Je prends l’air

Je prends l’air.
Oui, que faire en cette saison ?
Les mots, les réflexions, c’est bien. Mais il ne faut pas s’en arrèter là.
Donc je suis allé au jardin, ces derniers temps, et c’est pour ça que j’écris moins.
Comme je l’ai déjà formulé, je ne veux pas que ce blog devienne une aliénation, sinon ce sera une parole corrompue qui s’affichera sur l’écran. Je ne veux pas de cela, même si cela m’arrivera parfois sûrement. Il ne faut pas être présomptueux.
Ma question, permanente, et non résolue, c’est « comment être cohérent ». Comment aligner les actes, les paroles, et la pensée.
Donc ces derniers jours, j’ai profité du beau temps pour tenter de faire vivre le jardin chez nous.
Pour moi le zen est là aussi, c’est ça que j’aimerais faire vivre comme pratique réelle.
C’est bien, le coussin, des enseignements. Mais l’enseignement véritable, c’est dans la vie réelle.

Donc chez nous, nous avons créé une association, appelée Les Jardins de la Voie. Ca démarre gentiment, tout doucement. En fait je n’ai pas une énergie énorme pour la faire tourner, c’est plus ma compagne le moteur. Mais je sens que je ne dois pas forcer quoi que ce soit, car ça ne donne rien.
Nous y faisons une séance de zazen hebdomadaire, et ma compagne anime des ateliers de peinture-dessin, dont un particulièrement axé sur un abord de la peinture avec méditation, voix, mouvement. Une approche globale de l’Etre, pas un apprentissage technique.
Et moi, je fais vivre le jardin, je plante, des fleurs, je prépare le potager, et j’aimerais que ça prospère. Mais seul c’est pas facile.
Mon souhait serait de pouvoir accueillir des personnes. Il y a de la place, il y a aussi des maisons vides à retaper, mais faut vouloir vivre à la campagne.
Nous, l’avons choisi car ce choix nous paraissait cohérent avec notre pratique. Nous ne nous sentions plus de vivre entre quatre murs à quelques dizaines de mètres du sol.
Ce n’est pas forcément facile car la ruralité me semble bien désertée, surtout une image de carte postale, et au quotidien loin de tout. Pourtant je pense que c’est là que tout va se passer, que c’est là que la vie va se décider.
Pierre Rabhi est en train de devenir connu. C’est bien. Mais ce qui serait vraiment bien, c’est que son discours amène à vivre l’expérience.
Mais je ne vois rien de différent de ce qu’il dit par rapport à ce que j’ai senti par la pratique du zen.
Pour moi il y a urgence à reconstruire le lien à notre Terre, et reconsidérer qu’on l’a vue comme une immense mamelle toujours pleine et inépuisable…et que maintenant, si nous ne reconsidérons pas ce regard, elle s’épuisera et ne nous offrira plus rien.
Ce n’est pas qu’un problème écologique, matériel, agricole, économique ou politique, mais d’abord un problème spirituel, à mon avis.
Nous devons considérer notre Terre non plus comme un objet mais comme un sujet.
Je pense que c’est d’ailleurs la même chose pour nous. Nous devons apprendre à reconnaître le vrai sujet que nous sommes, notre Bouddha potentiel, notre être conscient, et pas seulement la façade que nous présentons, ce vernis social qu’on a construit pour se faire accepter, pour se croire acceptable.
C’est une révolution au sens profond, pas dans la lutte contre, mais comme le disait Deshimaru, un demi-tour du regard vers l’intérieur de soi.

Donc, oui, j’ai bouturé, planté, cherché des arbustes qu’on ne plante plus tellement, qui faisaient partie de notre écosystème autrefois. Qui donnaient bois, fruits, pour les humains, les animaux. Tout un équilibre subtil de l’homme avec son environnement. Donc une relation à vivre et assumer.
Aujourd’hui, on se distancie : on pense le réel, on le planifie sur papier, et on veut le plier à un désir construit sur des concepts, des produits d’étude réalisées « hors sol ». Mais tout ça ne marche pas.
Pourquoi chez moi je veux planter une haie, une haie bocagère ? C’est parce que je souffre de voir celles autour de chez moi défrichées par les agriculteurs, ou mal entretenues car ça leur coûte de l’argent et du temps. Qui du coup les laissent mourir.
J’entends et vois de moins en moins d’oiseaux…et ça me manque.
Donc, au lieu de rester dans la plainte, j’ai choisir d’agir là où j’en ai les moyens : chez moi.
C’est mon zen, et je trouve dommage que dans la pratique du zen comme je l’observe de loin, il n’y ait pas plus de préoccupation écologique. Ou de ce qui nous est proche : notre milieu de vie.
C’est, en tous cas, une de mes préoccupations, et c’est ma pratique du zen.
Je sais que plein ne reconnaissent pas cela en tant que tel.
Mais cette semaine, j’ai rafistolé un muret de pierre. J’ai mesuré le boulot que faisaient nos anciens. Je ne regarde plus de la même façon les murets des terrasses de culture. On ne voit pas le travail quotidien que faisaient nos anciens, la relation constante avec leur environnement.
Nous, sommes devant nos écrans, mais eux, étaient sans cesse dans leur environnement, en train de s’harmoniser avec.
Voilà ce dont je voulais parler ce soir.
De ce zen qui n’a l’air de rien, qui n’est pas fait de beaux atours bien arrangés ni de beaux enseignements bien déclamés, mais qui est celui qui peut aider la planète à vivre maintenant, et demain.
Un zen qui a l’air si ordinaire.

