Inipi

Je voulais partager avec vous une expérience que j’ai découverte il y a quelques mois.
L’inipi.
C’est un copain du zen qui m’y a amené…comme quoi, tous les chemins !…
Vous avez entendu parler des huttes de sudation des amérindiens ? Eh bien, c’est cela.
Inipi, c’est la hutte, mais aussi la cérémonie qui s’y déroule.
Il ne s’agit pas simplement de transpirer dans la vapeur dans une tente : il s’agit d’une cérémonie avec un sens spirituel.
Ivan, qui les conduit au Val Courbe, nous disait l’autre jour : « c’est une médecine globale ». Et j’ai trouvé ces mots simples et justes.
La hutte s’ouvre vers l’Ouest, elle est construite en saule ou en noisetier. Avec 12 ou 16 perches, si je me rappelle.
Devant, on édifie une table de bois, pour le feu. Sur ce feu, on va poser plusieurs pierres, qu’on va chauffer. Les pierres volcaniques sont le mieux, elles ont connu le feu, et elles n’éclateront pas quand l’eau va couler dessus.
Le chemin entre le feu et la hutte, ne pourra plus être franchi pendant la cérémonie, sauf par l’officiant, et l’homme du feu, celui qui va surveiller le feu et passer les pierres vers la hutte.
Inipi, c’est pour la guérison et la purification du corps physique, mental, émotionnel et spirituel.
Pour cela la hutte a quatre niveaux de perches horizontales pour la solidariser.
Pour cela, pendant la cérémonie, on ferme et on ouvre la porte quatre fois.
Quand on commence, on chante, on salue les six directions, l’ouest, le nord, l’est, le sud, le ciel, la terre.
Puis, nous rentrons.
Les femmes d’abord, les plus âgées d’abord, puis les plus jeunes, et les hommes, les plus jeunes, et les plus âgés à la fin.
L’homme du feu apporte les pierres. Rougeoyantes.
Elles sont les grands-pères et les grands-mères qui nous enseignent. C’est la parole de la Terre. C’est aussi le pouvoir du feu, des oiseaux-tonnerre, les wakinyans.
Elles sont disposées dans un trou creusé au milieu de la hutte, autour duquel tout le monde est assis.
Tenue légère, assis sur la terre, retour à l’origine brute et élémentale de l’existence.
Personne n’est plus ou moins important ici.
Tout le monde est assis en cercle autour du foyer.
Et nous ne mangeons plus depuis que le feu a été allumé.

