Cérémonie zen et humeur du soir.

Bonsoir.

Je regardais des blogs, et me disait : »merde, mon blog ne fait pas du tout zen ».
Non, je ne dis pas des trucs sur l’esprit, le non-esprit, l’explosion nucléaire de l’éveil, en plus ça ne pue pas la sérénité ici.
Je me demandais donc si c’était juste ou pas. Je lisais des super trucs sur la non-dualité, etc….et je me disais « mon pote, t’as l’air de quoi avec toutes ces histoires? »
Bah oui, ça flashe pas le Bouddha-Dharma qui t’assied en lotus à la troisième ligne, où t’oublies tes problèmes, tes parents, ton boulot, tes problèmes de fric, tout ce qui constitue les conditionnements qui te rappellent les limites du monde quand l’illimité te chatouille la conscience. Le truc où tu pressens le parfum du satori tout en prétendant que tu n’y es pas…le truc où tu te fais mousser avec l’éveil, car c’est excitant, ce truc, l’éveil…ça occupe!

En plus, pas d’enseignement super bien ficelé pour les foules, pas de trucs introspectifs, pas de techniques de méditation, pas de « comment que je croise les jambes et fait pour ne pas avoir mal et ne pas bouger pendant vingt minutes », pas de trucs qui font bouddhistes ou zen, qui font moine, qui font mec qui partage son expérience, vraiment. Pas de trucs sur la non-dualité qui te fait transcender toutes tes peines…je suis vraiment un gros lâcheur!
Voilà où j’en suis ce soir, et si vous vouliez que je vous soutienne, c’est rapé, là je vous prend à partie, car oui, qu’est-ce qu’on fout là??

Et je suis tombé sur une vidéo sur le net, où je vois des anciens copains du zen, qui font une super cérémonie.
Bien huilée, bien ficelée, bien rodée : personne ne bouge, ni ne moufte, tout le monde a son drapé qui tombe bien, les kesas jaunes montrent l’assemblée des anciens certifiés, les crânes brillent, les sons, les gestes sont synchros, il y a un discours qui révère toute la lignée, c’est une vraie cérémonie religieuse, oui, ça en jette.
Y a des anciens, y a des maîtres homologués, y a aussi un japonais, un vrai.

Mais le problème, c’est que je les vois, en ce lieu, et qu’en ce lieu j’y ai vécu plein d’autres choses : j’y ai marné et sué ma souffrance sur le coussin, j’y ai humé le parfum du Nirvana. J’y ai fait samu, j’y ai passé l’aspirateur, nettoyé les toilettes, fait la cuisine, porté le kyosaku. J’y ai cousu le kesa, j’y ai aimé et détesté, j’y ai déposé mon front et mes prétentions par terre, je me suis relevé, j’y ai compris mon illusion et un peu de qui je suis…aussi beaucoup de qui je ne suis pas. J’y ai perdu du temps, aussi gagné l’éternité. J’y ai connu mon amour. J’y ai vu et entendu la souffrance. Aussi les rires et la joie.
J’y ai mangé, j’y ai chié, j’y ai été emmerdé, j’y ai fait chier les autres avec mes problèmes, j’y ai aidé sans retour, j’y ai lu, j’y ai entendu la pluie, senti le soleil, entendu les oiseaux le matin, le bruit de la cafetière de l’immeuble à côté …j’y ai entendu prècher le dharma, entendu Dogen, Shakyamuni…je les ai respiré. J’y ai posé les questions au maître. J’y ai compris, j’y ai ignoré. J’y ai chanté. Je m’y suis fait des amis. J’en ai aussi perdu. J’y ai été, en ce lieu.

Et là, je regarde cela, et je me sens mal à l’aise, ce trouble qui me saisit les tripes.
Ils sont tous impeccables, mais je ne sens rien de vivant dans tout ça. C’est grave, je sens une concentration tendue, et ça me fait presque mal. Je n’arrive pas à écouter les mots des enseignements, ça ne me touche pas.
Les visages sont trop graves, et je suis désolé, je me fais trop chier!
Alors pourquoi me faire du mal avec tout ça, me direz-vous?
Mais c’est parce que ces visages, je les ai connus. Je les ai vus. j’ai touché ces chairs, entendu ces voix. Je me suis assis avec eux.
Je les ai aimés, même si certains ont pu me faire souffrir. Certains aussi ont dû souffrir de moi. Je n’ai aucun mérite, je ne le fais pas exprès d’aimer les gens, je préfère ça à la haine, quitte à déguiser un obscur besoin d’être aimé.
Je vois ces maîtres, si sérieux, alors que je me suis retrouvé à côté de certains d’eux au bar du temple, et ça déconnait un peu plus! Aussi ces pratiquants, je sais qui ils ont pu être, et je ne comprends pas qu’ils deviennent cela. Si sérieux, si graves. Si compassés, si figés.
Tout cela est un spectable fabriqué et répété, et la vie y a disparu. Elle n’a même pas disparu : elle ne surgit pas.