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23 réflexions sur “Je prends l’air

  1. Bonsoir
    Tous ces mots prenant forme sur des besoins réels et des réflexions abouties sont jumeaux de ceux des humains qui encensent la planète, sages et généreux, prenant en considération le chemin et le travail parcouru par nos ancêtres depuis le paléolithique.
    Toute l’extrême intelligence qui fût la leur qui est toujours dans la mémoire collective de chacun, Pierre Rabhi est leur frère, leur descendant, un maillon de cette vaste chaîne, que l’on soit moine zen, indien d’Amazonie ou d’ailleurs, pygmée vivant de et par la forêt et tant d’autres…donc nous, tout un chacun, insignifiant et pourtant témoin essentiel et transmetteur de belles graines ou de désastre, c’est bien à nous qu’il convient de choisir et ceci dans tous nos actes du quotidien, notre façon de nous alimenter, de nous vêtir etc… pour aussi dire merde à ceux qui sont persuadés qu’avec des dollars ou des euros, ils peuvent intervenir sur le cours de l’existence générée par des millénaires de sagesse et de transmission.

    Bon courage Laurent, pour ton beau travail, tu n’es ni esseulé, ni marginal, tu es partie intégrante de la belle dissémination humaine parmi les peuples sachant encore sentir le sol sous leurs pieds et au bout de leurs doigts…pour s’en nourrir, certes mais aussi prendre soin et transmettre…la vie!
    Bises

  2. Bonsoir,

    Ces connaissances ancestrales de la terre, de la nature, du vivant, des arbres, des plantes, des animaux devraient être davantage mise en avant car elles servent la vie. La terre reliée aux ciel comme dans ces temps anciens avec l’astrologie.Respect du temps, cycle, saisons.Et l’homme a à prendre exemple du moindre des petits oiseaux, d’une abeille qui se nourrit de la Terre-mère sans la saccager, ce moindre des petits oiseaux ou insecte est un voisin, un hôte sur terre comme nous. Il n’est plus temps de dominer par la force et avec les machines, la technologie, de jouer avec les équilibres, comme des apprentis sorciers de la science, mais faire meilleur usage de la modernité ce qui implique d’en abandonner un peu pour revenir à des savoirs anciens.
    La manière dont nous considérons la terre et les autres êtres est liée à la manière dont nous nous considérons nous-mêmes. Et c’est relié à la façon dont nous vivons et considérons toute chose jusque dans la civilisation, la société et ses repères, ses valeurs humaines, éthiques, morales, universelles ( cet après-midi, je suis tombée sur un vieil article « la fin du tout est permis » questionnaire entre deux philosophes Onfray et Finkielkraut. ) On est dedans. Ce n’est pas « une fièvre réactionnaire ». C’est un appel profond… C’est un problème spirituel ! et éthique. « La fin du tout est permis » avec la Terre-mère aussi.
    Cette harmonie est vraiment un tout… c’est difficile de dire en quelques mots, mais quand on est en lien profond avec la nature, on voit l’amour, la paix, où rien ne s’opposent, les choses justes et à leur place, dans un ordre et un équilibre naturelle. Et je suis certaine qu’il en est de même pour l’être humain, dans son être tout entier.
    Il y a quelques temps avec d’autres livres, j’ai acheté celui de Pierre Rabhi – Vers la sobriété heureuse. Son visage, son sourire, ses mains sont déjà son message. Je vais bientôt le lire.
    Le monde que nous voulons pour nous-mêmes, nos enfants et tous les êtres est encore à porté de main.