L’officiant ou quelqu’un qu’il a choisi, bénit les pierres. Il les saupoudre d’un peu d’herbe, de sauge, de genévrier, de soufre, cela dépend.
Une odeur douce emplit la hutte, emplit l’espace. Emplit l’appréhension des corps et esprits qui sont un peu impressionnés par cette force brute, naturelle, qui est ici, présente.
Puis l’eau arrive, elle est dédiée aux esprits. A l’esprit du Grand-père, Tunkashila.
Puis la porte est fermée. Ne reste que la lumière des pierres rougeoyantes.
Personne ne voit personne, retour à l’indifférencié, l’identité est inutile et superflue !
Pas besoin de laisser l’ego à la porte, il commence à fondre avec la chaleur !
Puis l’eau est versée. Pschhhh……
Une vapeur épaisse emplit l’espace, la peur de ne plus pouvoir respirer peut venir, ou pas. Ou de ne pas supporter la chaleur, la force des éléments à l’oeuvre.
La terre, l’eau, le feu, l’air, tous sont conjoints et nous façonnent.
La hutte, c’est retourner dans le sein obscur, chaud et humide, de la Terre-Mère, et laisser l’énergie du feu féconder cet instant pour nous faire renaître en nous lavant de ce qui de nous doit mourir.
La chaleur monte, on semble ne plus pouvoir respirer.
Alors Ivan nous invite, calmement, assuré, à s’incliner vers les pierres, pour se laisser enseigner par elles, aussi respirer l’air frais au sol.
Le mieux, c’est de respirer avec le ventre.
Mais ce n’est pas une épreuve de force : si l’on veut sortir, il suffit de prononcer le mot : « mitakuye oyasin »… à toutes mes relations, à tout ce qui m’est relié….et la porte sera ouverte.
Mais l’on dédicace ce qu’on fait ici, d’être présent ici…intentions de prière, de guérison, pour soi, pour autrui, l’on peut l’exprimer. Des chants sont entonnés, les tambours sont là.
Tout cela participe de l’inipi, et permet d’oublier sa peur, sa souffrance, son appréhension, sa volonté de faire marche arrière.
Inutile de résister : l’inipi fait tomber les egos qui se veulent fort…on n’a que peu d’autre choix que d’être ce qu’on est tel qu’on est dans cet instant !
Et puis, faire semblant, dans le noir, de quoi ?
Je me précipite au sol, je plonge mon front dans la terre de plus en plus humide, j’abdique, car il n’y a rien d’autre à faire. Et me relève, car rien d’autre à faire non plus.
La porte s’ouvre…..l’air frais entre, la lumière du feu éclaire nos corps de loin, l’air entre en un nuage de brume nocturne, mais la chaleur entrée dans nos muscles, nos os, nos esprits, ne s’enfuit pas comme ça.
Et l’on recommence….deux portes…..trois portes…..parfois la vapeur est si forte…la proximité des autres qui pourrait être une gène, aide à rester aussi, à trouver sa force en soi.
Ivan fait circuler la corne, emplie d’eau….pour nous laver les cellules, renouveler l’eau en nous, drainer nos toxines physiques et mentales. Cette eau est comme une source de jouvence, une fraîcheur bienvenue, que je la bois tout doucement, sans hâte.
Nous la faisons circuler en cercle dans la hutte, comme nous circulons ainsi, comme tout circule en cercle dans la hutte.
Ivan fait alors tourner la chanunpa. La pipe sacrée. Ce n’est plus un western, là c’est du vécu.
Cette pipe, c’est la prière des Lakotas.
Alors je dédie, j’énonce mes intentions.
Et j’aspire la fumée….elle n’a rien à voir avec une cigarette ordinaire….ce tabac est doux, ce sont des plantes mélangées avec, et je sens que ça m’adoucit le cœur, m’ouvre l’esprit….l’esprit de la Pipe Sacrée. On la fume avec conscience, parcimonieusement, car elle unit le cercle. Je rejette la fumée vers le ciel, mon souffle matérialisé se dissout dans l’espace, mes intentions partent dans le cosmos, suivre leur chemin.
Dernière porte…..je me sens fatigué, vidé, en même temps de plus en plus soulagé de moi-même. Et de toute compréhension sur moi-même : penser n’a plus tellement de sens, et la sensation de l’existence est de plus en plus corporelle, brute, dans un mélange cependant de tous ces éléments : chaud, humide dehors et dedans, aéré, la peau maculée de terre boueuse……Bébé refaçonné comme un embyon dans le ventre de sa mère.
Alors, Ivan ouvre la porte, et nous sortons.
A quatre pattes, chacun, et prononçant le mot magique : « Mitakuye Oyasin »…à tout ce qui m’est relié !
Je me relève, chancelant, reprenant mes appuis comme si je marchais pour la première fois.
Ivan, debout près de la porte, est là, solide comme un chêne, prèt à me ramasser si je tombe….vigilant pour nous tous. Veilleur de nos corps et esprits.
Et, tout doucement, sous les étoiles et dans la nuit froide de l’hiver, je me dirige vers le ruisseau qui coule tout prèt, comme tout le monde.
Et je rentre dans l’eau froide. Mon corps pétri de chaleur, ne se contracte pas sous l’eau, j’y entre doucement, me mouille consciemment, et lave toute la terre sur moi, et tout le reste qui part avec !…
Puis, se rassemblant près du feu, nous nous sèchons dans la nuit, et nous rhabillons, retrouvant, du monde élémental brut, le monde des hommes.
Nous sommes tout calme, aucune envie de s’énerver, l’homéostasie cellulaire, l’équilibre dynamique, je me sens fatigué, mais d’une saine fatigue.
Et nous allons dans la yourte, partager une soupe, une tisane bien chaude, et quelques discussions, avant que de se coucher.
Voilà donc, quelques mots sur cette expérience que je raconte de façon si incomplète car elle est vaste.
Le fait est qu’après, j’ai continué à me purifier alimentairement par une monodiète, pendant quelques jours, et que j’étais tout calme. Gentil, comme disait ma chère et tendre !
Au niveau articulaire, une sensation de légèreté aussi, ça décrasse bien en profondeur, on dirait.
Il faut savoir que les femmes ayant leurs règles, ne doivent pas entrer dans la hutte. Chez les Lakotas, on considère que les menstruations, sont une purification naturelle, et que la femme a un pouvoir plus grand que l’homme, qui a besoin, lui, de se purifier par ce genre de moyen.
Mais on peut faire une hutte pour les femmes « en lunes », juste faut que ce soit soft, car ma compagne a fait l’expérience en tout début de règles, et elle a beaucoup saigné. Faut pas trop activer le métabolisme, les lois des anciens ne sont pas fondées sur de la discrimination, mais une ancienne sagesse.
J’y ai retrouvé des sensations que j’avais eu il y a longtemps de confrontation avec moi-même au tout début de ma pratique de zazen.
Cette pratique, pluri-millénaire, ne provient pas exclusivement des Lakotas, bien qu’ils l’aient énormément fait connaître dans le monde.
On a retrouvé des vestiges dans le monde entier, dans les pays celtiques, Sibérie, etc etc……..la hutte est vieille comme la Terre-Mère, son enseignement continue depuis bien des générations. Enseignement oublié, puis retrouvé.