Peut-être voudrais-je être avec eux? Et suis-je obscurément jaloux?
Peut-être, oui.
Mais je crois plutôt que j’ai les tripes en vrac de voir enrégimenté quelque chose que j’ai tant senti plein d’amour, de vie, de liberté, plein de la souffrance prête à se subvertir elle-même en éveil, avec le petit coup de pouce qui renverse la conscience en un instant.
Peut-être je sens la même chose que quand je vois un champ passé au désherbant, ou une haie arrachée définitivement. Le sentiment qu’on stérilise une nature qui serait fertile sans effort.
Mais qui suis-je pour juger?
En fait, je connais trop ce qu’ils peuvent vivre, leurs difficultés, les faiblesses qui se cachent derrière cette prestance, leurs amours, leurs maladies, leurs peurs…qui pourraient être les miennes…et je trouve que ça éloigne tant de la vraie réalité de la vie!
Mais que dire, s’ils croient que c’est juste, que c’est la vérité…de quel droit puis-je me permettre de penser que c’est un grand masque que tout le monde se met?
Je ne veux pas trancher. Trop facile.
Mais oui, ça me rend triste, car je sais qu’on a pu, avec certains, connaître des moments de joie sincère et surtout, simple. Où le soleil et le vent nous suffisaient pour se sentir vivants.
Là je ne sens pas les regards vivants, vibrants. Je ne sens pas une sérénité qui vient de l’intérieur.
Je sens l’hyperfabrication de tout ça, c’est de la mise en scène.
C’est un spectacle et je m’y ennuie, car il ne s’adresse pas à mon coeur.

Voilà, je ne vous tannerai pas plus longtemps avec ma petite crise du soir.
Je me demande si tout cela aide vraiment le monde, c’est ça qui me tracasse le plus, en fait.
En tout cas ça ne m’aide pas, je ne sens pas le vivant s’épanouir en moi, ma poitrine se dilater, mon ventre se réchauffer, non, je ne sens pas tout ça. Je ne veux pas me mentir.

Bon, j’écris tout ça alors qu’au départ, j’étais parti sur le fait que l’article le plus lu ici est celui sur bouddhisme et violence. Aussi toutes les réflexions notamment sur les femmes, leur place, la violence qui leur est faite, et le chemin qu’on peut faire avec ça.
Je pense que tout ça est lié : je ne sens pas un féminin qui répand sa bonté, sa chaleur et sa lumière ronde et généreuse. Je sens surtout contrôle, froideur, et absence de spontanéité. Mais pas un calme profond, il est fabriqué.
Le silence est trop bruyant dans tout ça.

Je n’oublie pas tous les thèmes qui se profilent derrière les contributions qui viennent ici. C’est en devenir, il y a des questions importantes, au moins pour moi.

En tous cas, je crois que je vais m’écouter un morceau de vieux rock des années 70. C’est peut-être moins classieux voire ringard, mais j’aime ça et ça me fait vibrer le coeur.
C’est clair que ça fait pas zen de parler comme ça. Pas zen officiel ni zen bien emballé, pas vrai zen soto estampillé.
Mais c’est mon zen, et si tu trouves pas ça cool, rien ne t’oblige, car je ne préside aucune église.
Mais c’est mon zen, qui en fait n’appartient à personne.
En fait, ma souffrance n’est-elle pas de voir tous ces gens souiller la place où j’ai tant aimé, tant souffert, tant espéré, tant desespéré, par tant de présentation d’éveil surfait, fabriqué, et compassé?
Oui, je suis dur. Mais ce que tu ne sais peut-être pas, c’est que pour aller là , j’ai tout quitté pour ça. Je vois juste que j’ai un peu de boulot pour accepter que tout cela, en fait vit en moi, le meilleur comme le pire.

T’as raison, en fait, personne ne peut rien souiller de tout ça : ils se sont assis là avec leurs beaux habits et leur air sérieux, parce qu’un jour j’ai choisi de laisser la place vacante.

T’as raison : le zen ne m’appartient pas.
Oui, t’as raison de me rappeler à l’ordre : il y a des jours où je me prendrai bien pour quelqu’un qui pratique le zen!

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19 réflexions sur “Cérémonie zen et humeur du soir.

  1. Les Français disent que « on est un con », et il est possible qu’ils ne savent pas très bien de quoi ils parlent. Mais il est certain que « je » est un clown, et je sais de quoi je parle (remarquable la profusion des « je » dès qu’un premier a été prononcé).
    C’était quoi comme morceau de musique ?

  2. Bonjour
    Mais c’est quoi « faire zen »?
    Le zen c’est La magnifique simplicité de la Vie, celle que l’on partage avec les êtres qui nous accompagnent et ceux dont nous sentons que leur essence est vraie, lumineuse et nous irradie même s’ils sont lointains géographiquement.
    C’est le chemin que parcoure l’humain depuis le paléolithique, tendu vers la paix et l’amour, la vie sociétale.
    si les êtres que tu vois assis en zazen ne transpirent rien, c’est qu’ils ont laissé trop d’eux-mêmes dans leur décorum et cérémonie, c’est que leur étincelle s’est éteinte, figée dans le rigorisme, évaporée dans le non-soi.
    Tu dis, Laurent, pas vivant…euh mort alors? non, en vie physiquement mais non-vivant, tourné vers l’intérieur. Eveillé? oui, mais sans vie!
    ah bon, alors c’est cela le zen , s’éveiller à la non-vie?
    ou bien c’est l’égarement, on se sent vivant avec nos émotions sclérosantes mais sans conscience pure?
    mort intellectuellement alors? non, là tu es dans la dualité et le zen c’est la non -dualité.
    Simple, finalement….
    alors, les émotions peuvent être constructives également et nous apporter le discernement juste. ouf….