  3. Hello Laurent,
    « L’enseignement véritable est dans la vie réelle » comme tu dis… Je ne connais pas assez le zen pour en parler beaucoup, mais je ressens ce lien profond qu’il avec la nature et ici par ton travail avec elle. Plus que travail, art de vivre. Et j’aime apprendre de ceux qui vivent avec la nature. En fait le zen se découvre par la nature, sans connaître… c’est comme les poètes avec le haïku…
    Le zen, l’aspiration spirituelle est en cohérence intense avec cette recherche d’harmonie entre la nature et l’humain.
    La préoccupation actuelle, parce qu’on est dans les gros problèmes, c’est plus de survivre pour les uns et pour d’autres des privilèges qu’ils veulent à tout prix garder. Entre les deux pas beaucoup de marge, à part essayer pour certains de vivre sa vie de la meilleur manière possible. On arrive à un point où ce sont les actes, les actions concrètes qui sont urgentes, plus que les discours, les beaux textes, les belles lois et les belles paroles. Il faudra remettre les mains un peu dans la terre.
    Pour moi, comme pour beaucoup de personnes dans les villes, c’est rempoter ma plante verte et même si cela semble artificiel, j’aime ce contact avec la terre tiède, douce, son odeur… planter des bulbes, rafistoler le grillage de mon balcon. Mes voisins avaient des pieds de tomates en pot à une époque. Je me dis souvent que je vais essayer un de ces quatre et des plantes aromatiques. Des gens s’éveillent dans la grisaille urbaine. Les anciens ont une richesse à transmettre, les derniers avant la fin d’un monde. Mon grand-père n’a pas eu le temps de tout m’apprendre, l’essentiel tient dans un papillon, c’est infime mais beaucoup en même temps. M’intéresser aux papillons m’a appris énormément sur la nature, il suffit de suivre la pollinisation, la chaîne alimentaire, l’importance des prairies, comme du bocage…
    Pour l’instant, je ne peux pas me consacrer à un projet qui me rapprochement immédiatement de la nature. Prise par le travail, une formation à faire pour le travail, des affaires à régler… vivre aussi ça. Mais je pense que j’y retournerai soit avec un jardin en ville, soit à la campagne. Car cela me manque terriblement depuis l’enfance.
    En attendant, j’apprécie une forêt pas loin et me contente d’apprendre d’elle, je consacre le reste de mon temps aux activités artistiques, à la lecture et me fait peu à peu des connaissances par tous médias, notamment sur les plantes médicinales. Je suis sûre que tout ça me sera utile un jour pour vivre en harmonie avec la Terre-mère, plus proche et que cette vie sera un message pour mon fils. La nature, ses forces immenses rendent humble, et on y trouve la joie et le courage de vivre vraiment. Qu’importe les obstacles, les oppositions, les incompréhensions de ceux qui n’en ont pas pris conscience.
    Je pense Laurent que tu es loin d’être un marginal, par ton action, ce zen vivant épousant la terre, comme les pas dans un jardin, tu ouvres cette voie. Pas seul, oui, car d’autres ne sont pas loin derrière et la Terre reconnaît le pas de la paix.

  4. Agir en harmonie avec la nature, comme toi, mais aussi par les plus petits gestes comme le tri des ordures ménagères, créer des refuges dans le jardin pour les papillons ou maisonnettes sur le bort de la fenêtre les oiseaux, faire le ménage sans produits toxiques, cultiver des fruits et légumes bio… etc etc Les activités artistiques… etc Quand on a le temps de vivre on peint sur les murs, on lit des poèmes.Quand on laisse la course à la conso et toutes ses courses. Le trésor du temps fait de petits instants nous revient. C’est un choix conscient aussi. Vivre est un art. Tout ça, que ce soit au milieu du béton, ou à la campagne, c’est une petite lampe dans les ténèbres à chaque pas. Tout geste en ce sens, si petit soit-il, a son importance dans l’état actuel de la vie humaine et des êtres sur terre, en interdépendance.
    Dans les relations humaines, Il est beaucoup plus épanouissant d’apprendre des autres dans un naturel échange et de dialogue d’humain à humain que de recevoir de perpétuelles leçons, d’autant que nous sommes impermanents et de passage sur la planète.
    Chacun est confronté à sa propre conscience devant le monde en chantier.
    Le problème n’est pas que politique, oui il est spirituel, philosophique, humain, une cohérence, une synergie, sont ultra nécessaire, c’est ce qui manque. Le matérialisme, la société de consommation a gravement endommagé autant la planète que l’humain. Et dans le spirituel même, un besoin de cohérence, clarté, changement faces aux dérives, « mandarinat » et matérialisme dans toutes les religions dans le passé et encore dans le présent. C’est capital pour tendre vers le meilleur. Apparemment, beaucoup y réfléchissent ici et là :
    http://mecaniqueuniverselle.net/humanite/elitisme/discrimination.php
    ça laisse à penser…
    Il y a des assurances pour tout, la peur de la vie et ses épreuves plus que la mort, les funambules ont les poches vides.
    Il y a des « esclaves » aveugles qui souffrent, d’autres « esclaves » ont les yeux ouverts, dans leur souffrance plus libres, pacifiques et gardant leur liberté de penser, parmi eux ceux qui ont accès à une spiritualité, a leur refuge intérieur. La coupe est pleine parfois mais ils traversent les tempêtes, les affres et les chaos avec en leur coeur, cette douce lueur de paix intérieure.
    Matthieu Ricard n’a que trop raison de « plaidoyer pour l’altruisme ».
    Le zen est très proche de la nature mais je crois que toutes les courants bouddhistes le sont plus ou moins et toutes les religions s’en rapprochent même celles qui s’en étaient le plus éloignées, c’est une évidence vitale, capitale.
    Pour fêter un peu de beau temps ici, un peu de poésie ( juste pas d’accord pou les phalènes http://fr.wikipedia.org/wiki/Phal%C3%A8ne_du_bouleau ) :
    http://clpav.fr/poemes-audio/plume-papillon.htm