Si vous avez un jour envie de faire l’expérience au Val Courbe, chez Ivan et Sarah, contactez-les.

Voici leur blog : http://millebouchesdejoievive.unblog.fr/tradition-sioux-lakota/

Ils sont tout près de Dijon, et ils n’auront aucune prétention d’être maîtres de quoi que ce soit, juste de marcher leur chemin au mieux.

Je voulais juste partager cette expérience avec vous.

L’inipi, bien conduite, n’est pas une épreuve de force, de soumission…elle nous ramène à l’origine. Parfois ça peut bouleverser, faire sortir des noeuds….mais la légèreté ressentie après, montre que ça fait du bien.

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7 réflexions sur “Inipi

  1. Bonjour Laurent,

    Quel beau moment de vie !
    L’homme est fait de tous les éléments de la terre, feu, eau, air, terre… s’y relié c’est se retrouver… Faire un avec l’élément… l’espace, cela doit-être très calme, avec les bruits de la nature, prendre son temps et tout… La hutte semble un ventre maternel qui t’expulse doucement. Pour cette « purification-renaissance », le printemps doit-être le bon moment, je suppose ?
    Il y a des plantes qui ont des vertus bienfaisantes qu’on ne connaît plus, ni sait utiliser au quotidien.
    Moi, il ne me manquerait plus qu’un p’tit conte en cercle dans la forêt, à la fin pour aller faire dodo. Je ne m’étonnerai pas après ça, de me retrouver à voyager loin en rêve.
    Quand on était gosses, on rêvait de tipi et cabane dans la forêt, mais on se retrouvait en groupe mal inspirés par des mauvais western de la tv, stupides ou comiques, décevants. Evidemment, là c’est tout autre chose et on touche à ce rêve qu’on cherchait en vain où l’on voulait juste un bien-être, une paix, une harmonie sans trop savoir comment avec la nature, mais dont on sentait l’existence à travers ces cultures amérindiennes.
    Et pour la femme, à propos des menstruations, c’est bien la première fois que j’entends quelque chose de positif, une autre façon de voir.
    Dans le Qi gong on évite de pratiquer à ce moment, dans la méditation, je ne sais pas trop mais de toutes façons c’est pas la forme, alors… dans le yoga, pour favoriser de bonnes conditions de ce moment, il y a des postures du corps particulières qu’on peut faire. Je m’assois un peu, aussi quand même ou m’allonge, un peu de marche méditative mais c’est tout différent, bien-sûr en rythme du corps, la température, la respiration, l’état d’esprit observé. Cela m’a au moins apprise à accueillir plutôt qu’à rejeter, cacher comme quelque chose de mauvais, laid, comme on nous l’a insidieusement inculqué. Alors que c’est un mouvement naturel dans le corps, les amérindiens semblent l’avoir mieux compris et respectent ce moment en adaptant le rituel. Les cycles sont reliés.
    C’est une superbe idée d’avoir créer ce lieu, de faire connaître l’Inipi, belle ouverture et j’espère que cela se développera beaucoup.
    C’est pas la porte à côté, mais c’est inspirant et sûrement à découvrir.
    Il est temps de sauver tous ses trésors d’anciennes pratiques perdues.