    On vient sur ton blog parce qu’on y sent de la vie, des questionnements, et que le besoin de partager, de s’enrichir mutuellement est bien réel au delà de tout rituel savamment orchestré…
    On est là pour se dire que l’on se tient par les coudes afin d’apprendre à marcher seul…en se sentant partie intégrante de l’univers.
    Alors, tu sais faire zen ou pas….

    A bientôt!

  3. Hello,
    Tu n’es pas un fromage, on ne cherche pas l’estampille sur l’emballage !
    Pour les moines en habit de cérémonie on dirait que c’est pareil… on se fie à l’habit ? aux critères, titre ? à ce qui fait zen ? faut-il ça pour parler, être entendu, assoir une crédibilité ? Bien-sûr si on a besoin de clés, de guide, on ne va pas aller vers le premier qui se présente en kesa, en toge, djellaba jaune, sari rouge ou en slip à carreaux.
    Mais ce qui porte un habit est aussi un être qui a un coeur, on en rencontre dans la vie quotidienne, en uniforme.
    Les cérémonies parfois c’est comme une personne en deuil qui va à un baptême, évidemment y a un décalage, ou une divorcée qui va à un mariage, cela semble une parade lointaine, triste, insensée et ridicule. Et parfois ça l’est vraiment. Il y a de la peine sur le coeur, mais nourrir trop de regrets nous éloigne des autres et peut blesser notre entourage.
    Être là, dans le présent d’être ce qu’on est avec ceux qui nous acceptent, nous aiment comme on est et nous offrent leur attention.

    Ce que tu dis me fait beaucoup penser aussi a ce que j’ai lu de F.MIdal. et comme quand tu as évoqué M.Tokuda, ce qui m’a beaucoup touché, lui, c’était après Trungpa…

    Qu’est ce que t’écoutait hier soir ? Led zeppelin ?

    Quand on reconnait déjà l’être humain, il est simple de voir sa nature de bouddha, en regardant avec les yeux notre propre nature de bouddha.

    Le féminin est universel, et en même temps il y a une multitude de féminités.
    Tu sais même les blogs « qui font zen », y a personne… pas un chat, après la féminité n’empêche pas un goût pour le minimal, en musique, en art…
    Je te dessinerai bien une fleur au pastel chatoyant mais j’ai pas les moyens techniques, je te laisse l’imaginer.

    Bises

  4. Il me semble que léger » pince-sans rire malin »comme je te devine, Laurent, il est probable que tu ai concocté un petit scénario bien ficelé mais que finalement, tu es satisfait et soulagé de ne pas transpirer ce zen trop ordonné pour être honnête..et ordonné n’est pas un mauvais jeu de mot de la vie monastique…
    tout les procédés sont bons pour exercer l’esprit à la réflexion, je suis d’accord….