    Bon bol d’air et bon chemin.

  5. Salut Laurent
    Je vis avec la nature et grâce à elle, c’est difficile mais je me sens fortuné de pouvoir vivre ainsi, ne dit-on pas que les fruits ne livrent pas leur vraie saveur à celui qui les achète.
    La méditation, le zen c’est bien mais si ce n’est que poser ses fesses, tu finis par créer un vide, qu’il te faudra combler, on peut bien sur se rapprocher de la nature, la redécouvrir et essayer de pas trop laisser d’empreintes.
    Tu citais Pierre Rabhi c’est bien également, si c’est seulement le lire où dire ce  » Ce type il est super » cela ne sert pas à grand chose, il faut que cela s’incarne dans les faits et c’est une autre histoire, c’est fou le nombre de gens qui bouffent des tomates bio toute l’année.
    Tu as un blog agréable, continu.

    Daniel

  6. Les villes grignotant la campagne, les villes sont entrées dans les campagnes, il faut inverser la tendance et faire entrer la campagne dans les villes ! pour que les gens aient envie de revenir à la nature, il faut leur en redonner le goût, la leur faire découvrir jusqu’au milieu du béton.Une fleur mauve, même un pissenlit on le voit comme un triomphe dans les fissures. Les passionnés de jardins à la campagne et en ville réunis, se rencontrant, échangeant, ça ferait une bonne synergie et des bienfaits. Et c’est un encouragement mutuel pour les uns comme pour les autres à se dire et voir que ce n’est pas vain et que rien est perdu et condamné à ces vies assombries de pollution qu’on nous imposent sur la planète.
    J’ai trouvé des choses sur le développement de jardins dans les villes, comme sur un site nommé « Jardins et potagers urbains » notamment sur un vieux monsieur japonais Masanobu Fukuoka qui a écrit un livre : http://www.amazon.fr/r%C3%A9volution-dun-seul-brin-paille/dp/2844456243 Cela demande un petit budget quand même le jardinage mais tout à faisable partout. Ah… rêve… transformer mon balcon en mini jardin suspendu.Un mini paradis pour mon chat et moi au soleil, ce serait déjà pas mal pour un début de retour à la nature en douceur.
    Bravo et bonne continuation, Laurent, au jardin.

  7. Salut
    Je ne veux être pessimiste mais la misère grignotant les villes, la campagne va s’y réinstaller d’elle même, en espérant que ce ne soit la jungle. La ville de Détroit a su ce reconvertir, c’est impressionnant ce que les gens livrés à eux-mêmes sont capables de faire pour s’en sortir.
    Ce que vous dites est fort judicieux, redonner le goût, réapprendre à aimer les choses simple, prendre un bol d’air, lâcher prise. Je faisais une séance de méditation ce matin très tôt devant mon jardin quand les oiseaux commencent à gazouiller, cela a interrompu ma médiation mais cela a eu du positif, je me disais que la vie pouvait être si tranquille pourquoi tout compliquer ?
    Je me pose souvent cette question, est-ce imposé, sommes-nous formatés.
    Merci pour le lien Masanobu Fukuoka.