    Autrement, cela me fait penser tristement aussi à ce chef indien Raoni de la forêt Amazonienne, mais au brésil en ce moment et ce qui s’y passe, risque d’éclater ailleurs, mondialement, car c’est insoutenable, on pousse les peuples à bout.

    Et pourtant ce petit homme à alerter déjà en 2012 à la rencontre de la France et autres pays.

    Peut-être des dédicaces et prières dans la spirale de fumée des huttes…

    Merci pour ce beau récit, ça met du baume et ravivent nos petits coeurs de braise.

  2. Bonjour,
    Tu fais l’Inipi chez toi aussi ?…
    J’y vois une lointaine ressemblance avec « tumo » des tibétains aussi… Autre variante, au Japon on utilise les sources chaudes je crois aussi ?…
    Mais la fumée du calumet c’est vraiment doux ? des plantes ? parce que non-fumeuse, le tabac je ne supporte pas par exemple contrairement à l’encens…

    C’est pas parce que notre vie n’est pas éternelle qu’il faut se priver de la vivre bien.

    Chacun a un peu son fardeau dans la vie. L’esprit et le corps aussi, il y a des toxines, déchets de souffrances et le renouveau d’énergie, de cellules, ce qui se régénèrent.
    Prendre le temps de favoriser cette purification, c’est une très bonne chose. Souffrance, déchets, toxines ont besoin d’être éliminés de l’esprit et du corps, régulièrement.
    La souffrance c’est ce qu’on en fait qui importe. Des êtres en font de la haine et de la violence envers les autres et eux-mêmes, parce qu’ils ne savent pas faire autrement. Ils n’ont pas identifier assez tôt ce pour quoi, ils sont faits, vivant dans l’erreur et loin d’eux-mêmes. D’autres après avoir tant cherché un chemin hors du malheur trouvent celui de l’éveil, de l’amour et transforment leur souffrance en lâcher-prise, non-attachement, bienveillance, compréhension, douceur et calme. Ils rompent la chaine.
    Faut savoir veiller à traiter nos toxines mentales. Du bon karma à l’oeuvre.
    En fait, tu entre dans la hutte, t’es transformé comme une pierre dans le feu, un peu comme du plomb en or. Et je ne doute que l’on puisse faire de l’or à partir de rien, tout comme il ne peut pousser ni fleur, ni arbres sans feuilles mortes. La fragile petite pousse d’une plante, sous les grands arbres, se nourrit de l’humus et des feuilles, perce l’obscurité de la terre, vers la lumière. L’être humain comme tout être vivant à sa mort nourrit la terre… et ainsi de suite, l’être humain fait la même chose, en lui-même que la terre et le cosmos.
    On est obligé de passer par ce cycle de « purification-transformation », la nature fonctionne ainsi, les forêts, les collines, les prairies, l’eau, le ciel… … la mort, la vie… La Terre le fait naturellement, elle sait quoi faire, elle-même de sa souffrance, de ses déchets, c’est sa sagesse.
    Sûrement dans le cosmos, il en est de même.
    L’élimination de ce qui est toxique pour le corps et l’esprit. Respecter ces temps, ces moments qui peuvent être fatigants, éprouvants. On a des rythmes, énergies et besoins différents… Homme et femmes, jeunes, vieux enfants… Des femmes « en lune » comme c’est joliment dit, certaines ont des syndromes prémenstruels, ( l’huile d’onagre en capsule l’atténue bien. ) Si on nettoie, élimine, dans le sens inverse, nourrir, régénérer a son importance, les carences de magnésium, le tryptophane pas assez secrété par l’organisme, par exemple, entrainent des dépressions. Les gens âgés et les enfants n’ont pas la même vitalité, le même rythme de renouvellement. Suite aux stress, aux émotions perturbatrices, coups durs, maladies, conflits, aller hop ! dans la hutte !
    Je ne doute pas que la sudation soit bienfaisante, en tous cas, car j’en ai eu un rappel très différemment bien-sûr, mais bénéfiques aussi, quand même, en recommençant à courir en forêt le samedi matin ( encore un prétexte pour être en contact avec la forêt. ) Concentrée sur mes pieds touchant le sol.et ma respiration. Au bout de ma limite, sur une côte, J’ai fini par souffler comme une bête, grosse suée, les bras rouges, le cou, la tête rouge comme une tomate vapeur, j’avais fais mes deux tours. Après, plus tard, assise sur les rochers, une grande énergie vivifiante circulant dans tout le corps, et un grand calme tranquille. L’impression que la terre, la forêt, toutes les collines, l’herbe, les arbres avaient absorbé l’énergie négative, les toxines, déchets et me régénérait d’énergie vitale saine, autant dans le corps par tous ses pores, que par l’esprit et le souffle. Il me semble même qu’à un moment j’avais un goût de forêt dans la bouche. La saine fatigue comme une bonne marche au bord de la mer…
    Mais obligée de faire des activités « normales » en me fondant parmi les promeneurs, dans la forêt, pour être tranquille, ne pas susciter le trouble non plus.Je ne peux pas toujours marcher pieds nus, parler aux bêtes, imiter leur cris, rester en contemplation longtemps, m’allonger dans l’herbe ou m’assoir méditer sur le rocher. J’ai appris l’art de faire mine de rien de partager la forêt avec d’autres qui cherchent eux aussi le bonheur. Ou bien il faut venir à l’aube, les animaux sont plus présents et pas si craintifs. Une habitation nomade et des gens qui suent, ça les dérangerait pas, eux.
    Hier soir, un p’tit air des Doors me revenait, tiens, un éclair d’orage, la pluie, la vapeur sur les roches…