  5. Ah ah, bien sûr que je scénarise!
    Je vais vous révéler le secret, comme ça faudra trouver un autre truc à penser au sujet de ce qu’il se passe ici…et de l’autre côté qu’on peut fantasmer de l’écran.
    Hier, je voulais répondre, notamment concernant les questions sur la place de la femme dans la société, le bouddhisme et le zen…sur ce rapport au féminin.
    Oui, je voulais faire quelque chose, écrire quelque chose, surtout que je vois les stats qui montent gentiment, et que je me vois pris par ce truc narcissique en moi qui se dit « vas-y, ferre le poisson, ils t’attendent, ils veulent te lire, vas-y, aaahhhh!!….. »
    Bref, je me monte gentiment le bourrichon égotique, en vous utilisant pour cela…merci à tous!..
    Puis je zappais sur le net et je suis tombé sur cette fameuse vidéo qui se passe dans le dojo que j’ai fréquenté.
    Je n’ai rien fait d’autre que nommer en direct ce que j’éprouvais, alternant écriture, visionnage de la vidéo, tentative de règler quelques paperasses que j’avais à faire…en bref la vie super trépidante d’un mec chez lui qui se raconte sur le net!
    Quelque part, j’ai traversé le temps et l’espace en direct en vous le racontant. J’ai aussi métabolisé une expérience en vous le racontant : c’est d’abord à moi-même que je me raconte.
    Egoïste de faire ainsi? Je ne sais pas. C’est moi qui suis responsable de ce que j’écris ici, je joue comme je veux….et chacun est libre de lire ou pas. Mais j’ai eu envie de déposer ce récit, car il était signifiant pour moi…et peut-être, me dis-je, pas que pour moi. Mais cela, ce n’est pas moi qui puisse en juger. C’est vous qui avez le pouvoir, alors….
    J’ai oublié de le dire : je téléchargeais une compile d’albums de Lynyrd Skynyrd. J’avais oublié que je pouvais aimer écouter ces trucs avec des guitares électriques, des Télécaster, quand il y a deux jours une émission sur une radio locale me l’a rappelé. Donc il y avait dans le désordre, « Come home », « the ballad of Curtis Loew », « Free bird ». J’ai honte, parce que je fréquentais un pote religieusement punk et anti musique construite, qui m’a convaincu que tout ça c’était de la merde, mais j’aime bien ces musiques de red necks qui buvaient trop de whisky. C’est binaire, mais ça swingue, donc mon organisme occidental apprécie. Led zep, j’ai donné jusqu’à l’excès, maintenant j’écoute plus Jordi Savall, des trucs médiévaux acoustiques, acoustiques tout court, des trucs méditerranéens….bon, revenons à la discussion!..
    Donc je faisais tout le contraire de ce qu’on nous dit de faire dans le zen : plusieurs trucs en même temps! C’est donc cette qualité d’attention que j’avais….mais avec la conscience Hishiryo, ah ah!…..on s’arrange avec les enseignements, n’est-il pas?;)
    Satisfait, oui et non, rien n’est si net et je ne prétendrai pas, comme je le vois souvent, avoir tranché avec les passions, les attachements, tous ces trucs si faciles à raconter, et se raconter, mais pas si facile à vraiment réaliser profondément. Faut être honnète.
    Je voyais des visages connus, j’avais en exergue à ce que je voyais se dérouler sur l’écran, sous mes yeux, des sensations vieilles de plus de dix ans, des souvenirs, des effluves mentales, des affects, qui surgissaient de mes tripes en parallèle.
    Alors, je mets en scène? Je ne me suis pas posé la question : j’ai projeté sur le clavier le film en direct de ce que je vivais en moi et vous l’ai donné en pature. C’est peut-être indigeste?
    Oui, pas question de faire une conférence genre « on va causer de la vraie nature », ou un thème « canonique »….non. Juste je raconte ma vie dans l’instant. C’est le canon de ma vraie nature, c’est ma non-voie bouddhiste.
    Elle est là ma mise en scène.
    Par contre, il n’y a pas de trucages. Pas de vérité non plus : je me réserve le droit de tout enjoliver, transformer, de mentir comme je veux, de me travestir autant que je veux. Rien de ce que vous lisez ne peut l’être avec la certitude d’une vérité objective non transformée…..non mais, et quoi d’autre encore?
    Non, très honnètement, que vais-je prétendre être objectif? Bien sûr que je suis subjectif, bien sûr que j’ai des émotions, des affects, bien sûr que j’ai des joies et des peines!
    Je ne veux pas raconter des trucs qui laissent entendre que je ne suis pas comme tout le monde. Par contre je suis comme moi…et ça, tout le monde ne l’est pas!
    Peut-être utilisé-je par trop fréquemment cette première personne du singulier, mais c’est l’espace d’écriture que j’ai créé et que je gère : I got the power et je vais pas me gèner pour m’en servir!…d’ailleurs, j’avais pensé appeler cet article au départ : « face au mur du çon ». Ou « face au mur du ç-on ».
    Puis je me suis dégonflé, je me suis dit que personne ne comprendrait.
    Pourtant, j’ai vu qu’un bouquin de Steve Heine sur le zen qui s’occidentalise, faisait tout un laius sur « it », le grand Cela, mais c’est une autre histoire!..on va encore se perdre!…

    Ce que je voudrais dire, c’est que le zen, la pratique du zen, c’est une expérience subjective!!
    Bordel de merde, acceptez vos pensées, vos mots, vos sensations, arrèter de vous couler dans un moule, arrèter de courir après l’infini des normes qui de toute façon changent tout le temps pour rester inaccessible!
    Oui, j’ai senti des souvenirs où j’avais espoir de vivre des trucs supers avec ces gens qui étaient là sur l’écran : faire un temple dans la montagne où l’on aurait regardé des enfants grandir en sentant le vent chaud souffler sur nos visages, un endroit où on aurait planté des arbres, gratté la terre, où on aurait dormi sous les étoiles et où on se serait réveillés pour aller au zazen en regardant la neige au sommet des montagnes. Des trucs comme ça. Où on aurait été dans le dojo et vu la lumière du matin s’étaler dans la vallée lentement…un truc où on se serait réunis et pas divisés. Bon, c’était peut-être trop baba cool comme rêve…
    Mais pas ce truc formaliste et froid…par ce truc chiantissime….
    J’ai vu leur visage, et je l’ai connu autrement. Comment tomber dans ce piège-là?
    Alors oui, je vois les reliquats de désir d’appartenance qui me hantent encore.
    Mais bon, ici, on se soigne bien, on est loin de tout, c’est paumé. Je comprend mieux ce désir : j’ai choisi mon désert…Et c’est parfois dur. Choisit-on vraiment? Qu’est-ce qui en soi choisit?

