, ni séduisant. Mais nous sommes des êtres entiers. Et j’ai le rire rare, c’est comme ça.
    Je peux faire de l’humour quand mon coeur est entendu et plus léger même au milieu du malheur ou de la détresse ou de la fâcherie. Mais comme dit C.Bobin avec le proverbe égyptien « n’inspirez pas la peur » auquel il ajoute « n’injuriez pas la douleur de l’autre ».

    Sortir du déni, en reconnaissant la violence, la souffrance, son sang, sa noirceur. Mais reconnaître aussi la bonté, la bienveillance, la lumière en chacun. C’est la clarté de la pleine conscience qui prend soin de la souffrance.
    Il ne faut pas se fier aux apparences. Les hommes passent souvent pour la plus vil espèce, violents ou dangereux obsédés aveuglés. Mais on peut souligner, témoigner de leur profond amour, ou de leur simple tendresse et de leur respect.
    Encore faut-il que l’homme reconnaisse lui-même son coeur et qu’il n’est pas honte d’avoir donné de sa sensibilité, de la tendresse qu’elle soit charnelle ou pas à une femme parmi les femmes dans la société.
    Dans la vie de tous les jours, on a nos colères, nos gros sur le coeur, nos peurs et attachements tout couverts de l’argile de l’ignorance. Pour comprendre un arbre, un pin il faut être un pin, pour comprendre une fleur, il faut être une fleur. Mais pour cela il faut écouter, laisser exprimer en parlant simplement, le plus humain en nous, ce qu’on est vraiment, avec un dialogue direct qui offre l’espace.
    La complémentarité va parfois jusqu’à l’inattendu. Ce qui peut se passer dans la psyché humaine est très complexe mais très simple quand c’est la vraie nature qui parle, s’exprime et prend le dessus sur l’ignorance et la haine. Mais c’est rare ou on ne le voit pas… c’est pas tout le temps.

    TNH dans son livre « Prendre soin de l’enfant intérieur » parle ( en précisant qu’il n’a pas lui-même inventé ce mot ) d' »Homo conscious ».
    Inlassablement, c’est dans l’humain, depuis tous temps, il y a eu un homme qui s’est éveillé, c’est Gandhi, c’est Jésus, c’est Bouddha. Chacun se sont élevés contre des castes…

    « Les saints sont ce qu’ils sont, non pas
    parce que leur sainteté les rend admirables aux yeux des autres,
    mais parce que le don de sainteté leur permet d’admirer tous les êtres. »

    Thomas Merton

    Revenir à la nature n’est pas une régression.
    Enfant, il y a quarante ans, j’ai vécu une période encore très proche de la terre, dans l’intelligence ( écologique notamment ) et l’amour avec la nature. Mon grand-père du nord-est de la France a renoncé à la propriété terrienne de son héritage, il a préféré l’amour de ma grand-mère, bref, toute une histoire. Mes grands-parents avaient leur petit jardin, mangeaient ce qu’ils cultivaient, se chauffaient au poêle et cuisinière, les toilettes au fond du jardin. La tv ( en noir et blanc ) est venue tard. Et la porte d’étable de la maison retapée, on l’avait gardé parce qu’aussi on avait pas les moyens. On prenait le temps dans les soirées d’été, d’hiver, en toutes saisons, c’était calme. A cinq ans, ces trois ans, c’était parmi les plus belles années de ma vie.
    Il faut juste harmoniser entre richesses écologiques et humaines du passé et technologie modernes et besoins véritables de nos jours. Et il y a de plus en plus de jardins dans les villes.

    On a nos obligations de vie modernes même s’il ne faut pas obéir à tout. Je sors un peu d’internet. Faut se rapprocher de la nature en profiter en cette saison, ça fait du bien le soleil, les fleurs…Et pour méditer, m’assoir plus que de temps en temps ! j’emploie avec celle de TNH la méthode décrite par F.Midal qu’il a apprise dans ces séances. Juste m’assoir, la posture, laisser le naturel…
    Je reviens à des bases très simples.

    Il n’y a aucun chemin menant au bonheur, le bonheur est le chemin.