  3. Bonsoir,
    Je suis allée voir divers sites pour plus de précisions sur l’Inipi, cette cérémonie du calumet, et de la vapeur. il y a toute une signification symbolique sacrée, prières, chants, appel des esprits, la hutte ressemble à un igloo éclairé par les pierres rouges, construit selon les quatre points cardinaux correspondant au rituel de purification.Tout une très belle tradition. Le fait que cela procure du bien-être, un meilleur comportement, état d’esprit et rendent des gens heureux, c’est pas de trop en ce monde…
    Peu encline aux réunions… etc je ne pense pas que je le ferais, pour ma part, mais je suis contente de connaître cette tradition des Sioux Lakota.
    Merci Laurent.

  4. Bonjour
    En écho à tout ceci, j’aimerais raconter que dans mon petit coin de nature est venue s’installer la fondation Anako,(leur site internet parlera mieux que moi!) dédiée à mieux faire connaitre et à aider à préserver tous les peuples autochtones de la planète, que Patrick Bernard, le fondateur filme et fréquente depuis 40 ans.
    Un ethnographe humain, simple ouvert avec qui j’ai partagé une soirée samedi soir sous les étoiles avec un tipi et une yourte en toile de fond!! tout simplement magique, l’humanité est là, ses fondements, tout ce qui fait écho en nous de manière si investie et profonde.
    Ce dont tu parles , Kathelle lors de tes » promenades en forêt » je l’ai ressenti dans ce lieu avec ces visages photographiés d’indiens Déné ou Mapuches et bien d’autres, en m’informant sur leur descriptif de vie qui fait partie de notre mémoire collective.
    Tout est si enfoui et si présent dans nos fibres que personne n’y échappe un jour ou l’autre mais sans aucune conscience parfois .
    C’est aussi pour cela que certains d’entre nous s’assoient sur un zafu ou en cercle dans une hutte, quelle importance, l’essentiel étant de se relier au monde.
    Entre femme, Kathelle, j’aimerais te demander de laisser s’envoler ces termes lourds et douloureux autour de tes magnifiques périodes de lune, qui forment LA VIE, c’est notre joyau, ce sang que nous offrons chaque mois à la terre, penses à cela s’il te plait lors de tes prochaines règles. C’est très intime de parler ainsi et j’espère que tu ne te sentiras pas gênée mais tes mots me touchent et chaque femme est une soeur…
    Merci Laurent pour nous avoir fait vivre cette expérience si intime et profonde, tu la racontes de manière si juste que nous pouvons la vivre aussi, la ressentir en nous.