    Alors oui, j’ose dire ce que je n’aurais jamais dit. J’ose laisser fuser les pensées, les happer au vol et les poser en mots sur le clavier, puis les poster. J’ose faire le truc qu’on dit qu’il ne faut pas faire en zazen. Et puis, y repensant à l’instant, combien de fois ai-je été demandé pour écrire les mots du maître, pour happer des mots et des pensées qui n’étaient pas miennes, en ce lieu? Alors que j’aurais pu faire zazen sans rien de plus à faire?
    Alors je fais pour moi ce que j’ai fais pour le maître : je me prends en note! C’est moi le maître maintenant!
    Donc oui, je pose ces fragments de vie ici, car si certains montrent une image du moine, du vrai pratiquant, si moi je suis moine, je suis ce moine-là : un mec qui se couche trop tard, qui écrit en écoutant de la musique et qui fait à moitié ses papiers.
    Moine, pas moine, faut arrèter avec ces catégories : on est des gens comme tout le monde, aussi faillible, aussi peu parfaits, on est ce qu’on est. Ma moinitude me regarde d’abord.
    Ma moinitude, c’est me regarder en face, pas montrer une image aux autres.
    Ma moinitude, c’est pas en me montrant en kesa, c’est pas en sortant des grandes phrases de Dogen, c’est pas en montrant que je peux rester quarante minutes assis sans bouger, que ça veut dire que la Grande Affaire est faite!…
    Ma moinitude, alors, elle est aussi dans tout ce que j’écris ici. Ma moinitude m’échappe.

    Je voudrais juste dire à chacun : ne laissez personne vous laisser entendre que la vérité de votre véritable être est ailleurs qu’en vous-même. Aucune forme, aucun rituel, aucun enseignement, aucun maître, ne peut détenir quelque chose qui soit vous à votre place. Si ces choses peuvent vous aider, elle sont des outils comme un bâton nous aide à marcher.
    Mais je dis cela pour moi-même : j’ai besoin de le réaliser moi aussi. Vraiment. Laisser entendre le contraire serait mentir.
    Bien sûr que je scénarise, bien sûr que je choisis les mots que j’écris. Si la vérité est au-delà des écritures, les mots ne sont pas à mépriser : ils sont là pour désigner le réel, ils nous servent à pouvoir, par le pouvoir de nommer, donner de l’espace aux objets pour pouvoir les voir sans qu’ils ne s’emparent de nous. C’est une magie qu’il faut se réapproprier, particulièrement pour les zenistes s’ils déposent entre les mains de quelqu’un d’autre, le pouvoir de dire pour eux ce qu’ils peuvent pourtant contacter en tournant le regard vers ce qu’ils sont.
    Oui, toi qui me lis, j’ai aussi envie de te lire et de savoir qui tu es.
    Oui, toi qui me lis, ou pas, ta parole est un outil puissant, ne le crains pas, reconquiers le, ne te laisse pas abuser par l’égocentrisme d’autrui, tu as, nous avons, tous, le droit d’être entendus, écoutés, respectés dans notre parole, même si c’est pour exprimer un désaccord.

    Oui, je mets en scène, et c’est ma cérémonie. Je joue avec les mots, je me paie mon caprice. Je me suis forcé trop longtemps à être un bon gars pour répondre à la norme du bon pratiquant de zen. Mais tout ça, c’était du flan : je me suis fait une immense violence, mais je ne le voyais pas. Le problème, c’est que certains tirent bénéfice de ce déni de soi.
    C’est pour ça que, si je ne veux en vouloir à personne, j’ai juste envie de dire que notre liberté, il faut l’assumer, maintenant, sans attendre.
    Pour pouvoir dire cela, j’ai fait des cérémonies formelles. Plein. Mais je n’ai jamais voulu qu’elles soient formalistes.
    Ce que j’y aimais, c’était le fait d’être ensemble, d’harmoniser ensemble nos voix. Bouger ensemble, se tromper, se rattraper, être présent à sa non-présence, s’oublier dans la présence au point de ne plus se sentir être.
    Et après avoir exprimé sa dévotion de tout son corps, de toute va voix, de tout son esprit, déposer tous ensemble nos corps-esprits par terre devant le Bouddha.

    C’est comme ça que j’aime pratiquer le zen quand je me prends pour un pratiquant de zen!

    Allez, bisous à tous.

  6. Merci Kathelle pour ce partage musical et aussi pour ta belle sensibilité dans tes messages.

    Laurent, sans doute ai-je mal employé le mot « scénario »et je m’en excuse auprès de toi, ceci ne voulait en aucun cas dire que ce que tu nous fait partager pourrait manquer de sincérité.
    On ressent très bien ton vécu et l’immense besoin de liberté générée par ces années de pratique encadrée, oserai-je dire.
    tu ne peux plus concevoir d’autres pas vers le refoulement, le déni, qui vont abîmer d’autres êtres et tout le temps que tu consacres à tes billets d’humeur est pour ceci.
    Si nous passons du temps à te lire, ce n’est pas parce que nous n’avons rien d’autre à faire, c’est bien qu’il y a un fil dénoué, et lié vers la vraie liberté, celle qui est au tréfonds de chacun, vibrante et que personne ne peut nous soustraire, on vient la humer en te lisant, cela nous nourrit..alors qu’est un brin de narcissisme devant ceci? pffffftttt du vent….très léger….
    Bises