  8. Bonjour
    Nous sommes tous un peu formatés bien sûr et ceci depuis notre plus tendre enfance mais arriver à se détacher un tant soit peu en s’observant de l’intérieur et en reprenant le fil naturel de LA VIE, que ce soit par le biais du zen ou un autre support, voilà qui nous aide à nous recentrer, nous redéfinir et à pacifier nos relations entre humains et avec l’univers.
    Je suis d’accord avec toi Daniel, il y a un bruit de fond hyper commercial actuellement autour de l’écologie, le bio, manger sain, le retour à la nature.
    Derrière tout ce processus destiné surtout à remplir des comptes en banque, il y a la sensibilisation qui atteindra certaines personnes qui ne seraient jamais venues d’elles-mêmes, celles-ci qui élèveront leurs enfants dans cet esprit qui à leur tour deviendront des adultes plus responsables..on l’espère, et ceci c’est bien un gain .
    C’est le combat de bien des personnes sur la planète, créer plus d’auto-suffisance, d’harmonie naturelle.
    Pierre Rabhi entres autres..il est simple et charismatique.
    Bonne journée à tous (pendant que j’écris ces mots, un merle s’égosille…magnifique!!)
    Il me dit qu’il est d’accord avec nous…..

  9. Salut
    Nous sommes bien sur tous formatés, certains ont la chance ou le bonheur de s’en rendre compte mais quand tu décides de vouloir remédier à ceci, l’affaire se corse, qu’il est difficile de vouloir rester simple dans un monde où ce qui n’a pas de valeurs pécuniaire ne vaut pas grand chose.

  10. Tu sais, j’ai rencontré pas mal de personnes « bling bling » qui n’ont qu’une peur, ne pas être apprécié, voire aimé pour ce qu »elles sont et non par pour ce qu’elles ont.
    Evidemment, je leur ai rétorqué qu’elles y étaient un peu pour quelque chose en privilégiant le brillant à défaut du consistant….
    Ce sont souvent des personnes en manque d’amour et en manque d’estime de soi qui comblent les creux.
    Donc, oui cela peut être difficile dans certaines circonstances mais qu’il est bon de pouvoir montrer sa différence, ses vrais choix, ses fondements bien ancrés, de se sentir un peu libéré du fardeau!!
    On est finalement assez nombreux à revendiquer notre non appartenance « au moule capitaliste-coup de massue-neurones en vrille!!! »
    Qu’en penses-tu?

  11. Salut
    J’ai dans mon entourage des « Fashion victim », d’autres également « bling bling » mais il est bon d’avoir différent plat à table, ils revendiquent aussi leur non appartenance au moule capitaliste, le capitalisme est extrêmement vague, je le suis par rapport à un sdf, je ne pense pas que ce soit un réel problème.Le souci est un manque de spiritualité et d’humanisme.
    Je vis à la campagne et je suis coupé de certains problèmes mais j’en ai rencontré d’autres et non des moindres. Je fais depuis deux ans du bio, je laisse faire réellement la nature, elle me montre qu’elle n’est pas toujours mon amie, je fais avec, je ne lutte pas c’est peine perdue, je passe pour être un excentrique ou je ne sais quoi mais c’est comme tu dis je montre ma différence, mes choix et il est vrai quand tu t’acceptes, tu fais un bond en avant.