    A très bientôt, une belle paix règne sur ce blog…et nous envahit…
    Béa

  5. J’avoue, j’ai un amour fou pour cette forêt.
    Elle a tout changé en moi.
    Au bout de presque une journée entière, souvent, à passer des temps à y marcher en méditant, à être en contact avec son sol, ses écorces, ses feuilles, ses animaux. Je deviens très calme, même avec les insectes importuns. Je ne m’y sens pour ainsi dire jamais seule, et comme dans ma maison. Mais l’autre porte de chez moi, c’est comme si j’avais laisser un mot en lettres invisibles : « Partie voir Dieu »… ou personne, le sans nom qui a tous les noms… enfin vous connaissez…
    Quand j’ai dû ralentir ma course dans la côte, j’ai aperçu un campagnol sous les feuilles qui avait l’air étonné, effrayé sûrement pas les chocs vibratoires de mes pas. J’étais désolée, je me suis accroupie deux minutes pour m’excuser tout bas du dérangement, Il me regardait, là, sous sa petite feuille… je respirai…
    Si je m’écoutais… j’y vivrais…
    Oh pour les périodes de lunes ça va maintenant… Il a fallut que j’arrive à la quarantaine pour être enfin vraiment bien dans ma féminité, maintenant ça fait cinq ans et je vais doucement vers un autre âge… Je dis « période de coquelicots », moi, mais le terme « je suis en lune » c’est à la fois poétique et non dénué d’humour doux.
    Mais je penserai à laisser s’envoler ces souvenirs, promis.
    C’est vrai que dans les cultures très anciennes, tout ça avait un caractère sacré. Dans la nature on redevient vraiment un avec son féminin ou son masculin, avec les quatre éléments…
    Quand tu regardes longtemps les étoiles, elles ont des couleurs qui scintillent bleues, rouges ou jaunes… c’est un ami qui m’a appris ça quand j’avais treize ans.
    Merci pour le site Anako.

    Bel été… Bises.

  6. Bonsoir Kathelle

    Excuse-moi pour ma réponse tardive mais bon, comme je le disais tout à l’heure, le temps, loin ou proche, j’ai un ami intime qui a sa notion du temps à lui et qui ne veut pas coller avec la norme en place à ce propos, donc il rappelle des semaines après un message par exemple mais ce n’est pas grave, tu sais qu’il répondra quand son moment sera venu et c’est bien là l’essentiel.
    L’immédiateté des SMS et autres mails devient une dictature parfois!

    Je comprends cette intimité avec cette forêt dont tu parles, c’est presque comme revenir dans le ventre de ta mère avec tous ces éléments protecteurs.
    c’est aussi revenir dans notre mémoire collective, à ce que vivaient nos ancêtres dans les forêts, je suis maintenant devenue amie avec Patrick Bernard, l’ethnographe dont je parle qui est un magnifique humain qui transporte en lui un patchwork de cultures, dans le lieu du château de Verrière, devenu un ethno-musée, quelle leçon de vie! plus que dans un dojo, crois-moi bien!
    Mais le message de Bouddha est bien là pourtant, présent partout…
    Je suis heureuse que tu vives ta féminité sereinement désormais, cela fait partie des choses qui me tiennent très à coeur.
    Très bel été aussi à toi, bises
    Béa

  7. Je n’avais jamais pris conscience que tu avais un vrai talent pour l’écriture!
     » Mitakuye Oyasin » c’est du japonais?

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