  7. Y a pas de jugement à faire sur ce que toi ou qui que ce soit écrit : c’est une expérience. Il faut, je crois, ne pas se raconter d’histoire sur le fait que justement on passe son temps à en raconter, des histoires…a fortiori sur cet espace qu’est le net : on n’a que les mots pour se mettre en liens, on ne se voit pas, on ne s’entend pas, on ne peut pas mettre tout le langage non-verbal en vis à vis des mots pour faire la part des choses.
    Donc, j’assume ce fait, je, nous, on, tu, tout le monde, quelque part, se met en scène.
    C’est clair qu’en fait par le langage je pose la question de ce qu’est cette réalité qu’on vit.
    Sincère, pas sincère, s’il y a ce que j’écris, avec l’intention que j’y mets ou pas, il y aura aussi ce que chacun en tirera, qui m’échappe aussi.
    C’est juste que j’ai envie de mettre face au fait que je peux mettre en scène…mais pas forcément pour tricher. C’est aussi un jeu. Un jeu n’est pas forcément pour arnaquer qui que ce soit.
    N’y a-t-il pas mise en scène, chez ceux qui enseignent un truc comme le zen? Dans la façon de parler, des placer physiquement, de bouger, de poser sa voix? Dans les termes choisis, la façon d’entrer en relation avec l’autre, les autres?
    C’est à notre pouvoir par rapport à cela que j’ai envie de renvoyer : nous avons le droit de voir, ne pas être dupes, et ça commence par soi-même. On peut s’amuser tout en étant sincère voire sérieux. Le zen c’est pas un truc fermé ni rigide, on le rend si austère, voire triste…alors que la vie n’est pas que ça.
    Ceci est valable pour n’importe qui écrit au sujet du zen, sur le net. Il faut être conscient qu’on a toujours un parti pris dans notre façon de nous exprimer, et c’est bien de s’en rendre compte.
    Je peux très bien balancer des phrases péremptoires en disant avec grande assurance, et en utilisant des termes japonais et bien techniquement bouddhistes, sur le sens de la vie, l’attitude de l’esprit, tout ça tout ça. Sans jamais dire « je », pour feindre l’au-delà de l’ego.
    Mais je ne serais pas qui je suis : je jouerais un jeu, je jouerais un « je ». Et quand on joue un « je », la relation à l’Autre est-elle encore possible? Si on joue un « je », l’altérité est-elle pensable?
    On nous a appris à ne pas trop penser ni parler, pour écouter ceux qui pensent et parlent pour nous. On nous fait taire le mental, mais ceux qui s’approprient la parole, à partir de quoi ils parlent? Et puis, quand ils causent, c’est qui qui paye, et qui qui est payé? Ah ah!…ça c’est un critère spirituel, non??;)
    Bien sûr que c’en est un, de critère! Mais c’est pas moralement correct de le dire, voire d’y penser.
    Mais c’est peut-être la psychanalyse qui m’influence sur ce fait : pourquoi s’interdirait-on de penser? La non-pensée du zen, c’est pas l’interdiction de penser : c’est l’au-delà de la pensée et de la non-pensée dont causait Dogen, c’est très différent.
    Hier, deux amies me parlait d’un ex-copain moine, qui leur a reproché tout comme à moi de trop parler. Mais en fait, il voudrait juste que tout le monde se taise pour l’écouter lui. La seule chose qu’il ne peut même plus percevoir tant il continue à se murer dans sa construction zenique, c’est tout le manque d’amour de lui à lui…et donc aux autres. Un parfait symtôme de toutes les déviances qu’entrainent cette façon d’enseigner le zen et l’au-delà de l’ego, qui devient en fait l’à côté de la vie.
    Pour ça, oui, j’interroge la parole, car je cherche, en fait, je cherche, je cherche : qu’ai-je vraiment à dire? Qui suis-je? Et je pense que c’est la question de beaucoup. Je pense aussi que beaucoup renoncent à accèder à leur parole, au profit de certains qui eux se nourrissent de ce vide en s’emparant de toute la place.
    Le silence est le lieu de toutes les potentialités. Il n’est pas une répression.
    Et on est souvent le premier à se réprimer soi.
    Donc se mettre sur le fauteuil du metteur en scène n’est pas si mal, n’oublions pas qu’on est aussi acteur, scénariste, écran, caméra, spectateur…Tout ça c’est aussi nous.
    Et on ne fait pas tant suer le monde à le faire ainsi. Nos politiciens, et autres donneurs de leçon d’existence, aiment à capter la lumière dans nos egocraties, mais la lumière est là pour tout le monde.