  12. Bonjour,
    Je trouve ce que vous avez dit plus réaliste que pessimiste sur la misère. Parce que le système ne va pas continuer à nous nourrir tout emballé et tout cuit dans le bec dans les rayonnage du supermarché et nous envoie même à la famine mondiale ou tout du moins pour l’instant à bouffer des cochonneries mauvaises pour notre santé, pour les plus pauvres, celle de tous les êtres et celle de la planète. Personne, ni les plus démunis ou les autres n’ont envie de se résigner à une sorte de fatalité qui veut nous condamner comme des sacrifiés. Les gens ne sont pas idiots et voient bien que d’autres se remplissent la coupe à leur détriment. Je comprend un peu aussi les bling, les bling et « fashion victim », il m’arrive même de l’être à mes heures.Tu vas dans un magasin de jardinage et tu deviens « bling bling » du jardin, avec nains et palmiers en plastique pour faire palais « richou », non, un carillon en bambou, pour joindre l’utile à l’agréable et tu sors vite de ce temple soi-disant dédiée à « Mère Nature » prendre l’air avec tes graines au vent.
    Mais là, je préfère citer Aristote : La richesse consiste bien plus dans l’usage qu’on en fait que dans la possession. C’est ça le plus important.
    Donc, c’est un manque de spiritualité et d’humanisme, en effet, comme vous dites bien.
    Car on a des chanceux qui font de leur jardin ou terres un potager ou verger bio, d’autres un parc pour garden party et courir après des chimères tout en polluant l’atmosphère.
    Une fois qu’on a entièrement accepté sa différence, qu’on connait profondément nos propres raisons et convictions, et pourquoi, comment, on se moque de passer pour excentrique, même si on se sent un peu seul dans ce monde brutal qui veut tout exploiter, dès qu’un truc est vertueux, le pervertit, c’est comme l’amour, la compassion et tout.
    Il fut un temps où les paysans, s’en remettait au ciel et c’est vrai, ils avaient les famines, perdaient une récolte, une famille décimée. Ben c’était pas des fous, stupides, ils acceptaient la vie avec sagesse pour certains. C’est sûr, avec notre évolution, nos connaissances et technologies, on peut éviter quelques drames terribles, c’est humain aussi, mais sans violence envers la nature pour autant, plutôt avec une complicité intelligente, même si elle est dure et semble lâcheuse parfois, ne pas lui renvoyer notre colère et la comprendre. Car nous avons une sagesse, comme la nature a sa propre sagesse.TNH dit souvent que la Terre-mère est le plus grand des bodhisattva.
    On est tout-petit face aux éléments, seulement un être humain, sans statut ni compte en banque, nu, même avec toutes les garanties illusoires qui nous sécurisent, y qu’à voir une tornade aux états unis.
    J’espère qu’un de ces jours, je passerai pour une excentrique qui a créer son potager sur son balcon dans mon quartier, et que l’appel du ventre fera passer le goût de la moquerie pour m’imiter, accepter quelques conseils, si on a pas trop d’orgueil. On commence avec rien, trois bouts de ficelle, un balcon où trainent deux vélos qui rouillent, deux chaises en plastique pourri et un pot d’herbes à chat pour unique verdure, à part les arbres et le gazon raz en bas.
    Vais-je attendre de revivre un jour à la campagne, quand on sera sorti de la crise ? quand ? le messie ? ça fait des décennies que je la vis la crise.
    Je vais encore m’assoir sur la terrasse, sous les étoiles en me prenant le menton, pour réfléchir, rêver… ? non, action ! petit à petit des pots d’herbes aromatiques, des jardinières de radis, tomates et même carottes… etc etc Oui, les oiseaux ne nous dérangent pas en méditation ils participent à notre méditation, ils nous appellent et disent il faut agrandir le nichoir, lèves ton c… on a faim, lèves-toi et marche ! ah ah ah, construis ton arche, ils sont tous fous sur la planète. Je plaisante.

    Bref, tout ça pour vous dire à tous bon courage et continuer.
    Car la Terre appartient à nos enfants comme on dit.

  13. Bonjour,
    Partage de cette conférence en vidéo avec vous sur la question écologique, spirituelle, humanisme et pas seulement…
    Sens, ouverture, coopération, motivation, respect de l’autre à son travail… compassion…
    chacun fait simplement son petit bout…

    Amicalement

  14. Bonjour,
    Y a aussi ce monsieur qui dit des choses :

    Chacun son bout de jardin… et que l’air soit bon !

  15. Merci Kathelle pour ces beaux et généreux partages qui nous accompagnent vers plus de sagesse et de vraie conscience…
    Oui, un petit bout du chemin chaque jour, on avance, on tombe, on se relève difficilement ou moins, bref on est vivant et la tâche est ardue mais si enthousiasmante!!
    A bientôt !

  16. Salut
    Matthieu Ricard dit des choses tellement simple et évidente…
    Notre société est psychotique et contamine nos âmes.
    Mais je trouve aussi alarmant que la moyenne des dépressifs soit passée de 27 à 16 ans, il n’y a presque plus de liens sociaux. Nous sommes dans un monde qui a perdu le sens du collectif, du repli sur soi, de la réussite à tout va.
    Faire comme Kathelle, se contenter du ciel étoilé au-dessus de soi et non comme on nous le propose devenir avide que l’on porterait Dieu sur un marché si l’on pouvait en tirer un prix.

    Merci Kathelle

  17. Oui c’est grave, pour la jeunesse, et où est passé l’enfance ?…
    Il y a des générations entières qui ont déjà pâtit de cette contamination et ça continue…

    Cela m’a toujours gardé vivante de contempler le ciel étoilé, la nature, cela fait traverser un monde malade et remonter de ses sombres précipices.