    Thich Nhat Hanh

  22. Merci de ces paroles.
    J’espère juste qu’elles sont reçues par ceux qui viennent ici, c’est important, mais le web est parfois dilutif, alors que pour moi tout ce que tu dis, vous dites là, est important.
    Méditer, point besoin d’en faire un devoir. Parfois pratiquer plus formellement est un besoin, mais déjà se faire une pause dans le quotidien, une pause « pose », c’est bien. Faut arrèter de se juger, c’est encore se faire souffrir.
    Je voudrais juste dire, vu tes paroles sur les hommes, de mon point de vue d’hommes, que vous les femmes, pouvez nous aider à reconnaître cette part de féminin en nous. Ce n’est pas facile de le faire pour un homme, parfois il y a la peur d’être dénigré par les autres, je pense que nous avons besoin d’aide pour cela, vraiment.
    Car effectivement, l’on peut souffrir de cette image négative qui nous colle aux basques…on a envie de sortir des rôles qui nous sont dévolus depuis longtemps, mais le poids de la culture pèse, ce n’est pas toujours facile. C’est parfois aussi difficile de recevoir la colère de la souffrance de longues lignées de femmes, auxquelles on n’est pour rien. Je trouve qu’il y en a.
    Pour ma part, si je comprends profondément le combat pour que la femme soit respectée, reconnue, le militantisme agressif type Femen, me semble desservir cela, en usant en fait des codes masculins. Est-ce la liberté?
    Revenant aux thèmes qui me préoccupent, les voies spirituelles, notamment celles qui se réclament d’un modèle suivant une tradition, comme bien des écoles bouddhistes, peuvent-elles avoir un message actuel sans passer par une remise à plat de leur façon de se situer concernant la place donnée aux femmes, le regard sur les clivages sociaux, etc etc???
    Question posée.

  23. Comme tu dis c’est difficile, la souffrance de ces longues lignées de femmes et leurs erreurs aussi, je n’y suis pour rien comme les autres femmes d’aujourd’hui. Cela m’est tombée dessus aussi en partie. C’est un héritage que nous avons à transformer. Mais je préfère qu’on me parle de transformation, de présent, voir d’avenir, que de bûchers, de fardeau de karma… etc c’est plus positif.
    C’est pour cela que je rejoins les propos de Françoise Gange, à propos de l’idée de femmes patriarcales comme en politique ( ou dans le spirituel) si c’est pareil ou pire mais en jupe, c’est pas la peine. Femen me semble tout à fait décevant en ce sens, agressivité contre agressivité, n’est pas la réponse adéquat, plutôt de l’huile sur le feu et même plus que choquant comme en Russie. C’est pour cela que j’ai tenu à saluer le geste d’A. Jolie certainement plus fort et constructif à mon avis.
    J’ai de la sympathie et j’encourage des actions non-violentes, non provocatrices comme les peintures d’Alice Miller, ou la poésie, divers arts ou même faire des tartes simplement pour agir et remédier à la souffrance incommensurable qui peut toucher un enfant, et de là touche celle des hommes et des femmes, de tous les êtres humains jusqu’à la terre entière.
    Personnellement, j’ai souvent exprimer ma « compassion active » avec coeur, tendresse, charme, avec des poésies, des peintures, des danses, un simple geste, une marche ou une signature. Et quand on a le soutien assuré de l’homme par la participation de ses qualités et de sa sensibilité c’est d’autant plus puissant, cela rejoins naturellement l’harmonie de la vie sur terre.

    Pour moi, les écoles bouddhistes peuvent tout à fait avoir un message actuel. C’est pour ça que je me sens bien dans le zen vietnamien et TNH avec la façon d’aborder quelques-unes de ces questions essentielles à l’harmonie avec la nature, à l’harmonie et à la paix entre les êtres humains,entre l’homme et la femme, proche de ma sensibilité personnelle et ma situation. Par exemple, la façon d’introduire d’accorder sa pratique au quotidien, le temps accordé à la parole de notre propre coeur ( la bienveillance, l’écoute profonde, la parole aimante ), l’écologie, le quotidien du couple, ou des solitaires sur la responsabilité sexuelle, l’énergie, ( proche du Taoisme et du qi gong que je pratique ) : http://brindbouddha.wordpress.com/2012/09/22/la-responsabilite-sexuelle/

    Pour les autres écoles je ne sais pas, ne connais pas assez. Dans le Vajrayana cela semble aussi commencer avec l’enseignement des maîtres actuels comme Lama Lundroup.
    A part ça je ne peux en parler qu’en théorie, sur beaucoup d’aspect dans la vie quotidienne je ne peux pas vraiment dire comment se vit un message comme celui de TNH,
    Pour moi c’est aussi un chemin de débutante.Tout un art.