  8. On sait que dans toute communication de personne à personne, 20 pour cent au maximum de ce qui est dit atteindra l’autre et ceci avec l’aide du langage non verbal.
    On voit donc toute la difficulté à communiquer par écran interposé, d’autant plus que les repères des uns ne sont pas nécessairement ceux des autres.
    Pourtant, au-delà des interprétations que l’on peut faire, qui ne sont pas de l’ordre du jugement car ceci est une toute autre affaire, le ressenti global nous renseigne et l’on peut dire que les caractéristiques et sensibilités de chacun irradient à travers l’écran.
    c’est rassurant, quoique un peu subjectif certainement!
    Alors, les fioritures, le style, la mise en scène sont aussi là pour capter l’attention de l’auditoire, que ce soit ici, dans un dojo, ou sur la grande scène de la vie car nous avons besoin de l’autre pas forcément parce que nous avons un côté « cabot » mais bien car nous sommes des mammifères sociétaux.
    Le principal étant de ne pas perdre de vue le but fixé et ici, on partage nos expériences de vie dans l’espoir qu’elles puissent être utiles à d’autres, pour ne pas briser le lien humain simple et naturel, généreux, celui qui fait que nous nous sentons faire partie intégrante d’une grande sangha, sans délimitation géographique ni » bannière » d’un maître spirituel…
    Très vivifiant!! très enthousiasmant!
    Bonne soirée à tous

  9. Bonsoir,

    Je m’écoutais 52 mn de Jordi Savall, Rolf Lislevand, Pedro Estevan, Arianna Savall – MEZZO Folies d’Espagne en vidéo, très beau, ( j’ai envoyé à mon fils ) et j’ai repensé à ce que tu as écris, Laurent, et je me souvenais de ce passage que je cite :
    « Oui, j’ai senti des souvenirs où j’avais espoir de vivre des trucs supers avec ces gens qui étaient là sur l’écran : faire un temple dans la montagne où l’on aurait regardé des enfants grandir en sentant le vent chaud souffler sur nos visages, un endroit où on aurait planté des arbres, gratté la terre, où on aurait dormi sous les étoiles et où on se serait réveillés pour aller au zazen en regardant la neige au sommet des montagnes. Des trucs comme ça. Où on aurait été dans le dojo et vu la lumière du matin s’étaler dans la vallée lentement…un truc où on se serait réunis et pas divisés. « …
    Il y a de la vie dans tes souvenirs, tes rêves, et sûrement encore dans la gadoue des mots les pépites… ton zen à toi.
    C’est tout ce que j’ai retenu… le reste j’ai tout oublier. C’était hier, avant-hier, y a trois jours, passés comme un nuage.
    Voilà, c’était juste pour te dire ça, maintenant.

    Bises

  10. Merci. Lire ça me tire un petite larme. Cela me semble si lointain, j’aimerais juste un coup de main pour ce voeu. On commence petit ici. Qui veut passer ici peut passer, y a de la place. Calme et non pratique assurés!
    Merci!

  11. Je trouve que c’est une belle idée, car échanger par écrit, c’est bien mais faire concrètement quelque chose dans ces Jardins de la Voie serait encore mieux, pour mettre en forme et en acte ce que nous aimons mettre en avant sur ce blog : la fraternité, l’entraide, la belle simplicité de la vie à déguster au jour le jour sans attente particulière.
    Bises

  12. Bah voui…je vous le dis : la porte est ouverte.
    Bon, acheté hier un cormier, un sorbier des oiseleurs (deux sorbus quelque chose, pour les amateurs botanistes), autrement dit, des arbres et arbustes de haies qui tendent à disparaître. Comme vers chez moi ils arrachent tout ce qui bouge, je plante où je peux. Aubépine, cornouiller mâle(autrefois utilisé pour ses fruits, qui tend à être oublié aujourd’hui), cornouiller sanguin, fusain, viorne, sureaux, saule etc…dont sorbier des oiseleurs, et cormiers (qui fait des fruits comme des poires naines, et dont le bois est utilisé en lutherie pour les cornemuses).
    Ca me cachera les voisins, ça fera de l’habitat et de la nourriture pour les insectes et oiseaux, on peut aussi manger certains fruits, utiliser les fleurs (sureaux, aubépines,…), et utiliser du bois pour la vannerie. En bref, refaire vivre l’écosystème qui vivait dans nos campagnes, et qui permettait plein de choses : manger, faire des outils, se chauffer, attirer de la vie.
    Action concrète, oui.
    J’ai acheté ces arbres chez une femme qui est à Ars dans la Creuse, elle est pas cher, et greffe sur demande. Elle a environ 120 espèces de pommiers, et plein de fruitiers et arbustes de haies rares…perso je cherche de l’épine vinette, dont les fruits servaient à faire du vin, mais qui a été beaucoup arrachée car elle était vecteur d’une maladie du blé…problème de l’aubépine aussi.
    Mais moi, quand je vois des dizaines de mêtres de haies arrachées, ces étendues mortes de champ pesticidés qui ressemblent aux campagnes après la guerre de 14, sans un insecte ni un oiseau, ni un renard ni rien qui bouge, ça me déprime.
    Donc j’agis là où je peux : chez moi.
    C’est notre zen de la Terre.

  13. Selon les autochtones, les arbres et la végétation attireraient la « vermine ».
    Ils entendent par là lièvres, écureuils et autres rapaces du même acabit.