    Oh et pour Dieu, impossible ! sur le marché ! je ne m’en fais pas pour Lui, insaisissable ! vous savez…
    Depuis l’été 2012, je me suis sensiblement rapprochée du christianisme, ma propre religion que je ne connaissais même pas bien, alors parfois ça ressort comme ça, j’en parle un peu, ou dans des éclats de rire, ou des tout petits éveils. C’est pourquoi aussi je trouve intéressant l’approche de Masanobu Fukuoka avec l’agriculture naturelle.
    Je ne m’en fais pas pour Lui, Dieu parce qu’on ne peut mettre personne sur le marché, même si on essayait ça raterait ! avec personne et quelqu’un qui a des milliers de noms comme dit Bobin :

    EXTRAIT DU LIVRE DE CHRISTIAN BOBIN :
    « SOUVERAINETÉ DU VIDE »
    (Éditions Lettres d’or)

    …… Inventer un conte. Une histoire. Elle ne serait pas écrite pour un enfant, pas non plus pour un adulte. Écrite pour personne. L’histoire de personne. Cela commencerait n’importe où , n’importe comment. Avec ce mot : Dieu. Le reste suivrait, tout seul :

    Dieu, c’est le nom de quelqu’un qui a des milliers de noms. Il s’appelle silence,aurore,personne, lilas et des tas d’autres noms, mais ce n’est pas possible de les dire tous, une vie entière n’y suffirait pas et c’est pour aller plus vite qu’on a invente un nom comme celui-là, Dieu, un nom pour dire tous les noms, un nom pour dire quelqu’un qui est partout, sauf dans les églises, les mairies, les écoles et tout ce qui ressemble, de près ou de loin, à une maison.
    Car Dieu est dehors, tout le temps, par n’importe quel temps, même l’hiver, et il s’endort dans la neige et la neige pour lui se fait douce, elle ne lui donne que sa blancheur avec quelques étoiles piquées dessus, elle garde pour elle la brûlure du froid. Dieu n’a pas de maison, il n’en a pas besoin et d’ailleurs lorsqu’il voit une maison, il ouvre les portes, déchire les murs, brûle les fenêtres et c’est tout qui entre avec lui, le jour, la nuit, le rouge, le noir, tout et dans n’importe quel ordre, et alors, et alors seulement, les maisons deviennent supportables, alors seulement on peut les habiter, puisqu’il y a tout dedans, le soleil, la lune, la vie très folle, la douceur très grande de la folie, les yeux pervenches de la folie.
    Et Dieu repart ailleurs, toujours ailleurs : à force de traîner les chemins, de s’endormir partout, dans les sources, dans les fougères, dans le nid des mésanges ou dans les yeux des tout-petits, Dieu a une drôle d’allure, vraiment.
    Lorsqu’il n’ouvre pas toutes grandes les portes, Dieu ne fait rien. Ce serait là son métier : ne rien faire. C’est un métier très difficile, il y a très peu de gens qui sauraient bien le faire. Dieu, lui, fait cela très bien. De temps en temps, pour se reposer de ne rien faire, il s’arrête de ne rien faire : alors il fait des bouquets ; il cueille toutes les lumières du monde, même celle des orages et des encriers, il en fait des bouquets mais ne sait à qui les offrir.
    Ou bien il met un coquillage tout contre son oreille et il écoute des musiques, toutes les musiques du monde, longtemps il écoute et c’est comme un flocon dedans son cœur, un tourment d’écume, le premier âge de la mer, l’immensité de la mer dedans son cœur et Dieu se met à rire et Dieu se met à pleurer, parce que rire ou pleurer, pour Dieu, c’est pareil, parce que Dieu est un peu fou, un peu bizarre. Et si on lui demande ce qu’il a, il dit qu’il ne sait pas, qu’il ne sait rien, qu’il a tout oublié le long des chemins et qu’il a perdu la tête, perdu son ombre, qu’il ne sait plus son nom. Et puis il rit et puis il pleure, et il s’en va, et il s’en vient, et c’est le jour, puis c’est la nuit, et puis voilà, c’est toujours comme ça, toujours chaque jour.

    Voilà, c’est pour ça que je suis dehors ! par tous les temps.
    Bye

  18. Bonjour,
    Quand on est proche de la nature, on lit ce conte dans les arbres, les feuilles, l’herbe, les oiseaux, les fleurs, le vent, partout, même sans mots.
    C. Bobin, ses livres m’avaient mis sur le chemin de la spiritualité il y a quatorze ans. Il faut lire « le Christ aux coquelicots » aussi, très beau.
    A part ça, je poste, j’écris pas mal d’âneries parfois, je ne comprends pas tout du premier coup, mais aussi derrière la plaisanterie, c’est très sérieux…
    Le bouddhisme m’a conduit vers le plus inattendu…
    Je sais seulement que ça me rend vraiment heureuse.
    Mais c’est difficile à expliquer tout ça, et surtout maintenant l’incompréhension des autres m’est égal et même je les comprends, je ne leur en veux pas, parce qu’ils doivent voir par eux-même, c’est la seule solution.
    Et depuis que je pratique sans m’attacher à la pratique, au bouddhisme, à une identité de « bouddhiste », « d’appartenance à », je me retrouve « moi-même », libre, ça va beaucoup mieux…
    De même pour la pratique chaque jour et de la méditation, j’ai retrouvé le naturel et cela trouve tout seul seul son rythme et sa juste place, son évolution.