    Merci à toi pour ta question Laurent, j’espère y avoir répondu.

  24. Le bouddhisme associé à une vie monastique initialement est en relation principalement avec l’élément masculin puis l’ouverture et surtout le besoin de propagation aidant, il est décrété que les moniales sont acceptées.
    Etant donné que c’est l’être dans son ensemble qui intéresse et que la souffrance n’a pas de sexe, pourquoi accorder une attention, un statut particulier à la femme? c’est logique.
    Dans le zen, il y a des enseignantes et des hommes font la vaisselle et épluchent les légumes.,
    Il n’y a pas de sous-tâches réservées aux femmes, ça c’est le côté officiel, après que la misogynie n’y règne pas c’est autre chose, mais ni plus ni moins qu’ailleurs.
    Non, ce qui interpelle c’est pourquoi la majorité d’entre elles perdent leur féminité, deviennent des êtres asexués, hybrides en quelque sorte, copie d’un modèle standardisé?
    Besoin de montrer que le non-soi, se dépouiller de l’habit égotique inclue l’uniformité?
    L’intériorité a-t-elle donc besoin de s’exposer? d’avoir l’aval de l’autre?
    la femme a-t-elle besoin de prouver 2 fois plus qu’un homme sa compréhension du dharma?
    Car là oui, on aurait la preuve que dans le bouddhisme aussi, 2 poids, 2 mesures….

  25. On se focalise trop sur des apparences, des attributs et critères physiques, une idée de féminité. Mis à part la taille, mensurations de base, la couleur de la peau, des cheveux et des yeux, tout cela est impermanent. Les cheveux tombent, deviennent blancs, la peau se rident…alors pourquoi y accorder autant d’importance.
    Ce qui est moins apparent sous un kesa, n’en ai pas moins féminin.
    Aux états-unis, Susan Murphy roshi, nonne zen a les cheveux longs, d’autres ont les cheveux courts ou mi-longs.
    La France est en retard sur beaucoup de choses. Le bouddhisme occidental tente d’émerger.

    Entre les beaux textes bouddhistes valorisant le féminin, l’harmonie et la réalité…

    D’un côté une spiritualité, religion qui voulait annihiler toute féminité et féminin.
    De l’autre, une société qui l’exacerbe et créer une dictature, malaise, confusion, discrimination et souffrance aussi.
    Que ce soit vie spirituelle, ou en art et autres, la femme a toujours d’abord le modèle masculin et les clivages sociaux imposés dès l’école, quand elle veut prendre une voie, elle doit fouiller pour trouver quelques références féminines ou faire confiance à son intuition, à son être et cheminer.
    Faire ce qu’on a à faire. Sa vie, c’est ce qu’on en fait.

    Shakyamuni a abandonné ce qui symbolisait un signe extérieur de prince, d’appartenance à son clan des guerriers Sakya dont sa coiffure, ses cheveux, le renoncement à ses possessions. Des moines et moniales peuvent avoir cette apparence sans avoir renoncer à tout cela. Des laïcs vivant dans la dignité, vivent dans le contentement.

    On voyage léger.

    Le renoncement est dans l’esprit.
    Le féminin est intérieur, c’est le féminin de l’être plus profondément que tout cela, qui émane à l’extérieur au-delà des apparences. La femme solaire.

  26. Pour comprendre, la place des femmes dans le bouddhisme, il faut bien-sûr retracer toute l’histoire depuis l’époque du Bouddha, Shakyamuni, sa vie de prince, familiale, la société indienne et la communauté des bikkhuni… contexte culturel, politique… etc la sangha…

    L’homme a fait des erreurs évidentes dans la société aussi. Mais c’est surtout avec la compréhension, la compassion et soins qu’on peut y remédier. Sans pour autant faire l’impasse de nos lois et sanctions dans cette société. Ce serait de la « compassion idiote », doublée de déni. On ne peut pas d’un côté avoir cette bienveillance et compassion pour quelqu’un qui a commis un acte criminel sans reconnaître la souffrance et les conséquences pour l’autre qui en a été victime, sans avoir le même égard.