  14. Bonsoir
    Par chez moi, je suis en relation avec une association botaniste qui a pour mission de replanter, préserver, répertorier les arbres remarquables etc..
    Ils organisent de sorties botaniques très appréciées et je les mets en avant autant que je peux dans mon travail, j’ai notamment un collègue passionné et fort compétent.
    ici c’est aussi une terre d’amandiers, ils ont en replanté beaucoup et les sureaux et cornouillers mâle dont les fruits produisent d’excellentes confitures sont encore assez nombreux.
    Je note ton besoin d’épine vinette, je crois qu’il y en a par ici car les anciens font ce qu’ils appellent du vin d’épine, quand on organisera un « stage-entraide et convivialité -jardins de la Voie » je ferai mon possible pour t’en apporter.
    Bravo pour tes plantations, tu vas en faire des heureux…
    On doit oeuvrer concrètement, réapprendre plus d’autonomie, moins dépendre de tout ce système opprimant, il me semble que la véritable « vermine » pour reprendre le terme de Mircea se tiendrait plutôt de ce côté là !!
    Fort utiles à l’écosystème toutes ces petites bébêtes et un rapace qui plane….quelle majesté!!
    S’ouvrir à tout et comprendre l’inter- relation nous aide à acquérir la pleine conscience.

  15. Oui. C’est ce que j’ai entendu au sujet de quelques centaines de mêtres de haie arrachées près de chez moi. Ils ont peur de quelques vipères…c’est surtout qu’une vision dématérialisée du monde, préside : dans la cabine du tracteur, il n’y a plus de relation sensible au monde.
    Alors j’hébergerai les oiseaux ici.
    Des études montrent que la cohabitation des arbres, animaux, avec les terrains cultivés, favorisent des synergies positives par rapport à des maladies.
    On veut créer de l’open space agricole, mais ça génère les mêmes désordre que ceux dans les bureaux : perte de la biodiversité, vulnérabilités accrues.
    Lis « le pari de l’arbre et de la haie », de Bernard Farinelli. Regarde la Beauce ce que c’est devenu. Ca donne pas envie d’y habiter.
    Je pense que les écosystèmes viables, les zones à réinvestir, c’est toutes celles qui ont été abandonnées : la moyenne montagne, les Cévennes, les vallées cultivées en terrasse. C’est dans des endroits comme ça que je voudrais créer des centres. Il y a souvent de l’eau potable. Il faut réapprendre la vie avec la nature, et pour moi, la vie de temple zen devrait être ça avant que de devenir un pro des cérémonies. Porter de l’eau, couper du bois.
    Un de mes rèves, hormis créer un hameau ici (maison avec dix hectares à vendre si ça intéresse-130000 e, je crois- et d’autres), ce serait d’acheter un bout de forèt modeste, genre dans les Cévennes, avec une source. et faire des méditations dans la nature. Voire aussi méditation et huttes de sudation…ouah, pas orthodoxe le mec!….
    Avant ma mort, je veux créer cinq fermes zen en France, de toutes façons!
    Je ne vais pas mourir demain!
    Merci pour l’épine vinette…et pour la petite histoire, un proverbe dit : « zen soto, zen de paysan »….moi ça me va!..et vous?

  16. Je crois que mon grand-père était un peu zen sur les bords, sans le savoir. Peu avant que la mort ne l’emporte, il me parlait très souvent des papillons. Il savait les prendre gentiment avec une infinie patience pour en mettre un sur mon épaule ou sur ma tête d’enfant.
    C’est seulement aujourd’hui que je comprends tout ce qu’il voulait me dire au travers des papillons ( dont certains sont en voie de disparition en Europe et ailleurs ), les enfants qui s’épanouissent, l’instant présent, la vie, la mort, depuis la nuit des temps. Il n’y a pas longtemps je lisais sur ce site : http://www.dinosoria.com/papillon/
    Maintenant, les gens des villes rêvent de ça, ils cherchent à retrouver la nature, de bons légumes et fruits… etc
    Quand je vois, aujourd’hui des gens y revenir, faire de cette harmonie avec la nature plus qu’un rêve, c’est tout mon être qui s’en réjouit.
    Dans des bureaux où je fais le service de nettoyage parfois quelqu’un de la clientèle amène un bouquet de son jardin, des roses de Noël, des jonquilles, des narcisses et dans ces bureaux gris de banque, ce petit bouquet printanier qui est entré, qui trône là, c’est tout un soleil.

  17. Durant une autre courte période, j’ai habité à la campagne, il y avait une chouette Effraie dans le grenier qu’on voyait sortir la nuit tombée, si immobile, on ne faisait pas de bruit. Il y avait un ragondin dans la mare, plein de petits insectes ( des frelons aussi ) des broussailles, du bocage plein de petits oiseaux, la buse qui venait régulièrement sur un vieil arbre mort, un héron cendré qui venait souvent autour de l’eau. Les chats qui dormaient sur le toit ensoleillée.

    Non-violence.
    Harmonie avec la terre, le cosmos, féminin et masculin.
    Tout est lié au fait de respecter la vie.

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