    Bref, comme dit M.Ricard, si chacun fait son petit bout, bout à bout, fait ce qu’il a à faire, avec ses conditions telles qu’elles sont, et ses capacités d’action, c’est déjà un pas ( « un grand pas pour l’humanité » ) pour du plus vivable sur terre. Et comme dit F.Lenoir ne pas attendre que ça vienne des politiques ! et s’il le faut les contraindre par l’action de notre façon de vivre et de penser la vie. Et pour reprendre ce que dis souvent C.André, quand il parle de ce petit canari qu’on envoyait à la mine pour prévenir du coup de grisou, « l’avertissement du canari ». Dont la dépression chez les jeunes en est une triste illustration évidente. C’est aussi ces gens soi-disant « maillon faibles », ces « hypersensibles », ces gens qui craquent sur la chaine de l’usine ou ailleurs. Mais parmi les résistants dans « l’enfer sur terre », il y a les fameux « excentriques » ! les bizarres, les « différents » qui ne veulent pas suivre cette course avide et ses valeurs malsaines et absurdes. Et oui ! un ancien moine, qu’on appelle généralement « défroqué » soit-disant, me paraît bien plus noble que tout ça !

    J’ai vu mes rêves d’enfant bousillés, éloignée de moi-même, exilée, je me suis réveillée vieille et parfois seule dans un monde fou, mais j’ai aussi abandonné plein d’illusions et de désirs pour le contentement de la simplicité, de ce qui est, et je découvre peu à peu quelque chose d’intact, d’immuable… d’immense… Qu’est-ce qu’on se sent plus léger ! vivant !
    Pour moi, ce que fais Laurent c’est ramener à un zen désencombré, c’est peu dire… et recréer le lien perdu à la nature, et le nourrir de sa belle âme.

  19. Oui, on chemine, on essaye tous de faire le voyage de la vie de plus en plus léger.

    Du coup, ça m’a faire sourire parce que j’ai fais le lien entre le texte de Bobin sur Dieu avec « les maisons qu’on peut habiter et puisqu’il y a tout dedans, le soleil, la lune…  »
    La hutte de Dieu…

  20. Bonjour,
    « Tourner son regard vers l’intérieur », revenir à la terre, que ce soit zazen ou Inipi… ou cultiver le jardin…
    On est pas obligé d’obéir à la direction du monde, à ce system, qui après avoir éloigné de la nature, éloigne de l’humanité ( à ce propos, bonne émission Fance Culture sur le post-humanisme et vidéo « l’homme presque parfait », ça fait froid dans l’dos) Pas éveillé, euh… non, ça, bof, ça l’intéresse pas, mais « parfait », enfin… « presque », ça rassure !
    Course à la puissance, guerre contre sa propre planète.
    Mais qu’est-ce que la Terre-mère a bien pu faire, pour que l’homme lui fasse tant de mal ?
    Un criminel n’est pas un « justicier de l’au-delà des temps passés ». Pas de dérive.
    La Terre et l’humain dont le karma est lié, ont en eux les opposés et complémentaires positif/négatif, bonheur/malheur, beauté/laideur, mort/vie…
    De toutes façons, toute notre modernité, notre technologie dépendent des énergies de la planète, des ressources de la nature et elle rappelle déjà la limite.
    Il suffit d’un grain de sable dans le rouage.
    Ou d’une vague…
    http://www.vipassana.fr/Textes/TNHEtreindreSaDouleur.htm
    La parabole de la flèche nous enseigne à ne pas s’appesantir sur les causes et les « coupables » ou culpabilités mais à soigner la souffrance, avec la compassion envers les autres, envers soi-même et se transformer dans cette vie, dans l’instant présent.
    Et quoiqu’on en dise Dieu est amour.

    Enfin, bon, c’est bientôt l’été, je vous quitte, du travail-formation… etc ne pas oublier la poésie et le jardin !
    Portez-vous bien et que la paix soit dans les coeurs.

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