    Le pardon épargne un accroissement de la souffrance mais ne guérit pas entièrement comme par magie.

    Spirituellement, le Bouddha, quand à lui, ne négligeait ni l’un, ni l’autre dans sa souffrance. Il était ouvert au pire des scélérats et à la victime la plus démunie, pour prendre des extrêmes. Il reconnaissait la nature de bouddha en chaque être, le potentiel d’amour et de sagesse au fond de chacun, avec un chemin ouvert à chacun.

    Sans être de ces extrêmes de violence…
    Il y a des conflits et je conçois qu’on ne puissent pas être d’accord sur tout. Je passe sur les indélicatesses que je lis ailleurs…

    On peut être entendue sans être vraiment comprise. J’espérais juste apporter une prise de conscience et une réflexion sérieuse sur ces sujets sensibles et difficiles à entendre. C’est peut-être possible. Des choses m’interpellent et me posent question aussi, je comprends très bien les questionnements.

    http://bf.13parents.free.fr/theme.htm

    Concernant l’éducation des enfants, les parents et autres, il ne s’agit pas de juger, de blâmer qui que ce soit. C’est difficile de réaliser les erreurs et sur quoi s’est fondée la société humaine, ses responsabilités, de voir cette souffrance humaine en face, de voir les choses remise en cause aujourd’hui, nécessaire, même si ça nous bouleverse. Il ne s’agit pas de blâmer ou culpabiliser qui que ce soit, car tout cela vient d’une grande incompréhension, de l’ignorance. Seulement prendre conscience, c’est déjà changer soi-même, trouver un juste milieu et apporter un petit peu plus de paix et d’amour, en ce monde.

    La planète, notre berceau, la terre, notre jardin, tous les êtres ont besoin de cela.

    C’est tout.

    Maintenant, le printemps nous appellent.

  27. Merci Kathelle pour tous ces mots qui englobent ta bienveillance et ton besoin d’harmonie, ils sont apaisants et porteurs d’espoir.
    Belle soirée à toi

  28. Merci à toi Béa, sans ta sensibilité, ton intelligence de coeur, ta douceur chaleureuse et ton calme, je n’aurai pas pu exprimer les choses dans ce dialogue, comme avec Laurent.
    Avant notre mort, on veut tous, de par notre bienveillance naturelle au fond, notre empathie et notre compassion, réduire, remédier un peu à la souffrance, durant cette vie. Chacun porte en lui, une blessure qu’il veut comme réparer en ce monde. On veut le bien de tous les êtres mais ne peut pas prendre toutes les causes au quotidien, on se concentre sur une ou deux et on fait de notre mieux. Sachant que tout est interdépendant, c’est aussi donc pour tous les êtres. On est porté par ce désir, cette aspiration.
    J’ai peut-être une façon simple de voir les choses, et je m’y prend parfois comme un manche, je sais… et j’ai fais la conne, car je n’ai pas toujours su dans les discussions sur le net communiquer ce que je ressentais vraiment… ou mal… pour se libérer d’attachements, partir, parfois on provoque aussi les ruptures, c’est maladroit.
    La méditation avec TNH me convient très bien et très importante pour moi.
    Mais jusqu’à ma mort, je sais que je chercherai sans cesse à remédier de mille façons à ces souffrances évoquées ici, je m’en irai sans fardeau ou au moins plus léger que que quand je suis venue au monde. Et laisser quelques papillons sur des têtes d’enfants souriants.

    Maintenant chacun est libre de ses opinions, c’est normal, chacun fait comme il veut, vous faites comme vous voulez, mais comme par un hasard bizarre, j’ai eu eu ça dans ma boîte hier :
    http://www.mesopinions.com/petition/droits-homme/insertion-inceste-code-penal/825
    Ou faites-passer, merci.

    La page est tournée.
    Comme je l’ai beaucoup dit ces derniers temps, j’aime aussi être seule. J’en ai besoin et de l’instant présent aussi maintenant, du printemps.
    Et puis « les mots que l’on a pas dit sont les fleurs du silence. » Proverbe japonais

    Bon chemin

    Bises

  29. Bonjour.
    Cela fait quelques années que l’on se connaît par écran interposé. Que je te lis quand ça se présente.
    Quand je dis que je te connais, c’est beaucoup dire : que peut-on réduire quelqu’un à ce qu’on croit de lui ou d’elle?
    Une chose est sûre : je ne trouve pas que tu t’y prennes comme un manche. Ne crois-tu pas que souvent la blessure c’est nous le ou la première à nous l’infliger?
    Après, souvent, certains entrent dans la faille : on a beau dire, parler de compassion et tout le bazar, l’humain a peur et n’aime pas la faiblesse de ses congénères : ça le met trop face à sa propre vulnérabilité. Alors quand quelqu’un montre le visage de la vulnérabilité, on le charge un peu plus…ce que l’article que tu as mis en lien dis sur ce point est éloquent…et c’est terrible! Mais comment vivre avec cette réalité? Sacré koan!
    Faire face à la violence sans devenir violent….
    Dans tout ce que tu exprimes, il peut y avoir le témoignage des blessures qui suintent. Mais cela rend-il pour autant absent l’éveil de ce discours? Je ne crois pas. Pourquoi vouloir s’éveiller, si ce n’est cesser de souffrir? Alors on peut se la jouer au-dessus de tout pour flamber la galerie, une chose est certaine, nous sommes tous soumis à la finitude. Nous sommes tous soumis à l’illusion, et pas la peine de laisser entendre qu’on est au-dessus du lot : même un grand maître peut chuter. D’ailleurs, je préfère ceux qui chutent. Ils me sont semblables.
    T’y prendre comme un manche? Voyons! Ne crois-tu pas que certains qui t’ont répondu, ou parlaient avant ou après toi ne s’y prenaient pas aussi comme des manches?
    Je ne crois pas juste de vouloir s’affubler des fautes, de toute la responsabilité des déconnages…et je parle aussi pour moi, je fais ça très bien, d’endosser la culpabilité.
    Mais on a des failles, et on a le droit de ne pas savoir, de se planter, de passer à côté, de rater. Si on ne fait pas ça, on ne peut expérimenter le champ entier de ce qu’on est. On ne peut pas non plus comprendre ceux qui tombent. Je crois qu’elle est là, la source de la compassion.
    Peut-être t’y es-tu prise comme un manche, mais cela m’est arrivé aussi et m’arrive encore. Et puis, il me semble vraiment que si en face, on a des personnes qui n’acceptent pas vraiment ça, qui ont peur de ça, alors on s’y prend encore plus comme un manche…comme la personne qui tremble, stressée, qui tremble encore plus quand on lui dit d’arrèter…comme si ça se faisait sur commande!
    Quand tu parles de bienveillance naturelle, je sais qu’en fait, ce qui m’a le plus fait mal quand on s’est fait virer du groupe où nous allions, c’est d’être privé de pouvoir partager mon expérience. Peut-être y avait-il quelque chose d’égotique là-dedans, mais comment supporter cela quand ceux qui donnent des leçons, au final, font exactement ce qu’ils nous reprochent?
    Cela n’est pas juste, mais si nous exprimons colère ou révolte, forcément on nous fait remarquer qu’on n’est pas de bons pratiquants, qu’on faillit!..C’est tellement facile comme procédé de domination!
    Alors aujourd’hui, je trouve normal de les trouver nases, de les juger, même si je ne veux pas rester bloqué dans ça. Je trouve moins d’excuse à quelqu’un qui prétend pratiquer le dharma et qui en fait s’en sert de couverture, qu’à quelqu’un qui assume ses errements.
    Un enfant, pour marcher, commence par tomber. Il faut l’encourager à aller, à tomber, pour trouver son équilibre par lui-même.
    Ici, je propose un espace ouvert parce que justement on a le droit d’être ignorants, imparfaits, faillibles, et que c’est ça qui nous permet de connaître l’éveil. Si il n’y a pas d’illusion, pourquoi s’éveiller?
    Il y a plein de choses que tu exprimes qui m’intéressent, ton point de vue exprime bien des impensés de la pratique, justement parce que tu as une expérience de vie qui t’a ouvert les yeux sur des choses, et sûrement souvent plus dans la douleur que la félicité. Mais c’est ça qui est intéressant.
    Tu saurais tous les sutras et me sortirais des citations pour me montrer ton érudition, que je crois que ça m’ennuierai profondément!
    Je ne fais rien en ce moment de ces choses que tu exprimes-ou d’autres, d’ailleurs-car je suis sollicité par mon travail, le jardin que je veux faire vivre ici, et la vie avec les miens, et aussi ne plus être trop collé à l’écran. Mais je voudrais juste que tu saches que ce que tu exprimes, comme ce que chacun dépose ici, je le laisse se déposer en moi et décanter. Je laisse la graine mûrir. Ca ne va pas nulle part. Mais j’ai la gestation longue!
    Quoi qu’il en soit, nous avons le droit, à vouloir être avec les autres, aussi à être seuls, c’est l’alternance entre ces deux pôles qui nous permet d’évoluer. Et on n’a pas besoin de se justifier.
    Oui, on a tous des blessures. Mais comme tu le fais remarquer par le lien que tu postes, il y a des blessures fondamentales qu’on ne veut pas reconnaître. Et cela rajoute encore plus de douleur à la douleur.
    Et pourtant, combien de personnes qui portent ces souffrances en silence?
    Et combien de personnes qui se veulent bouddhistes, se disent bouddhistes, mais qui ferment les volets dès qu’il s’agit du noyau dur de la souffrance qui s’exprime face à elles?
    Pourtant oui, il faut tenter ce courage, mais déjà aussi avec soi-même : sommes-nous capables de nous mettre face à ce qui souffre en nous?
    Au début de ma pratique de zazen, pendant mes études d’infirmier, j’étudiais le système nerveux. Et quand j’ai appris que les voies neurologiques conduisant l’information de la douleur, passaient par le centre nerveux de la vigilance, situé dans la nuque, j’ai alors réalisé que la souffrance et l’éveil, n’étaient pas que liés dans un beau discours théorique, mais que cela était inscrit dans notre fonctionnement physiologique, dans notre corps.
    Le bouddhisme, ne doit pas se contenter d’être une théorie abstraite, mais doit être une expérience vécue.
    Donc tu fais plus la conne en te rejugeant, encore que j’ai envie de dire que ce n’est rien de grave, parce que moi, je n’en subis aucune conséquence. Et puis, pour t’avoir lu, j’ai vu des gens énormément plus agressifs et ne prenant pas les gants que tu prends.
    Après, si ici tu trouves un endroit où tu parviens à trouver tes mots, les formuler, les partager, et que tu parviens à garder ce lien avec toi-même, alors j’en serai très heureux, et en plus très égoïstement, car je me dirai que j’y suis pour quelque chose!;)
    Mais c’est parce que je suis très égocentrique!
    Allez, plus sérieusement, mais aussi légèrement, je pense que les choses peuvent être simples, on n’a pas besoin de s’écharper par les mots pour se prouver quoi? Qu’on a raison pendant trente secondes sur un espace-temps du net où tout devient si volatil?
    Mon voeu pieux, c’est que si ici on échange virtuellement, qu’un jour on échange dans la réalité incarnée. Créer du lien. Et du vivant. Pas rester coincé derrière son écran à ruminer l’existence!
    Allez, je vais aller dans le jardin un petit peu avant notre zazen hebdo. Du concret, j’vous dis!

    Bises.

    A bientôt.

    PS : j’ai eu une demande pour un article sur la dévotion. Si vous avez des questions précises, des témoignages, vous pouvez me les soumettre, et peut-être me guideront-ils dans mon discours.
    Bonne soirée!

  30. Kathelle
    Personne n’est gauche, maladroit, il y a juste des circonstances qui ne sont pas adaptées, des échanges qui n’en sont pas, des sensibilités divergentes, des blessures…
    Qui peut dire qu’il arrive à faire passer ce qu’il ressent vraiment et surtout derrière un écran.
    C’est déjà super courageux de se lancer; de se mettre un peu à nu, d’oser assembler tous nos petits morceaux et se dire que l’on va être concis.
    Parfois, on pense y arriver un peu, parfois on se dit qu’on perd son temps, mais le plus important est que l’on tente le partage, parce que ces mots trouveront écho un jour chez quelqu’un avec une résonance que l’on ne soupçonne même pas.
    Montrer sa vulnérabilité, c’est aussi montrer son humilité, la complexité de l’âme.
    La renaissance de la nature chaque printemps nous relie à tout et nous donne envie de créer du vivant, du concret comme tu dis si bien Laurent, nous portons en nous cette énergie depuis l’aube des temps, comme un beau relais entre humains qui nous prodigue l’essence vitale depuis des millénaires.
    Belle soirée!
    Bises

  31. Tu as tout à fait raison Béa…

    Je pense toujours que l’attention donnée à celui qui a fait souffrir ( souffrant aussi ) ne doit doit pas négliger l’attention donnée à celui qui souffre, car celui-là aussi fera peut-être souffrir à son tour. Et cela passe ne passe pas que par un travail sur soi mais passe aussi par être entendue, une souffrance reconnue, la sortie du déni de l’entourage et de toute une société est nécessaire. Sinon toute relation est fausse, bancale, déjà pourrie. Il ne faut pas mettre la charrue avant les boeufs. On voit que le phénomène de groupe se retrouve partout, dans le cadre spirituel jusqu’en dans les chasses aux sorcières, le cadre familial… etc De plus, l’énergie de vie positive fait que quelqu’un d’extrêmement blessé ou traumatisé prends d’abord soin de lui-même, en transformant sa souffrance, et protège d’abord ses plus proches d’un cercle familial malveillant, ça lui prend déjà toute sa vie, et il n’a pas de temps et d’énergie à perdre. D’autant qu’il a aussi besoin de savourer la vie présente. Il ne peut continuer à poursuivre le contact avec ceux qui sont aveuglés par le déni, c’est néfaste, voir destructeur, et encore moins échanger ou partager sa sensibilité. Dans ce cas les interlocuteurs néfastes sont tenus au seuil de la sphère personnelle et n’ont rien à y faire.
    Et surtout quand ils sont dans la polémique et la spéculation sur la souffrance de l’autre, encore une autre façon de rester dans le déni. Les ruptures ne sont pas toujours négatives, bien au contraire, elles brisent la glace, elles ouvrent un nouveau champs de liberté vraie qui refleurit. On s’en va, va prendre l’air… Faute d’avoir ouvert une prise de conscience, on reste sinon encore dans les discussions superficielles d’internet. On restera ouvert mais sur des terrains de surface. Soit. Et ceux avec qui, dans un cadre plus proche ou privé, on peut être dans un partage de sensibilités communes et profondes, diverses se comptent sur les doigts de la mains, on le sait bien. Mais laissons tout à l’impermanence et aux pieds du Bouddha.

    Autrement, il y a ici des sujets au présent qu’on aborde succinctement, comme la psychologie des profondeurs, le féminin dans le zen, dans le bouddhisme ( Dieu est une femme !… je plaisante… n’ayez pas peur…) le dialogue inter-religieux, le bouddhisme occidentale, zazen, pratiques, rituels, pleine-conscience… etc, bouddhisme engagé, l’écologie, la sobriété heureuse, les fermes zen… la poésie… Bref, c’est un forum qu’il faudrait…
    Voilà, et puis j’apprécie dans la joie du coeur, plein de beautés de la vie.


    Sur ces soleils et ces belles notes bon cheminement à tous.

  32. PS: Internet c’est chronophage c’est vrai. Stop ! C’est bon d’avoir plus de temps pour pratiquer dans le quotidien, hors écran et faire autre chose de plus concret. Mais merci pour ce petit blog, ce site qui est déjà super.

  33. Merci Kathelle pour ce beau et long partage musical et aussi pour tes réflexions teintées d’espoir et de sentiments généreux.
    Tu as raison, réservons-nous du temps pour tout savourer le plus concrètement possible mais quelques minutes sur ce blog qui nous réunit de temps à autre est très agréable, une porte ouverte printanière emplie de parfums!!
    Belle soirée – Bises

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